J’ai fait le pèlerinage il y a quelques années par pur suivisme car je ne maitrisais pas tous les rites et leur agencement. Allah m’a fait la grâce de pouvoir accomplir un petit pèlerinage avant de procéder au grand pèlerinage. Je me souviens que nous avions commencé la circumambulation au premier étage. Je ne faisais que suivre les membres de ma famille et imitais leurs gestes. Au départ, je n’étais même conscient du fait que nous avions commencé la circumambulation. Je croyais au départ que nous étions toujours emportés par la bousculade. Cet état de fait a-t- il un impact sur la validité de l’acte cultuel ou s’agit-il d’une simple obsession ?

Louanges à Allah

La circumambulation, la marche et les autres rites du pèlerinage ne dépendent pas de
la formulation d’une intention particulière car celle du début concernant
l’accomplissement du petit ou du grand pèlerinage, formulée au moment d’entrer
en état de sacralisation suffit.

Al-Hafedz Djalalouddine as-Souyouti
a dit : «L’intention formulée au début des actes
cultuels comprenant des actions suffit. On n’a pas besoin de faire précéder
chaque action de la formulation d’une intention, la première les affectant
toutes. Il en est ainsi des ablutions, de la prière et
du pèlerinage. Point n’est besoin de formuler une intention pour la circumambulation
puis une autre pour la marche puis une troisième pour le stationnement à
Arafat, d’après l’avis le plus juste. » Extrait de al-ashbaa wan-nazhaer de
Souyouti. p.27.

Cheikh Muhammad al-Amine Chinquiti
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a écrit : «Sachez que le plus juste
et le plus clair des avis des ulémas- s’il plaît à Allah- est que la
circumambulation ne nécessite pas la formulation d’une intention particulière
car celle portant sur le pèlerinage suffit. Il en est
de même de tous les rites du pèlerinage comme le stationnement à Arafat, le
passage nocturne à Mouzdalifah, la marche, et la lapidation. Aucun de ces rites
ne nécessite une intention particulière car celle de
faire le pèlerinage les couvre tous. C’est l’avis de la majorité des ulémas.

Son argument est
clair. Car nourrir l’intention d’accomplir une pratique cultuelle concerne
toutes ses composantes. On n’a pas besoin de consacrer
une intention à l’inclinaison et une autre à la
prosternation dans la prière parce que l’intention d’accomplir celle-ci
concerne toutes ses composantes. Il en est de même
pour le pèlerinage. Un autre de leurs arguments
consiste à dire que si quelqu’un se stationnait à Arafat tout en oubliant qu’il
était à Arafat, cela suffirait à l’avis de tous, d’après an-Nawawi.

A l’opposé de l’avis jugé juste,
s’il plaît à Allah, on trouve deux autres avis émis par les ulémas : l’un est
celui adopté par le chafiite, Abou Ali ibn Abou Hourayrah, selon lequel tout
acte intégré dans la circumambulation, dans la marche et dans la lapidation a
besoin d’une intention (à part). Tout rite qui n’implique qu’un séjour comme le
stationnement à Arafat et le passage à Mouzdalifah n’a
pas besoin d’une intention (particulière). Le second avis est
celui d’Abou Isaac al-Marwazi selon lequel aucun des rites du pèlerinage ne
nécessite une intention (particulière) exception faite de la circumambulation
car elle a le même statut que la prière qui elle a besoin d’une intention. Le
premier avis, celui de la majorité des ulémas, reste le plus juste et le plus clair, s’il plaît à Allah. » Extrait d’Adhwaa
al-bayan fii idhah al-qour’an bil qour’an (4/414).

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah
Très haut lui accorder Sa miséricorde) a écrit : «Il
est très important de savoir que l’intention précède la pratique cultuelle. Il est recommandé de s’en souvenir pendant le déroulement
des séquences de la prière. Il est préférable d’agir
ainsi afin que l’intention accompagne chaque partie de la pratique cultuelle.
Si l’intention nous échappait pendant l’accomplissement de la prière, cela nous
serait-il nuisible ou pas ? Non car
l’intention initiale demeure.

Voilà ce qui a
permis à un bon nombre d’ulémas, notamment cheikh Muhammad al-Amine
ach-chinquiti (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) de déduire que la
formulation de l’intention n’est pas une condition de validité de la
circumambulation et de la marche car ces deux rites sont des composantes d’une
pratique cultuelle (le pèlerinage).Puisqu’on n’a pas besoin de formuler une
intention particulière quand on s’incline ou se prosterne dans la prière, vu
l’intention générale ayant précédé celle-ci, il en est de même de la
circumambulation, de la marche et du reste des composantes du culte
(pèlerinage). Dès que vous avez proclamé labbayka
oumratan au lieu fixé pour l’entrée en état de sacralisation, vous avez eu
l’intention de faire tous les actes composant le petit pèlerinage.

Voilà une manière de faciliter les
choses pour un grand nombre de gens qui se retrouvent sur place en des jours de
bousculade où le pèlerin qui arrive dans la maison sacrée et commence la
circumambulation peut perdre de vue qu’il a formulé l’intention de faire la
circumambulation intégrée dans le petit pèlerinage ou toute autre
circumambulation.

Dire que la circumambulation et la marche sont assimilables à l’inclinaison et à la
prosternation intégrées dans la prière revient à faciliter les choses aux gens.
C’est l’avis de bon nombre d’ulémas. C’est l’avis que nous avons choisi car
beaucoup de gens sont ébahis, notamment au contact de l’immense foule. Ce qui
fait qu’ils entrent dans la mosquée avec l’intention de procéder
à la circumambulation sans savoir si c’est pour le petit ou le grand
pèlerinage. Ils n’en restent pas moins animés de
l’intention de faire la circumambulation puisqu’ils sont là pour ça. » Extrait
de taaliqaat cheikh Ali al-Kafi (1/348 selon la numérotation automatique de la
chamilah).

Cela étant, votre circumambulation est juste et vous êtes quitte. S’il ne vous est arrivé que de douter après avoir accompli la pratique
cultuelle, n’en tenez aucun compte car le doute survenu après un acte cultuel
ne affecte pas. C’est une instigation satanique. Voir la réponse donnée à la
question n°67728.

Allah le sait mieux.