Quel est le sens de l’Innovation Chaabanienne que célèbre un grand nombre de musulmans du Sud asiatique?
Louanges
à Allah
Certains
musulmans célèbrent la mi-chaaban. Ils jeûnent la
journée et prient la nuit. Ceci repose
sur un hadith inauthentique, raison pour laquelle des ulémas considèrent la
célébration de ce jour comme une innovation (religieuse).
Muhammad Abdou Salam ach-Chouqayri
a dit:«L’imam al-Fatani dit dans Tadhkiratoul
Mawdhouaat: la célébration de la mi-chaaban par une prière de mille rakaa
composée de cents rakaa multipliées par dix à faire
en groupe est une innovation. Ses partisans lui accordaient une importance plus
grande que celle qu’ils portaient à la
prière du vendredi et aux celles marquant les fêtes. Pourtant aucune
information ou tradition ni faible ni apocryphe ne viennent attester cette
pratique. Qu’on ne se laisse pas tromper par son évocation par les auteurs de Qout, d’Ihayaa et d’autres
ni par l’affirmation de Thaalabi selon laquelle c’est
cette nuit qui est la nuit du Destin.
Al-Iraqui dit: «Le hadith
fondant la prière de la nuit de la mi-chaaban est
faut. Ibn al-Djawzi l’a cité dans al-Mawdhoaat
(hadiths apocryphes) où il dit:
Chapitre sur le hadith et la prière
et l’invocation concernant la nuit de la-chaaban.
Un
hadith dit: «quand arrive la nuit de la mi-chaaban,
mettez vous à prier dans la nuit et à jeûner dans la journée.» Ce hadith est
rapporté par Ibn Madjah d’après Ali. L’auteur de son
commentaire marginal dit:« il est rapporté dans az-Zawaid
grâce à une chaîne jugée faible à cause de la faiblesse d’Ibn Abi Basra. Ahmad et Ibn Maain ont
dit que ce dernier inventait des hadiths.»
L’accomplissement d’une prière de six rakaa
au cours de la nuit de la mi-chaaban dans l’intention
de jouir de la longévité et de la possibilité de se passer des autres ainsi que
la lecture de la sourate (35) Yaasiin, suivie d’une
invocation, etc. font parti des innovations. Il est indubitable qu’il y a là
une invention dans la religion qui va dans l’encontre de la Sunna du plus
illustres des Messagers. Le commentateur d’Ihyaa
dit:« Cette prière est bien connue dans les livres des soufis contemporains. Je
ne trouve ni pour la célébration ni pour l’invocation un fondement juste dans
la Sunna. Elle s’atteste toutefois dans la pratique des cheikhs. Nos compagnons
ont dit:« On réprouve le fait de se rassembler dans les mosquées ou ailleurs
pour célébrer les nuits sus mentionnées.»
An-Nadjm al-Ghayti dit dans la description de l’animation de la nuit
de mi-chaaban en groupe: «Cette pratique est
contestée par la majorité des ulémas du Hidhaz,
notamment Ataa ,Ibn Moulayka, et les
jurisconsultes de Médine, compagnons de Malick. Ils
ont dit que tout cela relève de l’innovation (religieuse). Rien n’est reçu du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) ni de ses compagnons pour
attester les prières faites au cours de ladite nuit.
An-Nawawi dit: «Les prières (particulières )
faites en Radjab et en Chaaban
constituent des innovations abominables pour ce qui est déjà dit, etc. «Extrait de as-Sunan wal-moubtadaaat ,p. 144.
Al-Fatani (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit après ses propos cité ci-dessus: «La masse nourrissait un
engouement exagéré pour cette prière. Ce qui entraînait l’allumage d’un grand
nombre de foyers pour l’éclairage et une
recrudescence indescriptible de la débauche et des attentes à l’honneur. Les
pieuses gens en arrivèrent à craindre
qu’Allah n’engloutît (tout le monde) dans la terre et ils se refugiaient dans la désert.
Cette prière eut lieu pour la première fois à Jérusalem en l’an 448H. Zayd
ibn Aslam dit: «Aucun de nos maîtres contemporains ne
se souciait de la nuit dite laylatoul baraa ni de sa (prétendue) vertu particulière par
rapport aux autres. Ibn Dahiyya dit: «Les hadiths
évoquant le mérite de cette nuit sont inventés. L’un des hadiths repose sur une
chaîne interrompue. Celui qui applique le contenu d’une information qu’il sait
fausse fait parti des serviteurs de Satan.» Extrait de tadhkiratoul
mawdhouaat par al-Fatani,p. 45. Voir al-Mawdhouaat par
Ibn al-Djawzi (2/127); al-Manar
al-mouniif fii as-sahih wa adhaiif
par Ibn al-Qayyim,p.98; al-fawaaid al-madjmou’a
par ach-Chawkaani,p. 51.
Le terme chaabaniyyah est
employé par certains pour désigner les tout derniers jours de Chaaban. Ils disent que ce sont des jours d’adieu où l’on
doit bien manger avant d’entrer en Ramadan. Certains linguistes disent que le
terme est emprunté aux Chrétiens car ils se comportaient ainsi peu avant le
début de leur carême.
En somme , il n’y a rien à célébrer
en Chaaban, ni aucune pratique cultuelle particulière
à faire à son milieu ou à sa fin. Se livrer à une telle pratique relève des
innovations et inventions (religieuses).
Allah le sait mieux.
