Est il permis de traduire les noms et attributs d’Allah de l’arabe vers une autre langue. Les Anglais disent God et les Kurdes Khode c’est-à-dire Allah. Peut on employer ces mots dans un serment?

Louanges à Allah

Premièrement, la traduction des sens des noms et
attributs d’Allah de l’arabe vers un’ autre langue est soumise à des
considérations:

1.                     
Le traducteur
doit maîtriser l’arabe et la langue vers laquelle il traduit.

2.                     
Il
doit être fidèle au texte traduit.

3.                     
Il
doit avoir une bonne connaissance de la charia et animé d’une foi conforme à la
conception que l’ensemble des membres de la communauté fidèle à la Sunna en
ont. Autrement, on ne peut pas s’assurer qu’il n’introduise pas dans le texte
traduit des éléments de croyance faux et aberrants.

Voir les
fatwas émises par les ulémas pour expliquer les conditions de l’autorisation de
cette traduction dans les réponses données à la
question n° 9347 et la question n° 98547.

Deuxièmement,  fait partie des dispositions concernées la
prononciation d’un serment. Celui-ci peut se faire correctement à l’aide de
chacun de ses noms et attributs, même si on parle une langue autre que l’arabe.
Celui qui prononce des équivalents en une langue étrangère dans l’intention de
désigner Allah, son serment est correctement exprimé et s’il commet le parjure,
il doit procéder à un acte expiatoire.

Ibn Hazm dit: «On ne peut jurer que par Allah le Puissant et
Auguste, soit en employant l’un de ses noms ou l’un des attributs utilisés pour
nous informer de Lui tels Celui qui manipule les cœurs, Celui qui héritera de
la terre et de ce qu’il y a sur elle, Celui qui tient mon âme en Sa main, le
Maître de l’univers et d’autres expressions semblables. Cela peut se faire dans
toutes les autres langues. Il en est de même de la science d’Allah Très haut , de la puissance d’Allah Très haut, de sa force ou de
sa majesté ou toute autre expression citée dans les textes. Voilà des formules
qui, employées par quelqu’un, traduisent 
un  vrai serment. Si son auteur
tombe dans le parjure, il doit procéder à un acte expiatoire.» Extrait d’al-Mouhallaa (8/30.

Ibn al-Hammam al-Hanafi (puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dit: «ses propos: si on disait en persan: sokandami khorm bikhoday «cela correspond à un vrai serment puisque cela
s’applique à l’instant, son sens étant: je jure par Allah en ce moment.»
Extrait de Fateh al-quadir
(5/76).

En tout
état de cause, si on utilise ces termes en entendant désigner le Maître de
l’univers, les effets légaux correspondants 
s’appliquent. Toute personne qui utilise dans sa langue un mot qui
désigne le Maître  absolument unique, le
mot utilisé est censé exprimer la volonté de parler d’Allah le Puissant et
Auguste.

Cheikh al-islam, Ibn Taymiyah (puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Il en est de même du Maître
Transcendant. On le qualifie en arabe d’Allah, ar-Rahman,
ar-Rahim et en persan de khoday
bezrak et en Turk de sarkoy etc. alors que Lui, le Transcendant est le Seul. Les
appellations employées pour Le désigner sont nombreuses.» Extrait de al-Fatwa al-koubraa
(6/568).

Cependant,
il convient que le musulman emploie dans ses pratiques cultuelles, dans ses
invocations et dans tous ses états dans lesquels il traite avec Allah
l’Auguste, il convient qu’il prononce le mot Allah dans sa langue. En effet, ce
mot distingue les musulmans des autres. Son emploi les éloigne du sens que
d’autres pourraient entendre quand ils utilisent  le mot God avec
lequel ils désignent tantôt Allah tantôt un autre.

Tout ce
que nous avons dit jusqu’à ici concerne celui qui ne maîtrise pas l’arabe.
Quant à celui qui le maîtrise , il peut bien utiliser
une traduction pour faire comprendre la religion et ses commentaires. Quand il
s’agit de prononcer une invocation et un serment, il doit éviter de  prononcer les noms et attributs d’Allah en
utilisant une autre langue que l’arabe. Voilà ce qui s’atteste dans le Livre et
la Sunna.

Allah le
sait mieux.