N’est-il pas permis de prononcer une invocation en chœur ?
Louanges à
Allah
L’invocation en
chœur de manière à ce que l’un des participants commence et que les autres lui
donnent la réplique en disant aamiin peut,
dans certains cas s’avérer conforme à la Sunna. C’est le cas de la demande de
pluie et de la prière dite qounote. Elle alors
indubitablement instituée. Elle se pratique parfois dans une situation où il
n’est pas attesté que la Sunna prophétique la prévoit. C’est le cas des
invocations faites au sortir des prières quotidiennes ou après l’enterrement
d’un mort ou au cours du séjour à Arafat et dans d’autres cas pareils. On peut
toutefois l’accepter même dans ces cas, si on la fait tantôt et s’en abstient
tantôt. Car c’est sa pérennisation qui en fait une innovation (religieuse).
Voici quelques propos des ulémas relatifs à ce sujet :
1.
L’imam Ahmad (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) fut interrogé en ces termes :
« Est-il réprouvé que des gens se réunissent et invoquent Allah ensemble
les mains tendues vers le ciel? Il dit : «Je ne le réprouve pas pour les
frères quand ils se retrouvent spontanément, à moins qu’ils n’y aient un
fréquent recours. »
Ibn Mansour
dit : « Isaac ibn Rahoyah aussi a dit la
même chose. « A moins qu’ils n’y aient un fréquent recours » signifie à moins qu’ils n’en fassent une
habitude de sorte qu’un nombre de personnes de plus en plus important les
rejoigne.
Aboul Fadhl ibn Mahran dit :
« J’ai interrogé Yahya ibn Maiin
et Ahmad ibn Hanbal en ces termes : « Il y
a chez nous des gens qui se réunissent, récitent le Coran et invoquent Allah
Très-haut. Que pensez –vous d’eux ? » Il poursuit : « En ce qui
concerne Yahay ibn Maiin,
il a dit : on peut lire le Coran, invoquer
Allah au sortir de chaque prière
et Le rappelle discrètement. » Je lui dis :
-« L’un de
mes frères agit comme je viens de dire. »
–
« Interdis- le lui. »
– « Il
n’accepte pas. »
-« Sermonne-le. »
-« il
n’accepte pas. Devrais-le le boycotter ? »
-« oui. »
Ensuite, je me suis
adressé à Ahmad et lui ai raconté ce que j’avais dit à Yahya
et il dit lui aussi :
«Qu’il lise
dans le Coran, qu’il mentionne Allah Très-haut discrètement et qu’il cherche le
hadith du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui). J’ai dit :
-« Devrais-je
lui interdire ce qu’il (le frère) fait ? »
–
« Oui. »
– « S’il
n’accepte pas ? »
-« Si,
s’il plaît à Allah Très-haut (il veut dire par là que l’intéressé répondrait
favorablement, s’il plaît à Allah) C’est une la pratique que tu as décrite est
une manière innovée de se réunir. »
–
« Devrais-je le boycotter s’il ne fait pas ce que je lui
recommande ?» Il se tut souriant. » Extrait d’al-Aadab ach-chariyya (2/102).
2. Cheikh
al-islam Ibn Taymiyah (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit : «Se réunir pour réciter le Coran, rappeler Allah et
L’invoquer est bien et recommandé, à condition que cela ne soit pas systématisé
comme on le fait avec les réunions instituées et à condition que cela ne soit
pas entaché d’une innovation condamnable. » Extrait de Madjmou’
al-fatawa (22/523).
3. La
Commission permanente pour la consultance a été interrogée à propos d’un imam
qui se lève les mains au sortir des prières quotidiennes et que les fidèles
prieurs suivent en cela ; celui-ci invoque et ceux-là disent aamiin après lui. Voici sa réponse : « Les actes
cultuels sont à recevoir comme tels. Il n’est pas permis de dire : un tel
acte est institué dans son origine, dans sa quantité, dans sa présentation ou dans son lieu, à
moins de disposer d’un argument religieux attestant ce qu’on dit. Or, nous ne
sachions aucune sunna reçue du Messager d’Allah allant dans ce sens
(approbation de la manière d’invoquer susmentionnée) ; qu’il s’agisse de
propos, d’actes ou d’approbations prophétiques. » Extrait de Madjallatoul Bou’outh
al-Islamiyyah (17/55).
La Commission
permanente pour la consultance a été interrogée à propos d’une personne qui
avait l’habitude d’offrir un repas à un groupe de personnes tous les vendredis.
Après la consommation du repas, le groupe ne repartait pas (tout de suite). Il
attendait que l’un d’entre eux, désigné
par l’hôte, invoque Allah pour que la récompense à accorder à l’hôte pour son
hospitalité soit transférée à leurs proches défunts et à l’ensemble des leurs.
Au cours de l’invocation, l’invocateur et l’assistance lèvent leurs mains en
disant aamiin. Est-ce que cette invocation
prononcée à la suite de la prise d’un repas et pendant laquelle on lève les
mains vers le ciel est permise ?
La Commission a
répondu en ces termes : « Prononcer une invocation en groupe après
avoir pris un repas comme indiqué dans la question n’a pas de fondement dans la
loi religieuse purifiée. Il faut y mettre fin car c’est une innovation. Il faut
se contenter de ce qui s’atteste dans la Sunna, à savoir prier pour qu’Allah
bénisse l’hôte ou faire un geste pareil. Chacun prononcerait la prière à dire
isolément. Parmi les formules prévues par la Sunna à cet effet figure
celle-ci : « Monseigneur! Bénis-leur la substance que Tu leur as
accordée. Pardonne-leur et accorde-leur ta miséricorde. » Ou :
« Puisse des jeûneurs rompre leur jeûne chez vous ! Puisse des pieux
consommer votre repas ! Puisse les anges prier pour vous ! »
Extrait des fatwas de la Commission permanente (24/190).
1.
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes : « Des gens
se réunissent pour (étudier un hadith évoquant le dhikr)
et, à la fin de leur réunion, ils invoquent Allah ensemble ; l’un d’entre
commence et les autres disent aamiin : est-ce
juste ? » Voici sa réponse : « C’est juste à condition de
ne pas en faire une habitude car le transformer en une pratique habituelle,
c’est en faire une sunna alors qu’il ne l’est pas. Si la pratique est devenue
une habitude au point que chaque fois qu’ils s’assoient, ils colorent leur
réunion par une invocation, ils baignent alors dans une innovation car nous ne
sachions pas que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) l’eut
approuvée. S’il s’agit d’invoquer Allah parfois, notamment quand on découvre (dans
le Coran) une menace ou une incitation, il n’y a aucun inconvénient car il y a
une différence entre ce qui se passe occasionnellement et ce qui se pratique
systématiquement. On peut ne pas reprocher à l’individu ce qu’il fait
occasionnellement. C’est ainsi que des compagnons du Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) l’accompagnaient parfois dans ses prières
nocturnes surérogatoires bien que la Sunna enseigne que de telles prières ne
soient accomplies en groupe qu’occasionnellement. » Extrait de liqaat al-bab al-maftouh (117/21). Voir la réponse donnée à la question n°
106523 et à la question n° 106518.
