La demande de pardon peut elle empêcher les péchés mineurs de se transformer en péchés majeurs? Persister dans les péchés mineurs signifie -t-il les commettre tout en niant le faire? Les commettre tout en le niant les empêche-t-il de rester mineurs?

Louanges à Allah

Premièrement, des masses issues des ancêtres
pieux et des générations suivantes de toutes les communautés ont soutenu que
les péchés se divisent en mineurs et majeurs, étant de donné le cumul
d’arguments tirés du Livre , de la Sunna et de la
pratique des anciens et de leurs successeurs.«» Charh
an-Nawawi alaa Mouslim (2/85).

Il est déjà dit qu’il ne faut pas minimiser les
péchés mineurs ni sous estimer  leurs
conséquences car leur perpétuation les transforme en péchés majeurs. Leur
négligence et leur sous estimation sont ruineuses. Ibn al-Quayyim
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «»La perpétuation du péché
mineur est aussi grave voire plus grave le péché majeur.«»
Extrait de Ighatahtou Lahfan
(2/151). Voir la réponse donnée à la question n°
127480 et à la question n°
130711.

Deuxièmement, al-Qourtoubi
a dit: «» persister  c’est se résoudre à
poursuivre et s’abstenir de cesser.«» Quatadah a dit: «» Persister c’est perpétuer les actes de
désobéissance.«» Al-Mawsou’a
al-fiqhiyyah
(36/305). Celui qui persiste à
désobéir à Allah et  au Messager , celui qui est déterminé à les répéter chaque fois
que l’occasion se présente, celui-là est le vrai pécheur déterminé.

Troisièmement, la différence entre le repentir
et la demande de pardon. Interrogé là-dessus, Cheikh Ibn Baz
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a répondu en ces termes : «» Se
repentir c’est regretter les mauvais actes du passé, cesser de les commettre et
se résoudre à ne plus récidiver, . Voilà ce qu’on entend par repentir. Quant à la demande
de pardon elle peut traduire le repentir comme elle peut être un simple
discours consistant à dire : Seigneur, pardonne-moi. Je sollicite le pardon.
Ceci ne constitue un repentir que s’il s’accompagne du regret  de l’abandon du péché et de la volonté de ne
jamais récidiver. si tel est le cas, on peut parler
repentir et demande de pardon. cette dernière n’est
productive quand elle doublée du regret, de l’abandon des péchés et de la
sincère détermination de ne plus en commettre.«» Extrait du site du Cheikh.

http://www.binbaz.org.sa/mat/10479

Le fidèle a le devoir
de connaître la vraie demande de pardon qui consiste à solliciter le pardon
d’Allah l’Auguste. Si on n’est pas sincère dans sa demande ni désireux
d’obtenir le pardon ; si on ne fait que prononcer des mots sans les accompagner
de la soumission envers le Maître et sans 
réfléchir au besoin d’Allah que les mots doivent exprimer, de quelle
demande de pardon pourrait on parler?

On lit dans l’encyclopédie juridique (4/35): «»
La demande de pardon nécessaire est celle qui met fin à la perpétuation et
réconforte le cœur pas celle qui se limite à la prononciation de la formule.
S’il ne s’agit que de cela on est censé persister dans le péché, attitude qui,
en elle-même , constitue un péché qui nécessite une
demande de pardon.«»

An-Nawawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «» Les ulémas disent que la
persistance dans un péché mineur le transforme en un péché majeur. Il a été
rapporté d’Omar, d’Ibn Abbas et d’autres (P.A.a): «»
aucun péché majeur ne résiste à la demande de pardon et aucun péché mineur ne
reste tel quel si on y persiste. Cela signifie que le péché majeur est effacé
par la demande de pardon et que la persistance transforme le péché mineur en un
péché majeur. Cheikh Abou Omar ibn as-Salah (Puisse
Allah lui accorder sa miséricorde) a dit: «» Celui qui persiste dans le péché
est celui qui fait le contraire de ce qu’implique le repentir en  étant déterminer à récidiver  ou maintenant l’acte de manière  à se laisser entraîner par le péché dans une
situation qui fait mériter d’être qualifié d’auteur d’un péché majeur. Ceci ne
se mesure pas à un temps ni à un nombre de répétition..«» Extrait de charh Mouslim (2/82).

