Mon problème se résume en ceci que je voulais épouser une fille. Ma famille s’est réunie (pour discuter du projet) mais elle n’a pu se mettre d’accord en dépit de ma détermination (à maintenir mon choix). L’année suivante, mon père est tombé gravement malade. Au paravent, il savait que je voulais la fille, mais il s’était opposé à mon choix pour des préjugés erronés qui se racontaient au sein des deux familles. Il avait même dit à ma mère: «je sais qu’après ma mort tu iras chez eux pour demander la main de la fille dans le but de faire plaisir à ton fils» . Elle jura alors qu’elle n’entrerait pas chez eux. Mon père est mort par la suite. Peut on considérer ses propos comme un testament? Quelle est la solution? Qu’Allah vous bénisse. Il faut savoir que j’aime encore la fille.
Louanges à Allah
Si la fille en question donne
satisfaction quant à sa foi et sa moralité et si vous voulez toujours
l’épouser, vous avez le devoir de convaincre votre mère, votre père étant
décédé donc impossible à satisfaire. Si votre mère est satisfaite, il n’ y a
aucun inconvénient à ce que vous l’épousiez. Il n’ y a aucun inconvénient non
plus à ce que votre mère vous accompagne chez la fille et procède à l’expiation
de son serment.
S’agissant des propos de votre père, ils
ne sont pas assimilable à un testament légal et ne doivent pas être suivis
parce que le père n’a pas le droit d’imposer à son fils d’épouser ou de ne pas
épouser une femme déterminée. C’est la cause de la nullité de sa recommandation.
«Le testament n’est valide que quand il
porte sur une action connue de manière à ce que le mandataire sache l’objet du
testament , le garde et le gère comme le ferait le testateur : il peut
régler une dette et exécuter le testament et exercer sa tutelle sur les non
responsables comme les mineurs, les déficients mentaux. Le mandataire gère
selon une autorisation et ses actes ne peuvent porter que sur un bien connu
appartenant au testateur. On peut
recommander qu’une personne placée sous sa tutelle, comme sa propre fille, fût
elle âgée de moins de neuf ans , soit mariée. Dans ce cas, le mandataire du
père a le droit d’exercer la contrainte
sur la fille si elle est vierge ou non verge mais âgée de moins de neuf ans. En
effet, le mandataire tient lieu du père. La question sera détaillée au chapitre
sur le mariage.» Extrait de Kashf al-Quinaa (4/398).
«Il n’est pas permis à la femme de faire
un testament concernant ses enfants ni de la part de l’auteur d’un testament
concernant des gens sur lesquels il n’exerce aucune tutelle comme ses enfants
majeurs et les enfants de son fils et d’autres.» Extrait de Matalib
oculi an-Nouhaa (4/535). Voir al-insaaf
d’al-Mourdawi (7/295).
En somme, le testament légal qui doit
être exécuté ne peut pas émaner d’un père et concerner le mariage de son fils
majeur car il n’a pas le droit à le contraindre à se marier.
S’il se marie avec la fille en question,
cela ne constituerait pas une désobéissance envers le père puisque son droit à
être obéit disparait avec sa mort. Cependant si vous
constatez qu’agir autrement est plus à même à donner satisfaction à votre mère
et à vous éloigner des problèmes de ménage et si vous pouvez remplacer la fille
par une autre, c’est peut-être plus apte à maintenir la cohésion de la famille.
Allah le sait mieux.
