On dit que la lecture nocturne de la sourate de la Royauté met l’homme à l’abri du châtiment de la tombe.. Cela peut il s’obtenir grâce à une lecture diurne de la sourate? Serions nous mis à l’abri du châtiment de la tombe, si nous la lisons le jour?

Louanges à Allah

La sourate de la Royauté fait
partie des plus importantes sourates du Coran. Des hadiths sûrs exhortent à sa
récitation régulière. Un hadith affirme que sa récitation met le lecteur à
l’abri du châtiment de la tombe.

Abou Dawoud
(1400) et at-Tirmidhi (2891) ont rapporté d’après
Abou Hourayrah que le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: «Certes, une des sourate du Coran comporte trente
versets. Ils ont intercédé en faveur d’un homme de sorte qu’on lui a pardonné.
La sourate en question est celle qui commence par : Béni est Celui qui tient la
Royauté en Sa main.» (Jugé bon par at-Tirmidhi) Al-Albani l’a déclaré bon dans Sahih
at-Tirmidhi.

Al-Manawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: « (L’homme en
question) avait l’habitude de la réciter régulièrement au point que la sourate
n’a cessé de demander à Allah de lui pardonner. Ceci revient à inciter tout un
chacun à la réciter régulièrement pour bénéficier de son intercession.» Extrait
succinct de Faydh al-Quadir
(2/574).

Cheikh Abdoul Mouhsin
al-Abbad (Puisse Allah le garder) a dit: « Ce hadith
prouve le  mérite de la sourate et
indique qu’elle intercèdera au jour de la résurrection en faveur de celui qui
avait l’habitude de la lire.» Extrait de Charh
Sunani Abou Dawoud

(8/7) selon la numérotation de la libraire virtuelle Chamillah.

Le mérite  de la sourate qui se traduit par son
intercession en faveur de son lecteur n’est pas lié à sa lecture dans la
nuit  ou le jour. Il semble  qu’on entend mettre en valeur le soin qu’on
porte à la sourate en s’en occupant  de
sorte à l’apprendre par mémoire , à la comprendre et à
la réciter dans ses prières prescrites.

S’agissant de ce qui a été
rapporté par dans as-Sunan al-Koubra (10547) et dans amal
al-yawm wa alaylah
(711) et 
dans al-Makhlissyyat d’Abou Tahir qui l’a rapporté par la voie d’Arfadjah
ibn Abdil Wahid d’après Assim ibn Abi Nadjoud  d’après Zarr qui le
tenant d’Abdoullah ibn Massoud qui a dit:«Celui qui
récite : «Béni soit Celui qui tient la royauté en Sa main» chaque nuit , Allah
en fera le moyen de le protéger  contre
le châtiment de la tombe. Du temps du Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) nous l’appelions l’Empêcheuse  . En effet, c’est une sourate du livre
d’Allah dont le lecteur qui le lit chaque nuit aura beaucoup fait et aura bien
fait.»

La chaîne du hadith est doux. Arfadjah ibn abdoul Wahid est un inconnu. Personne
ne l’a déclaré sûr. Al-Khatib dit de lui dans at-Taqrib (389): « Acceptable«» c’est-à-dire s’il
est corroboré par d’autres versions. Autrement, ses hadiths sont doux comme il
a été précisé dans l’introduction.

Personne n’a suivi Arfadjah dans sa version. Mieux, il a été contredit par
quelqu’un de plus sûr que lui. Il s’agit de Soufyan ath-Tahwri. Al-Hakim (3839) a rapporté par la voie d’Ibn al-Moubarak et at-Tabarani dans al-Kabir par la voie d’Abdourrazzaq
(8651) tous les deux d’après Assim d’après Zarr qui le tenait d’Ibn Massoud (P.A.a)
qui a dit: «On se  présentera à un homme
dans sa tombe et l’abordera du côté de ses pieds et ceux-ci diront: vous ne
pourriez pas passer par nous car l’homme récitait la sourate de la Royauté
appuyé sur nous. Ils tenteront de l’aborder du côté de sa poitrine ou de son
ventre et la poitrine ou le ventre dira: vous ne pourriez pas passer par nous
car l’homme récitait la sourate de la Royauté avec moi. Puis ils tenteront de
l’aborder du côté de sa tête et celle-ci dira: vous ne pourriez pas passer par
nous car l’homme récitait la sourate de la Royauté avec moi.» Il dit: elle est
l’empêcheuse puisqu’elle protège contre le châtiment de la tombe. On l’appelle
dans la Thora la sourate de la Royauté. Celui qui la récite chaque nuit aura
beaucoup fait.»

