Comment juger la description du Coran comme étant la parole ancienne d’Allah?

Louanges à Allah

Premièrement, le saint Coran est la parole d’Allah Très-haut. Ses mots, ses
lettres et ses sens émanent de Lui et retourneront à Lui. Allah Très-haut les a
prononcés et Gabriel (psl)  les a entendus de Lui et transmis à
Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui). A ce propos, le Transcendant a dit:« que ce Coran est une noble Écriture [78] conforme à un Prototype bien gardé
au Ciel, [79] que seuls les
purifiés sont autorisés à toucher.» (Coran,56:77-80)
et :« Alif – Lâm – Mîm.  La révélation
du Livre émane sans nul doute du Maître de l’Univers.» (Coran,32:1-2)
et:« La révélation de ce Coran émane d’Allah, le Tout-Puissant, le Sage.»
(Coran,39:1). C’est une implication de Sa faculté de
parler, l’un de Ses attributs. Quiconque dit que Sa parole est créée devient un
mécréant. Voilà le crédo de l’ensemble de la communauté fidèle à la Sunna et
opposée aux partisans des déviances.

At-Tahawi (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) écrit dans son célèbre traité sur le dogme:«
et que le Coran est la parole d’Allah. C’est de Lui qu’il a émané verbalement
sans que l’on en connaisse la modalité (précise). Il l’a révélée à Son
Messager. Les croyants y ont adhéré véritablement après avoir acquis la
certitude que le Coran est vraiment la parole d’Allah Très-haut et qu’il n’est
pas créé comme la parole humaine. Celui qui l’entend et prétend qu’il est une
parole humaine tombe dans la mécréance. Allah l’a dénigré, rabaissé et menacé
de l’envoyer en enfer. Il dit à ce propos: «Je le grillerai
dans le feu de l’enfer.» Le fait pour Lui 
de proférer une telle menace à l’égard de celui qui dit:« Ce n’est
qu’une parole humaine.» nous permet de savoir sûrement qu’il (le Coran) est la
parole du Créateur des humains et qu’il ne ressemble pas à leur parole.»Ibn Qoudamah (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit:« Le Coran
Fait partie de la parole d’Allah le Transcendant l’Incommensurable. C’est le
livre clair d’Allah, Sa corde solide et sa voie droite. C’est la révélation du
Maitre des univers. Il fut transmis par l’Esprit fidèle au cœur des meilleur
des messagers dans un arabe claire. C’est une
révélation non créée qui émane de Lui et retourne à Lui. Il consiste en des
sourates impeccablement formées,  en des versets limpides, et  en des lettres et mots. Celui qui le lit dans
le parfait respect des règles grammaticales obtiendra pour chaque lettre
prononcée dix bienfaits. Le Coran a un début et une fin comme il est composé de
parties et de portions. Il est lu par les langues, conservé dans les poitrines,
entendu par les oreilles et écrit dans les livres. Il contient des passages
parfaitement claires et d’autres ambigües. On y trouve des versets abrogés et
d’autres abrogatoires; des versets particuliers, des
versets généraux, des ordres et des interdits:« inaccessible à toute erreur,
d’où qu’elle vienne, en tant que Révélation émanant d’un Sage, Digne de
louange.» (Coran,41:42). et :«
Dis-leur : «Si les hommes et les djinns se concertaient pour produire quelque
chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient y parvenir, même s’ils se
prêtaient mutuellement assistance.» (Coran,17:88).

C’est le livre arabe à propos duquel les mécréants ont dit:«
Nous ne croirons pas à ce Coran.» (Coran,34:31).
D’autres ont dit: «Ce n’est qu’une parole humaine.»
(Coran,74:25) Et Allah le Transcendant de dire: «Je le grillerai en enfer.» (Coran,74:26).
Il n’existe aucune divergence au sein des musulmans sur le fait que celui qui
renie le Coran ou l’une de ses sourates, versets, mots ou lettres, unanimement
retenus comme partie intégrante du livre, devient un mécréant. Ceci prouve
irréfutablement qu’il est composé de lettres.» Extrait de lou’atoul
i’tiqaad,p
.
22-28.

L’expression: ‘c’est de Lui
qu’il a émané’ employée par l’ensemble de la communauté des fidèles à la Sunna
signifie qu’Allah Très-haut l’a prononcé. Son apparition et son commencement
remontent à Allah Très-haut. Leur expression: ‘C’est à
Lui qu’il retourne’ signifie que le Coran sera retiré des mémoires et des
livres à la fin des temps de sorte qu’aucun verset n’en restera ni dans les
cœurs ni dans les livres d’après ce qui est affirmé par plusieurs traditions.

