Voici un jeune qui a demandé la main d’une fille. A peine deux mois se sont écoulés que la fille a été confrontée à une suractivité électrique au niveau du cerveau d’où des crises dont elle n’avait pas informé son mari avant la conclusion du contrat. Lui est-il permis de demander la dissolution du mariage?

Louanges
à Allah

Il
est déjà dit dans la réponse donnée à la question
158489 que la crise (d’épilepsie) est un défaut qui justifie la
dissolution du mariage. Aussi est il permis à 
chacun des époux de demander la dissolution s’il s’avère que l’autre est
un épileptique. Si le mari l’apprenait après la conclusion du mariage et
demandait la dissolution pour cette cause avant la consommation du mariage, la
femme ne mériterait aucune part de la dot.

Ibn
Qoudamah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Si la dissolution
survient avant la consommation du mariage, la femme ne mériterait aucune part
de la dot; que la cause de la dissolution soit imputable au mari ou à la femme.
C’est l’avis de Chafii. Si c’est elle qui demande la dissolution, elle serait
la cause de la séparation, ce qui lui fait perdre sa dot. Si c’est lui qui
demande la dissolution, il ne le ferait qu’à cause de la  dissimulation d’un défaut par la femme.
Celle-ci devient comme si elle avait initié la demande de dissolution.» Extrait
d’al-Moughni (7/144).

Cheikh
Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit :« Ses propos (ceux de l’auteur dont il commente le livre):
«si cela arrive avant la consommation du mariage, il n’ y a pas de dot»
signifie: si la dissolution survient avant la consommation du mariage, l’épouse
ne reçoit pas de dot; que le défaut soit décelé chez lui ou chez elle. Si le
défaut est décelé chez la femme, sa privation de la dot est clairement
justifiée. C’est le cas par exemple d’un homme qui conclut un contrat de
mariage avec une femme , découvre un défaut chez elle
avant la consommation du mariage et en demande la dissolution. La femme n’aura
pas de dot car elle a triché et trompé son partenaire. Si le défaut affecte le
mari et si la femme demande la dissolution du mariage pour cette raison,
l’auteur dit: «la femme ne recevra pas de dot pour avoir provoqué la séparation
par sa demande de dissolution».

Ce
qui est juste dans cette question, c’est que si le défaut affecte le mari et si
la dissolution survient avant la consommation du mariage, la femme a droit à la
moitié de la dot car c’est le mari qui est la cause de la dissolution. Comment
réserver à un trompeur, tricheur de manière à préserver son intérêt? Nous
réfutons leur avis selon lequel c’est elle qui est la cause de la séparation
pour avoir demandé la dissolution en leur disant qu’elle n’a pas demandé la
dissolution par pure passion ou pour son intérêt à elle mais à cause d’un
défaut décelé en lui. C’est lui en vérité qui l’a trompée. Elle dit: «je veux
bien ce mari mais étant donné son défaut je ne peux plus rester avec lui» La
séparation lui est imputable en réalité. Or , pour les
ulémas, toute séparation imputable au mari donne à la femme  droit de recevoir la moitié de la dot.»
Extrait  de charh al-moumt’i
(12/227-228).

En
somme, celui qui découvre chez sa femme un défaut qui constitue un obstacle à
la réalisation des objectifs du mariage, comme l’épilepsie ,
par exemple, a le droit d’en demander la dissolution. Si celle-ci survient avant
la consommation du mariage, la femme n’aura aucun droit puisque la cause de la
dissolution lui est imputable.

Allah le sait mieux.