Voilà ce qui est juste. C’est ce
qui est appris. Les propos: «Celui qui la récite chaque nuit, Allah le
protègera contre le châtiment de la tombe grâce à elle.» cités dans le hadith
d’Arfadjah ne sont pas conservés. Il en est de même
de son imputation au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) car elle
n’est pas conservée. Ce qui est juste c’est de ne pas l’attribuer au Prophète
comme c’est le cas dans la version d’Abou Soufyan.
Abou Cheikh l’a rapporté dans Tabaqat al-Asphahaniyiin (264) sous une forme résumée et attribuée
(au Prophète) à travers un hadith d’Ibn Massoud conçu en ces termes: «La
sourate Tabaraka est la Protectrice contre le
châtiment de la tombe.» Il est reçu par la voie d’Abou Ahmad az-Zoubayri selon ce que Soufyan
nous a raconté. A propos d’Abou Ahmad az-Zoubayri,
Ahmad (Ibn Hanbal) dit  qu’il lui arrivait souvent de commettre des
erreurs quand il transmettait des hadiths de Soufyan.
Quant  à Abou Hatim,
il dit de lui (d’Abou Ahmad az-Zoubayri) qu’il était
un ardent dévot, appliqué à la mémorisation des hadiths malgré des
défaillances.» Tahdhib at-Tahdhib
 (9/228).

Il y a là une illustration de ses
erreurs et défaillances au détriment de Soufyan
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). Ce qui est juste, c’est la version
non attribuée (au Prophète) qui est déjà citée et transmise par Ibn Moubarak et
Abdourrazzaq. Une version formulée de la sorte peut,
dit on, être assimilée à une version attribuée (au Prophète) selon les dires de
plus d’un uléma, ce qui corrobore ce qui 
est déjà cité sous une formulation générale qui ne limite pas la
récitation de la sourate à la nuit.

Al-Manawi dit dans at-Tayssir (2/62):«C’est
-à-dire que la sourate protège celui qui la récite de
sorte qu’une fois placée dans sa tombe il ne subira pas  un châtiment.» Aboul
Hassan al-Moubarakfouri (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit: «Le hadith signifie que la récitation de cette sourate ici
bas  permettra au récitant d’échapper au
châtiment de la tombe.» Extrait de Moura’at
al-Mafatih
(7/231). Selon un hadith de Djaber (P.A.a) : «Le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) ne se couchait pas avant de réciter les
sourates 32 et 67.» (Rapporté par at-Tirmidhi (2892)
et d’autres et jugé authentique par Cheikh al-Albani
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). Cependant, il semble que la chaîne
du hadith comporte un maillon faible comme l’a affirmé Ibn Abi
Hatim dans  al-Ilal (1668). Ad-Daraqoutni
(13/340) l’a mis en cause tandis qu’al-Hafidh Ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) l’a
retenu, comme cela est indiqué dans Ithaf al-maharah (3/155). Il dit encore après avoir cité les
critiques portant sur la chaîne du hadith: « compte tenu de ceci, la chaîne du
hadith est interrompue à un niveau ou plusieurs.» Extrait de Nataidj al-Afkaar
(3/267).

En somme, on espère que celui
récite cette sourate bénéficiera de l’immense grâce (annoncée) et que la
sourate intercèdera en sa faveur auprès d’Allah et le protègera contre le
châtiment de l’enfer. Des traditions spéciales ont été rapportées qui portent
sur le soin dont la sourate doit faire l’objet 
dans la nuit ou au moment de se coucher. Si on s’efforce à le faire,
c’est bien, s’il plaît à Allah. Se référer pour plus informations à la réponse
donnée à la
question n°
26240.

Allah le sait mieux.