J’ai lu et entendu des ulémas issus de l’école hanbalite qu’il est interdit ou réprouvé de manger les animaux égorgés par des musulmans, des gens du livre incirconcis. Quelles sont les écoles juridiques  qui ont abordé cette question? Qu’est-ce qui est retenu par l’école hanbalite? Y a-t-il une différence entre musulmans et gens du livre incirconcis à propos de l’égorgement des bêtes?

Louanges

à

Allah

Oui, il y a une version reçue de l’imam Ahmad

 (Puisse Allah Très -haut lui
accorder Sa miséricorde) selon laquelle il a
dit:

« Certes , l’animal

égorgé

par un non
circoncis ne doit pas

être mangé. »

On lit dans

al-wouqouf wa
at-taradjdjoul
par al-Khallal (p.146):

« Hanbal dit: j’ai entendu Aba
Abdallah dire: « On ne consomme pas
l’animal

égorgé

par un non
circoncis. Sa prière et son pèlerinage ne comptent que quand
il se sera purifié

(circoncis). C’est ce qui rendrait
son islam parfait. »

Cet avis repose sur
une parole d’Ibn Abbas (P.A.a)

Az-Zarkachi (Puisse Allah Très-haut lui accorder
Sa miséricorde) dit:

« On a rapporté

de lui (Ahmad) que l’égorgement effectué

par un non
circoncis n’est pas valide
selon la parole d’Ibn Abbas (P.A.a) »

Extrait de

charh az-Zarkachi
alla Moukhtassar

par

al-Kharqui,6/660.

Ladite parole d’Ibn Abbas (P.A.A) a

été

rapportée par Ibn Abi
Chaybah dans

al-Moussannaf

(11/701)

 par sa chaine de
rapporteurs et d’après Ibn Abbas en ces
termes:

« S’agissant du non circoncis, son
témoignage n’est pas recevable,
sa prière n’est pas valide et l’animal

égorgé

par lui ne doit pas

être mangé.»

(Jugé

authentique par al-Hafez ibn
Hadjar (Puisse Allah Très-haut lui accorder
Sa miséricorde) qui dit:  

« D’après Ibn Abbas, on ne
reçoit pas le témoignage du non
circoncis et sa prière n’est pas valide et l’animal
qu’il

égorge n’est pas
consommable.»

Cité

par Ibn Abi Chaybah grâce

à

une chaine
authentique.
Abdourrazzaq et al-Bayhaqui l’on cité

dans

ach-chiab par sa voie.»Extrait de

Dirayah
fii
takhriidji
ahaadith al-hidayaah
(2/173)
Voir

at-Tahdjil (p.17)

Ce qui est retenu en définitif par l’école hanbalite est
qu’il est
permis de manger l’animal

égorgé

par un non
circoncis. A ce propos, al-Mardawi (Puisse Allah Très-haut

 lui accorder Sa miséricorde)dit

:

« Ses propos: la validité

de l’égorgement repose
sur quatre conditions dont l’aptitude de l’auteur : le fait
pour lui de jouir de ses facultés mentales… »…

on trouve dans les
propos du compilateur (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) les termes

non circoncis .

Il est approprié

selon l’avis de l’école hanbalite
parce que adopté

par la majorité

des condisciples. »

Extrait d’al-Insaaf

(27/287).

La permission de consommer l’animal

égorgé

par un non
circoncis est l’avis le plus répandu au sein de l’école hanbalite et
le plus conforme aux dires de l’ensemble des
ulémas.

Selon Ibn Abdoul Barr (Puisse Allah Très-haut lui
accorder Sa miséricorde) :

«La majorité

des ulémas ne trouve aucun
inconvénient

à

manger l’animal

égorgé

par un non
circoncis, si l’égorgement se déroule selon les
normes. »

Extrait d’al-istidhkaar (26/245). C’est l’avis le mieux
argumenté

car le fait de ne
pas

être circoncis n’exclut pas une
personne du giron de l’islam. Il s’y ajoute
qu’il est permis de
consommer l’animal

égorgé

par

 le chrétien issu des gens
du livre qui, le plus souvent ne se font circoncire. Ce qui devrait s’appliquer au musulman a fortiori.

