Dans quelle mesure ces propos seraient vrais: «Quand Allah veut du bien de son serviteur, Il empêche son cœur de voir ses bonnes œuvres et sa langue d’en parler et le préoccupe de la contemplation de son péché de sorte qu’il ne cesse de le regarder jusqu’à ce qu’il entre au paradis.»
Louanges à Allah
C’est un extrait des propos d’Ibn al-Quayyim (Puisse Allah Très haut lui accorder Sa miséricorde)
dans son livre : Tariq al-hidjratayn
(la voie des deux émigrations). C’est là où il évoque la sagesse qui fait
qu’Allah laisse Son fidèle serviteur commettre un péché, lui en donne la
capacité et lui en arrange les causes alors qu’Il aurait pu l’en empêcher s’Il
l’avait voulu. Il le laisse faire pour une importante sagesse que seul Lui
connaisse. Puis il cite entre autres aspects de cette sagesse le fait de lui
faire oublier la vision de ses actes de bienfaisance et le fait de l’amener à
fixer son regard sur son péché. En effet, quand Allah veut du bien de Son
serviteur, Il empêche son cœur de voir ses bonnes œuvres et sa langue d’en
parler et le préoccupe de la contemplation de son péché de sorte qu’il ne cesse
de le regarder jusqu’à ce qu’il entre au paradis. Il est vrai qu’on n’empêche
pas le cœur de voir les œuvres agrées et la langue d’en parler.
L’un des ancêtres pieux a dit: «Certes un serviteur peut
commettre un péché qui le conduirait au paradis
et accomplir une bonne action qui le conduirait en enfer.» Comment ça? lui dit-on. « Il commet un péché et ne cesse de fixer son
regard dessus de sorte que le souvenir du péché lui inspire regret, la demande
de pardon, l’humilité totale devant Allah et un effort rapide pour l’effacer. Dès
lors, il s’abaisse devant son Maître et se débarrasse de la vanité et de
l’orgueil. Il accomplit une bonne action et y fixe son regard et ne cesse de la
voir (d’un œil admiratif), s’en targue, en fait un motif de fierté et
s’enorgueillit au point de glisser dans
l’enfer.» Extrait de Tariq al-hijdratayn (p.169-172).
Cela signifie que l’un des aspects de la sagesse
d’Allah Très haut qui réside dans le fait de déterminer l’acte pécheur de Son
fidèle serviteur et à le laisser le commettre, tout en haïssant le péché et son
accomplissement et tout en l’interdisant et menaçant de châtier son auteur. En
dépit de tout cela , il laisse faire pour amener son
serviteur à oublier ses actes d’obéissance et partant le protéger contre la vanité, l’ostentation et
l’orgueil. Ensuite il lui inspire de fixer son regard sur son péché et le
caractère dégradant de son état quand Allah l’a vu faire ce qu’il lui interdit
et s’exposer à son courroux et à Son
châtiment. Le fait de fixer le regard sur ces choses le terrifie et le pousse à
craindre Allah et à avoir peur de son
dépit et de Son châtiment de manière à ne plus récidiver. Le fait de fixer son
regard sur cela lui inspire l’obéissance
à son Maître et un sentiment de honte. Cet état de peur et de crainte ne le
quitte jusqu’à ce qu’Allah l’admette par Sa grâce au paradis.
Allah Très haut
ne l’admet pas au paradis à cause de son péché qu’il a commis mais il l’y fait accéder par Sa grâce pour
récompenser les conséquences qui découlèrent du péché en termes de peur et de
crainte (éveil de la conscience).
