Question :
La femme doit-elle se défendre si quelqu’un tente de la violer… Lui est-il permis d’utiliser une arme pour cela ?
Réponse :
Louange à Allah
La femme qu’on cherche à violer doit se défendre, même si sa réaction entraîne
la mort de son agresseur. C’est un devoir pour elle de se défendre et il n’encourt
rien en tuant celui qui tente de la violer. Cela s’atteste dans ce que l’imam
Ahmad et Ibn Hibban ont rapporté d’après le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui ) qui a dit : « Celui qui est tué alors qu’il se
bat pour défendre son bien est un martyr, celui qui est tué alors qu’il se
bat pour défendre sa foi est un martyr et celui qui est tué alors qu’il se
bat pour défendre les siens est un martyr ». Dans le commentaire de la
dernière phrase du hadith on dit : « Il s’agit de défendre l’honneur
de son épouse ou d’une proche parente ».
S’il est permis à l’homme de combattre au prix de sa vie celui qui veut violer
sa femme, il est a fortiori permis à la femme de se défendre et ne pas se
soumettre à cet agresseur injuste qui cherche à ternir son honneur, même si
sa réaction devait lui coûter sa vie. En effet, si elle trouve la mort dans
ce cas, elle sera une martyre, comme son mari qui aurait trouvé la mort en
la défendant. Or le martyr est un rang très élevé qu’on n’atteint qu’en mourant
dans l’obéissance à Allah et en faisant ce qu’Il aime, ce qui indique qu’Allah
aime cet acte de défense de la part de l’homme pour protéger l’honneur de
sa femme et de la part de celle-ci pour protéger sa vie. Si elle se trouve
incapable de se défendre et que le scélérat réussit à la violer, elle n’encourt
ni peine ni sanction. C’est plutôt l’agresseur qui doit subir la peine.
Dans al-Moughni d’Ibn Qudama, on lit ceci : « Ahmad a dit à
propos d’une femme ayant tué une personne qui voulait la violer ; si elle
l’a tué après s’être assurée qu’il voulait réellement la violer, elle n’encourt
rien » . Ahmad a cité un hadith rapporté par az-Zuhri d’après al-Qassim
Ibn Muhammad d’après Ubayd Ibn Umayr selon lequel un homme reçut dans son
hospitalité des gens de la tribu Houdhayl et tenta de violer une femme et
celle-ci lui jeta une pierre et il en mourut. Omar dit : au nom d’Allah, on
ne paiera pas le prix de son sang ». Par ailleurs, s’il est permis de
se battre pour défendre des biens qu’on peut offrir à autrui, il doit a fortiori
être permis à la femme de se défendre contre l’acte abominable et pour préserver
son honneur contre l’adultère qui n’est permis en aucun cas. Cet acte de défense
est plus important que celui accompli pour protéger ses biens. Cela dit, obligation
lui est faite de se défendre si elle peut, car il est interdit de donner à
l’agresseur la possibilité d’accomplir son forfait, or tel serait le cas en
l’absence d’une résistance ». (Al-Moughni, 8/331) Al-Moufassal fi ahkam
al-mara, 5/42-43.
Allah le sait mieux.
Dans son livre intitulé at-turuq al-hakima, Ibn al-Qayyim dit au18e
chapitre : « A cet égard, on amena à Omar Ibn al-Khattab une femme accusée
d’adultère. Interrogée, elle avoua et Omar donna l’ordre de la lapider. Ali
dit : Peut-être a-t-elle une excuse. Puis il lui dit : « Qu’est-ce qui
t’a poussé à commettre l’adultère ? Elle dit ; j’avais un associé (un copropriétaire
d’animaux domestiques qui possédait de l’eau et du lait alors que j’en étais
privée et je lui ai demandé de me donner à boire, ce qu’il n’a voulu accepter
que si je m’étais offerte à lui. J’ai refusé sa demande pendant trois jours,
puis craignant de mourir de soif, je lui ai donné ce qu’il voulait. Ensuite
il m’a donné à boire » Ali a dit : Allahou akbar »
«Il n’ y a pas de péché sur celui qui est contraint sans toutefois abuser
ni transgresser, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. ».(Coran,2 :173)
Dans les Sunan d’al-Bayhaqi, il est rapporté d’après Abou Abd Rahman
as-Soulami qui dit : « On amena à Omar une femme. Elle avait éprouvé
une grande soif et s’était rendue à un berger pour lui demander de l’eau.
Le berger n’avait voulu lui satisfaire que si elle acceptait de s’offrir à
lui… » Omar consulta les gens sur sa lapidation et Ali lui dit : celle-ci
a agi sous contrainte et je pense qu’il faut la libérer. Ce que Omar fit. »
C’est la pratique en vigueur. Si une femme se trouve dans l’obligation de
chercher la nourriture ou la boisson chez un homme et que celui-ci ne les
lui donne que si elle s’offre à lui et qu’elle accepte cela de peur de périr,
elle n’encourt aucune peine. Si on dit : lui est-il permis dans ce cas de
s’offrir à lui ? Ou doit-elle rester patiente, même si elle devait mourir
? On répond que son cas est assimilable à celui de la femme contrainte à commettre
l’adultère, celle à qui on dit : ou bien tu me laisses faire,ou bien je te
tue. Une femme qui commet l’adultère dans cette situation n’encourt aucune
peine, car il lui est permis d’obtempérer pour éviter d’être tuée. Si elle
préférait la mort, ce serait mieux (mais ce n’est pas une obligation pour
elle). Allah le Très Haut le sait mieux.
