Quand une femme a un ‘compagnon’ ou une ‘une mère des enfants’ peut-elle se servir d’un sacrifice animal dans le cadre du baptême pour repousser le ‘compagnon’?
Louanges à Allah
Premièrement, ce qu’on appel Oumou sibyane ou al-qarina, qui désignent un compagnon issu des djinns qui s’impose
à la femme enceinte et provoque son avortement, relève des légendes et des illusions fabriquées par la
populace car ils n’ont aucune existence réelle.
La femme enceinte peut avorter à cause d’une intervention
magique conforme au décret divin. Cette intervention peut viser le fœtus
complètement formé et
sa mère ou le fœtus seul comme elle peut viser à rendre une femme stérile. Le
résultat peut coïncider avec le décret d’Allah Très-haut et produit son effet
sur le fœtus après sa formation ou pour entraver son développement et sa
naissance. Vous trouvez les détails de ceci dans la réponse donnée à la question n°
149291.
Quant à ce qu’on appelle Oum sibyane
ou qarina (compagnon issu des djinns) elle n’a aucun
fondement réel. On a interrogé cheikh Abdoul Aziz ibn Baz
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) à propos de la protection mystique et d’ Oum sibyane (peut être entend-on le moyen de se protéger de
celle-ci). L’auteur de la question affirme avoir beaucoup lu sur Oum sibyane et apprit que cela remonte au temps de Salomon
(PS). Elle espère recevoir de votre éminence une orientation et savoir si
l’évocation de ces noms (donnés à des êtres imaginaires) peuvent avoir un
impact sur l’humain?»
Voici sa réponse:« Ce que les
gens racontent à propos d’Oum sibyane n’a aucun
fondement réel et ne doit pas être retenu. Ce n’est qu’une légende fabriquée par la populace. Elle croit
que ce personnage est issu des djinns et qu’il accompagne les tout-petits. Ce
qui ne repose sur rien. Il en est de même de ce qu’ils attribuent à Salomon.
Tout cela est dénué de tout fondement et ne doit pas être considéré. Tout
humain est accompagné en permanence d’un ange et d’un esprit satanique d’après
l’information donnée par le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui). Chaque
personne a un esprit-compagnon.
Cela n’est pas réservé à untel ou untel. Celui qui obéit à Allah et demeure
droit sera protégé contre son compagnon. A cet égard, le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) dit
à celui qui lui avait demandé s’il lui, aussi, avait un tel
compagnon: oui, mais Allah m’a aidé contre lui et il s’est converti à l’islam.»
Quant à Oum sibyane, elle ne
repose sur rien et l’information et les histoires la concernant sont
inexactes.» Fatawas nouroune
alaa ad-darb (cassette
n° 594).
Deuxièmement, la femme qui veut protéger son enfant avant
et après sa naissance doit employer l’exorcisme religieux comme un moyen
préventif et thérapeutique pour éviter qu’un mal l’atteigne et pour la soigner
une fois atteinte. Toutefois, il n’est pas permis d’utiliser des amulettes à
cet effet. Dans la suite de sa réponse sus indiquée, cheikh Ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:« Il ne faut pas chercher une protection mystique
(profane) ni au profit d’un garçon ni au profit d’une fille. Car il faut se
contenter de l’exorcisme autorisé. L’exorcisme interdit est celui qui fait
employer des moyens inconnus ou condamnables. S’il ne s’agit que l’usage du
glorieux Coran et de bonnes invocations, cela est institué car le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) soignait des membres de sa communauté et fut lui-même
soigné par Gabriel (PS). Il disait:« l’exorcisation ne
fait l’objet d’aucun inconvénient, à condition de ne pas l’entacher d’associanisme.»
Le fait pour le père ou la mère de lire le Coran,
notamment la première sourate , le verset du Trône, la
sourate 112 et les sourates 113 et 114 sur un garçon ou une fille malades et
demander qu’Allah rende aux souffrants leur bien-être n’est l’objet d’aucun
inconvénient. Il en est de même de la lecture du
Coran au profit de la victime d’une morsure de serpent . Les Compagnons
l’avaient fait pour
une personne se trouvant dans cette situation et elle fut guérie. Tout cela est
institué et ne représente aucun inconvénient.
