Comment juger le fait pour l’épouse de dépenser au profit des enfants de son mari et le fait pour ceux-ci de dépenser au profit de l’épouse de leur père?

Louanges à
Allah

Premièrement,
la femme n’est pas tenue de dépenser au profit des enfants de son mari ni au
cours de la vie du mari ni après sa mort. Car la dépense est soumise à la
condition que celui qui l’assure puisse hériter de celui qui en bénéficie.

Ibn Qoudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:«
L’obligation d’assurer la dépense au profit de quelqu’un est soumise à trois
conditions.» Puis il en cite la troisième, à savoir que celui qui l’assure
puisse hériter de celui qui en bénéficie, compte tenu de la parole du Très-haut:«
Même obligation pour l’héritier.» (Coran,2:233). Les personnes qui héritent les unes des autres sont
liées par un lien de proche parenté qui justifie que l’héritier mérite plus que
les autres les biens qu’il hérite. Ce qui lui fait obligation de l’entretenir
en dépensant pour lui à la place des autres. Celui qui n’hérite pas d’un autre
en raison de l’absence d’un lien de parenté, n’est pas tenu de dépenser pour
lui.» Extrait d’al-Moughni (8/171).

Il est
bien connu que l’épouse du père n’hérite pas des enfants de son mari. C’est
pourquoi elle n’est pas obligée de dépenser à leur profit.

Deuxièmement,
si le père est pauvre et ne peut pas assurer la dépense à sa femme et  à ses enfants et s’il a des enfants aisés
issus d’une autre femme, dans ce cas, les enfants aisés doivent prendre en
charge leur père et ceux que ce dernier doit prendre en charge
, notamment  sa femme et ses
enfants.

Ibn Qoudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:«
Si on doit veiller sur la chasteté de quelqu’un, on doit assurer la dépense à
sa femme car la préservation de la chasteté passe par la prise en charge de la
dépense vitale.» Extrait d’al-Moughni (8/174).

Cheikh al-islam (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)a été interrogé à propos du cas d’un homme incapable de
travailler qui ne dispose de rien mais qui a une épouse et des enfants, pour
savoir s’il est permis à son enfant aisé de lui assurer une  prise en charge qui couvre son épouse et ses
jeunes enfants.

Voici sa
réponse: «Louanges à Allah, le Maître des mondes. Oui, l’enfant aisé doit
dépenser au profit de son père , au profit de l’épouse
de ce dernier et ses enfants. Si l’enfant aisé n’accomplit pas ce devoir, il
maltraite son père, rompt ses liens de parenté et mérite le châtiment d’Allah
Très-haut ici-bas et dans l’au-delà. Allah le sait mieux.» Extrait de Madjmou al-fatawa (34/101).

On l’a
interrogé encore à propos du cas d’un homme qui a un enfant aisé alors que lui
est pauvre et a une famille dont une épouse autre que la mère du fils ainé (jugé aisé). Celui-ci doit-il assurer la prise en
charge de son père, celle de ses frères et la femme de son père? Voici sa
réponse: «Si le père est incapable d’assurer sa dépense vitale et si le
fils  est en mesure de l’assurer à tout
le monde, il a l’obligation de le faire.» Extrait de Madjmou
al-Fatawa
(34/102).

Allah le
sait mieux.