Le messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) avait -il coupé une main pour punir le vol? Avait il lapidé quelqu’un pour avoir commis l’adultère? J’ai entendu un prédicateur affirmer que pendant toute la durée du Gouvernement islamique, c’est-à-dire le califat bien guidé et les règnes omeyade et abbasside, on n’a coupé que neuf mains! Est -ce exact?

Réponse

Louanges à Allah

Premièrement, Allah a établi les peines pour
protéger les limites qu’il nous interdit de franchir et pour sauvegarder les
droits de ses serviteurs dont Il a donné l’ordre de réserver et pour expier les
fautes des auteurs de délits et les purifier. Il les a intégrées dans la
religion pour savoir qui (d’entre eux) croit en Lui et en Sa législation,
écoute et obéit et qui (d’entre eux ) ne s’en soucie
pas et ne trouve aucun inconvénient à transgresser les limites établies par
Allah. Celui-ci a fait des peines le moyen de dissuader toute personne qui se
permet  de violer ce qu’Allah a déclaré
sacré.

Deuxièmement, le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) avait bien lapidé et amputé. Quant à la lapidation, al-Bokhari (6830) et Mouslim
(1691) ont rapporté d’après Abdoullah ibn Abbas
qu’Omar ibn al-Khattab a dit du haut de la chaire du
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui): «Certes, Allah a envoyé
Muhammad porteur de la vérité et lui a révélé le Livre. Celui-ci comportait un
verset instituant la lapidation. Nous l’avions lu et bien compris. Le Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) avait lapidé et nous l’avons fait
après lui. J’ai peur qu’avec le temps ne vienne un jour où des gens diront:
nous ne trouvons pas la lapidation dans le livre d’Allah. Ils s’égareront alors
en abandonnant une prescription édictée par Allah. Certes, la lapidation est
prévue dans le livre d’Allah dans le cas de tout adultérin et de toute
adultérine, pourvu de l’existence d’une preuve, d’un aveu ou d’une grossesse.» Mouslim (1692) a rapporté que Djaber
ibn Samourah a dit: « J’ai vu Maiez
ibn Malik amené devant le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui). Ce fut un homme de petite taille, musclé et à moitié nu.
Il confessa quatre fois avoir commis l’adultère. Le Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui) lui dit: «Peut-être tu t’es contenté (de ceci ou de
cela)?» A quoi il répond en jurant au nom d’Allah d’avoir commis l’adultère.
Ensuite le Prophète le fit lapider.

Ibn al-Quayyim (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: « Ceux qui furent lapidés par le
Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) pour avoir commis
l’adultère ont été bien recensés et dénombrés. Leurs récits sont bien connus et
conservés. Il s’agit de la Ghamidite, de Maez, de la compagnonne du domestique et de deux juifs.»
Extrait de at-Tourouq al-hakimah,p.53.

Quant à l’amputation, le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) a bien coupé la main à un voleur et à une voleuse. Al-Bokhari (6788) et Mouslim (1688)
ont rapporté qu’Aicha (P.A.a) a dit: « Certes, Qoureiche fut profondément préoccupée par le cas de la
femme accusée de vol du temps du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui)
au cours de la conquête (de La Mecque). Ils se dirent: qui va en parler au
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)? Les uns dirent: qui ose
le faire autre qu’Ussamah, l’ami intime du Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui).

L’accusée fut 
par la suite présentée devant le Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) et Ussamah intervint en sa faveur. Le
vissage du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) s’assombrit
et il dit: «Tu oses intervenir pour (empêcher l’application d’une peine établie
par Allah?» Ussamah lui dit: «Sollicite le pardon
d’Allah pour moi, ô Messager d’Allah. Au soir, le Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui) se leva, histoire de prêcher .
Il commença par louer Allah comme Il le mérite avant de dire:« Adoncques,  ceux qui vous ont précédé n’ont péri que
parce que quand un homme noble volait il le laissait impuni et quand un homme
faible volait , ils lui appliquaient la peine prévue.
En ce qui me concerne, au nom de Celui qui tient mon âme en sa main, si Fatimah, la fille de Muhammad volait ,
je lui couperait la main.» Puis il  fit
couper la main à la voleuse.»

D’après Sawan ibn Oumyyah un homme vola un manteau. Quand le cas fut porté
devant le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) il donna
l’ordre de lui couper la main. La victime du vol dit: messager d’Allah, je lui
pardonne. Le Messager lui répond: pourquoi ne l’as-tu pas fait avant de me
l’amener, ô Abou Wahb? Puis le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) lui coupa la main.» (Rapporté par Abou Dawoud (4394), par an-Nassai
(4879), auteur de la présente version et jugé authentique  par al-Albani dans Sahih an-Nassai.

Troisièmement, l’affirmation selon laquelle «pendant
toute la durée du Gouvernement islamique, c’est-à-dire le califat bien guidé et
les règnes omeyade et abbasside, on n’a coupé que
neuf mains » est une allégation complètement fausse. Cette statistique est
invérifiable compte tenu des vastes espaces des royaumes musulmans et du grand
nombre de pays et de villes. Il était impossible de mener un recensement  dans tous ces pays et pendant de longues
périodes successives. Nous ne sachions que à travers l’histoire les califes
faisaient recenser le nombre des mains coupées suite à chaque vol enregistré
dans toute localité petite ou grande. C’est impossible comme il l’est de dire
qu’on les a recensés et qu’ils étaient au nombre de neuf!

Ce qui est absolument sûr c’est que le nombre de
gens ayant subi la peine du vol pendant la période indiquée  furent beaucoup plus
nombreux. Voilà donc une affirmation insensée. Puis que veut dire son auteur à
travers cette affirmation, étant donné que la peine est confirmée dans le livre
d’Allah et dans la Sunna de Son Messager (Bénédiction et salut soient sur lui)
et que le caractère obligatoire de son application n’est remis en cause par
aucun parmi les hommes de savoir et de foi. voir pour
davantage d’informations la  réponse
donnée à la question n° 9935 et la question n°
14312.

Allah Très haut le sait le
mieux.