Quant à l’emploi de formules d’exorcisation sataniques incomprises ou
l’usage de noms sataniques ou d’incantations incomprises, cela n’est pas
permis. Il en est de même de l’emploi des amulettes appelées ‘protectrices’ ou
rassembleuses entre autres appellations car il n’est pas permis de les porter.
Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a interdit le port
d’amulettes en disant: «Puisse Allah abandonner à son
sort celui qui attache une amulette ou des cauris…»
Voilà une grave menace adressée à celui qui porte des
talismans et anneaux de protection, des fils et autres objets portés par les
ignares. Tout cela est interdit. Il n’est pas permis de les porter sous
prétexte de souffrir d’Oum sibyane. Que l’on se
protège à l’aide des moyens permis par Allah. Il nous a autorisé à solliciter
la protection (divine) en récitant le verset du Trône après la prière
obligatoire de l’aube en même temps que la récitation des sourates 112,113 et
114 trois fois chacune. C’est une protection légale. Il en est de même de dire
trois fois au matin et au soir: « aoudhou
bi kalilatillahi at-tammaati
min sharri maa khalakha=
je sollicite la protection à l’aide des mots parfaits d’Allah contre les maux
de Sa créature); ceci fait partie des moyens de protection légaux (religieux). Fatwa
nouroune ala ad-darb (cassette n° 594).
Troisièmement, Oum sibyane est
mentionnée dans un hadith qui ajoute que le fait d’insuffler le premier appel à la prière dans
l’une des oreilles du nouveau-né et le second appel dans l’autre oreille est
susceptible de le mettre à l’abri de la nuisance d’Oum Sibyane.
Ce hadith est apocryphe, donc faux. Aussi ne peut-on pas l’utiliser comme
argument pour soutenir l’existence réelle d’Oum sibyane.
Le hadith ne prouve pas non plus qu’il est institué d’insuffler les deux appels
dans les oreilles du nouveau -né.
D’après Talhata ibn Oubaydoullah d’après Houssayn, le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit:«
Si celui qui a un nouveau-né insuffle le premier appel à la prière dans son
oreille droite et le second appel dans son oreille gauche, l’enfant ne subira
pas la nuisance d’Oum sibyane.» (Rapporté par Abou Yaalaa dans al-Mousnad
(12/150).
Cheikh al-Albani dit le qualifie dans as-silisalh adh-dhaiifah (321)
d’inventé.
Quatrièmement, une fois qu’on a su clairement que la
légende concernant Oum sibyane n’a aucun fondement et
qu’elle le fruits de l’imagination de la populace, on sait qu’on na pas besoin de repousser un mal imaginaire par un
sacrifice animal ou autre. On doit se protéger grâce à l’apprentissage d’une
foi saine et à l’abandon d’intrigues et d’illusions, à la recherche de
l’assistance d’Allah Très-haut et au fréquent recours au dhikr.
Aucun moyen de protection n’est aussi efficace que la mention du nom d’Allah Très-haut. Ceci
s’atteste dans le hadith reçu de Yahya fils de Zakari
(PSE) à propos des ordres qu’Allah lui avait demandé de transmettre aux fils
d’Israël. On y lit: «Je vous ordonne de vous rappeler
Allah. Celui qui s’y exerce est comme un homme poursuivi ardemment par un
ennemi et qui réussit à se réfugier dans une forteresse bien protégée. C’est le
cas de tout fidèle qui
ne cherche à se faire protéger contre Satan qu’en s’adonnant au rappel
d’Allah.» (Rapporté par at-Tirmidhi, 2863) et jugé
authentique par lui.
Cela dit, le fait de procéder à un sacrifice animal pour
le compte du nouveau-né au 7e jour de sa naissance fait partie des
enseignements de la Sunna. Nous espérons que l’application de celle-ci sera
utile au nouveau-né en termes de protection assurée par son Maître le Très-haut contre tous maux
pouvant provenir des humains et des djinns. Le baptême ainsi célébrée peut
lui apporter un grand bien. Mais tout cela n’a aucun rapport avec Oum sibyane, comme nous l’avons déjà dit. Voir la réponse
donnée à la question n° 12448.
Allah le sait mieux.