Abou Baker ibn al-Moundhir (Puisse Allah Très-haut) a dit:

«Une divergence les
oppose au sujet de la consommation de la viande de la
bête

égorgée par un non
circoncis. Parmi ceux qui l’interdisent figurent Ibn Abbas
et al-Hassan al-Basri (auquel on
attribue différents avis sur la question).
Selon Hammad ibn
Soulayman, il n’y a aucun inconvénient

à

le consommer. Ce
qui ressemble

à

l’avis de l’école chaffite. C’est aussi l’avis d’Abou Thawre et de l’ensemble des gens
habilités

à

émettre des fatwas parmi les
ulémas des villes.

Abou Baker dit:

«

C’est ce que nous disons
car Allah le Puissant et Majestueux a permis de consommer les animaux

égorgés par les gens du
livre qui comprennent des non circoncis. L’animal

égorgé

par un musulman non
circoncis devrait l’être a priori. Allah
a dit :

« Mangez ce qu’on a

égorgé

en mentionnant le
nom d’Allah. »

Ce qui est

égorgé

par un non
circoncis entre dans ce cadre. »

Al-ichraaf (3/434-435).

Ibn Qoudaamah (Puisse Allah
Très-haut lui accorder

Sa miséricorde) a dit: « D’après Ibn Abbas (P.A.a):

« On ne mange pas l’animal

égorgé

par un non
circoncis. »

Ahmad lui a emboîté

le pas. Ce qui est
juste est que c’est permis car le
non circoncis musulman est comme ses autres coreligionnaires.

Si on permet de consommer les bêtes

égorgées par l’auteur d’une diffamation, ou
d’une fornication et
par le consommateur du vin tout en

étant

sûr de leur
perversion, et si on permet de consommer l’animal

égorgé

par un chrétien qui est un
mécréant non circoncis, on
doit a fortiori permettre la consommation de l’animal

égorgé

par un musulman non
circoncis. »

Extrait d’al-Moughni 13/293). On a
opposé

à

l’interdiction de consommer l’animal

égorgé

par un musulman non
circoncis

 la permission de la
consommation de l’animal

égorgé

par un homme issu
des gens du livre dont la plus part ne se circoncisent pas. Ce qui n’empêche pas de considérer les animaux
qu’ils

égorgent
consommables. Sous ce rapport, al-Bokhari (Puisse Allah Très-haut lui accorder
Sa miséricorde ) dit:

« leurs aliments sont les animaux
qu’ils

égorgent. »

Al-Hafedz Ibn
Hadjar (Puisse Allah Très-haut lui accorder
Sa miséricorde) a dit: »

Ibn Abbas a dit :

« leurs aliments sont
les animaux qu’ils

égorgent. »

Ceci a

été

rapporté

de manière ininterrompue
depuis al-Bayhaqui par la voie d’Ali ibn Abi Talhah

d’après Ibn Abbas dans le
cadre du commentaire de la parole du Très-haut:

« Les aliments de
ceux qui on
reçu le livre vous
sont licites. »

Il dit qu’il s’agit ici des
animaux qu’ils

égorgent. L’auteur de tels propos doit permettre la consommation de l’animal

égorgé

par un non circoncis car
bon nombre des gens du livre ne se circoncisent
pas.Or le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) s’était adressé

à

Hirakle et

à

son peule en ces
termes:

« O gens du livre,
venez nous rejoindre autour d’un mot que nous
partageons. »

Hirakle
et son peuple ne se
soumettaient pas

à

la circoncision
bien qu’appelés gens du livre. »

Extrait de

Fateh al-Bari (9/637).

Allah le sait mieux.


En somme, on consomme l
animal