Cheikh ibn Outhaymie
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «» La demande de pardon ne
sert à rien à celui qui persiste car sa démarche ressemble plus à la moquerie
qu’à une bonne action.«» Extrait de Thamaratou Tadwiin,p. 141.

Al-Bokhari
(6308) a rapporté d’après al-Hadith ibn Souwayd qu’Aboullah ibn Massoud
lui avait raconté deux hadiths, l’un reçu du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) et l’autre de lui-même. Le dernier est conçu en ces termes: «»
Certes, le croyant voit  ses péchés comme
s’il était assis au pied d’une montagne et craint qu’elle l’écrase, et le libertin
voit ses péchés comme une mouches qui lui passe devant le nez et qu’il chasse
d’un geste de la main. Le premier hadith dit: «» Le repentir du fidèle
serviteur  suscite auprès d’Allah une
joie plus grande que celle éprouvée par un homme qui arrive à un endroit
désertique sur sa monture chargée de sa nourriture. Il se couche et s’endort. A
son réveil, il s’aperçoit  de la disparition
de la monture. Accablé par la chaleur et la soif et d’autres choses, il se dit
qu’il faut retourner à sa place. Il le fit puis s’endormit de nouveau. A son
réveil, il eut la surprise de voir sa monture debout.«»
Le hadith est cité par Mouslim (2744) qui n’a pas
cité le texte du premier hadith.

Al-Hafidz
ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit dans Fateh al-Bari
(11/105): «» Le croyant est dominé par la peur en raison de la force de sa foi.
Il ne se croit pas à l’abri du châtiment du seul fait de la force de sa foi.
Ceci doit être l’état du musulman; il doit nourrir la crainte et s’observer de
manière à sous estimer ses bonnes œuvres  et surestimer ses mauvaises actions.«»

Al-Mouhibb
at-Tabari dit: «» Le croyant est tel en raison de l’intensité
de sa crainte d’Allah et de Son châtiment parce qu’il est sûr d’avoir commis
des péchés et n’est pas sûr d’avoir obtenu le pardon. Le libertin a une faible
connaissance d’Allah et le craint peu et sous estime l’acte de désobéissance.

Ibn Abi Djamra dit: «»On déduit du hadith que la faiblesse de la
peur que ses péchés inspirent au croyant et leur sous estimation traduisent sa libertinage.
Ibn Battal dit: «»On en déduit qu’il convient au
croyant d’éprouver une grande crainte à l’endroit d’Allah Très Haut  chaque fois qu’il commet un péché majeur ou
mineur car Allah Très haut peut châtier l’auteur d’un petit péché. On ne
l’interroge pas sur ce qu’Il fait , Lui, le
Transcendant et Très haut.«»

Le fait de faire succéder les deux hadits révèle la bonne compréhension qu’Ibn Massoud avait
de la religion. Le premier hadith signifie que le croyant ne doit sous estimer
un péché, petit ou grand et qu’il doit éprouver de la crainte à propos des
conséquences médiates et immédiates des péchés. Voilà l’état du croyant auteur
du repentir qui suscite la plus grande joie auprès d’Allah.

S’agissant des propos de l’auteur de la
question: «»La persistance dans le péché consiste-t-elle à le commettre tout en
niant l’avoir fait? Si cette négation s’accompagne de la  demande de pardon pourrait elle maintenir le
caractère mineur  du péché?«» Nous n’en avons pas saisir le sens et nous espérons que
la réponse que nous avons donné suffit.

Allah Très Haut le sait mieux.