Des gens qui nous dirigent la prière ne savent pas bien réciter la Fatiha. Les uns transforment la lettre dhaal en zaal. La parole du Très-haut : al-ladhiina est prononcée al-laziina. D’autres prononcent iyaaka au lieu de iyyaka. Devrions-nous refaire nos prières ou sont elles valides? Si le défaut de prononciation résultait de la perte d’une dent, cela aurait-il une incidence sur la disposition à appliquer?
Louanges à Allah
Celui qui ne maîtrise pas la récitation
de la Fatiha ne doit pas être désigné comme imam, compte tenu de la parole du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) :«Dirige la prière pour les gens
celui d’entre eux qui sait mieux réciter le livre d’Allah.» (Rapporté par
Mouslim,673). ‘Sait mieux réciter’ renvoie à la beauté
de la récitation et à la parfaite mémorisation.
Quant à la
validité de la prière de celui qui prie sous la direction de quelqu’un qui ne
récite pas bien la Fatiha, s’il supprime une lettre comme l’abandon de la
gémination de la lettre yaa dans iyyaka ou substitue une lettre à une autre comme le
remplacement du dhaal par le zaay ou commet une erreur qui entraîne la
modification du sens comme s’il disait: iyyaaki
naboudou tout en étant capable de se corriger
mais s’en abstient par complaisance, sa prière n’est pas valide et celle de personnes
qui prient derrière lui non plus. Ceci a déjà été expliqué dans la
réponse donnée à la question n°50336.
S’il n’est pas capable de corriger ses
erreurs, les ulémas sont divisés quant à la validité de la prière faite
derrière un tel imam. Selon ce qui s’avère juste de leurs avis, une telle
prière est valide, s’il plaît à Allah Très-haut. Toutefois, il vaut mieux lui
préférer un autre imam.
Ibn Hazm
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:
«Quant à celui qui souffre d’un défaut naturel de locution et celui dont la
langue maternelle n’est pas l’arabe et celui qui commet des fautes
grammaticales en arabe, la prière de celui qui prie sous leur direction est
permise, compte tenu de la parole du Très-haut: «Allah n’impose à aucune âme ce
qui dépasse ses capacités.» On ne leur donne pour charge que ce qu’ils peuvent.
S’ils le font, ils se seront acquittés de l’ordre qu’ils ont reçu. Celui qui
prie conformément à l’ordre qu’il a reçu, aura bien fait. Le Très-haut a dit: «Aucun reproche n’est à faire aux bienfaiteurs.» Rien
n’est plus étonnant que l’attitude de celui qui valide la prière d’une personne
souffrante d’une difficulté naturelle de locution par rapport à elle-même et la
déclare nulle par rapport à celui qui prie sous direction.
Pourtant ceux qui adoptent cet avis valident la prière du prieur qui traîne une
souillure majeure en cas d’oubli mais invalident la prière de celui qui prie sous direction alors que sa prière à lui ne compte pas! L’assistance ne vient que d’Allah Très-haut.» Al-Mouhalla (3/134).
On a interrogé cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) en
ces termes:« J’ai entendu quelqu’un dire que quand une
personne est atteinte d’un défaut naturel de locution , il ne peut pas servir
d’imam. En d’autres termes , il n’est pas juste de
prier sous sa direction. Est-ce juste?» Voici sa réponse:« C’est exact selon
certains ulémas qui pensent que celui qui souffre d’un défaut de locution qui
se traduit par l’altération des lettres comme le remplacement du raa par le ghayn ou
le laam ou d’autres lettre pareilles. Certains
ulémas pensent qu’il ne peut pas servir d’imam parce qu’il est assimilable à
l’illettré qui ne saurait servir d’imam. D’autres pensent qu’il peut bien
servir d’imam car celui qui peut prier pour lui-même peut diriger la prière
pour d’autres et que le mis en cause fait ce qu’il doit faire, à savoir
craindre Allah dans la mesure du possible conformément à la parole du Très-haut:
«Craignez Allah autant que vous le pourrez.»
Si celui qui est devenu incapable de se
tenir debout peut diriger la prière pour des personnes qui en sont capables,
l’imam traînant un défaut de locution est comme lui, tous les deux étant
incapables de parfaire un pilier (de la prière): la
posture debout pour l’un et la récitation pour l’autre. Cet avis est le juste.
La direction de la prière pour un imam souffrant d’un défaut de locution est
valide, même si le défaut entraînait l’altération des lettres, étant donné
qu’il ne peut pas faire mieux. Cependant , il convient
de choisir un imam exempt de défaut, par
précaution et pour se mettre à l’abri de la controverse.»
Il convient de savoir que certaines
personnes font preuve d’une exagération déplacée dans la récitation qui ponctue
la prière. Ceux-là peuvent imaginer que leur imam a omis la gémination d’une
lettre alors que tel n’ est pas le cas. Tout ce qu’il
y a est qu’il ne se serait pas appesanti suffisamment sur la gémination. S’il
ne s’agit que de cela , la prière ne serait pas
invalide.
Allah le sait mieux.