Al-Hafez Dhiyaouddine al-Maqdissi
(mort en 643 H) (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) est l’auteur d’un
traité sur la question intitulé : ikhtissas
al-qour’an al-awd ilaa ar-rahman (le Coran a le
privilège de retourner au Clément)

Les partisans des innovations développent de nombreuses thèses en
contradiction avec les données rationnelles claires et celles reçues de sources
authentiques. On peut s’y référer pour connaitre les réponses données par les
ulémas auteurs des livres des Sunnites abordant ce chapitre. Certaines
compilations traitent spécifiquement de la réfutation des thèses des partisans
des innovations relatives à l’attribut de la parole. C’est le cas d’al-Bourhane fi mas’altail Qour’an et hikayatoul mounadzarah fil Qiur’an, touts deux écrits par Mouwaffaqouddine  Ibn Qoudamah, l’auteur d’al-Moughni
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). Cheikh al-Islam, Ibn Taymiyah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a écrit
de nombreux livres et traités abordant l’attribut de la parole entre autres
question. On peut se référer au 12e tome de ses fatwas. L’un de ses
importants ouvrages sur le sujet est intitulé at-Tisiiniyyah.
Il y réfute les thèses acharites relatives à l’attribut de la parole de près de
quatre-vingt-dix manières.

Quant aux compilations contemporaines, cheikh Abdoullah al-Djouday’ a consacré au sujet un livre intitulé al-aquida as-salafiyya fii kalami rabbil
barriyya
, un livre très utile  dans son domaine.

Deuxièmement, qualifier le Coran ou la parole d’Allah d’ancienne peut avoir
deux significations:

La première est de dire qu’il est incréé, comme on l’a déjà
dit, et que la faculté de parler est éternelle chez Allah Très-haut puisqu’Il
avait toujours eu la possibilité de parler chaque fois qu’Il le voulait et
comment Il le voulait pour s’adresser à celui parmi Ses fidèles serviteurs
qu’Il voulait. C’est un droit. C’est-ce que veut dire celui  des Sunnites qui qualifie le Coran
d’absolument ancien ou applique cette qualification à la parole d’Allah
Très-haut en général. C’est ce qu’a fait Aboul Qassim al-Lalakai dans son livre
: charh oussol i’tiqaadi ahli as-sunnati wal djamaa’ah.
Il y dit à la page (2/224):« Voici l’ensemble de ce qui
a été rapporté du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) pour indiquer
que le Coran fait partie des attributs anciens d’Allah.» Plus loin, il écrit à
la page (2/227):«Voici le consensus rapporté des
Compagnons qui indique que le Coran est incréé.»

Ibn Qoudamah (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) fait partie de ceux qui ont émis une affirmation absolue sur la
question dans son loumaa al-i’tiqaa puisqu’il écrit à la page,15:«L’un
des attributs d’Allah Très-haut est la parole. Allah parle .
Sa parole est ancienne et peut être entendue par celui de Ses créatures qui Lui
plait. Moise (psl) l’a entendu sans intermédiaire.
Gabriel (psl) aussi l’a entendue. Il en est de même
pour d’autres anges et messagers autorisés par Lui. Le Transcendant parlera aux
croyants dans l’au-delà et ils lui parleront. Il les autorisera à Le voir. A ce
propos Allah le Très-haut:« Il est certain qu’Allah a
adressé la parole de vive voix à Moïse.» Le transcendant dit encore:«
Ô Moïse, dit le Seigneur, Je t’ai élu d’entre les hommes pour te confier
Mon message et t’adresser Ma parole.» (Coran,7:144).
Le Transcendant dit : «Allah a parlé à certains d’eux.» (Coran,2:253). Le transcendant dit:« Il
n’est pas donné à un homme que Dieu lui parle directement, si ce n’est par
inspiration ou derrière un voile …» (Coran, 42:51) Le Transcendant dit:« Et
lorsqu’il s’en approcha, une voix l’interpella : «Ô Moïse ! [12] Je suis ton Seigneur. Ôte tes
sandales , car tu es dans la vallée sacrée de Tuwâ !» (Coran,20:11-12). Le
Transcendant dit:« En vérité, Je suis Dieu. Il n’y a
d’autre dieu que Moi ! Adore-Moi donc et accomplis la prière en souvenir de
Moi.» (Coran,20:14). Il est impossible que de tels
propos émanent d’un autre qu’Allah.

Cheikh al-islam, Ibn Taymiyah (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a écrit: «Les ancêtres pieux
ont dit: le Coran est la parole incréée d’Allah. Ils ont dit encore qu’Allah ne
cesse de pouvoir parler quand Il le veut. Aussi  ont ils expliqué que la parole d’Allah est ancienne quant à
son origine. Aucun d’entre eux n’a dit qu’une parole donnée est ancienne ni que
le Coran est ancien. Au contraire, ils ont dit que la parole d’Allah est
incréée. Si Allah a prononcé le Coran de par Sa volonté. Le Coran était Sa
parole. Il l’a révélé incréé. Il n’est pas pour autant éternel comme Allah
lui-même. Il est vrai qu’Allah ne cesse de pouvoir parler quand il le veut. Sa
parole est ancienne dans son espèce. Quand on comprend les propos des ancêtres
pieux et sait faire la distinction entre les différents propos, on échappe aux
ambigüités qui entachent ces difficiles questions qui sèment des troubles dans
les esprits des occupants de la terre.» Extrait de Madjmou
al-fatawa
(12/54).

Il (Ibn Taymiyah (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit: «La parole d’Allah est une parole
prononcée par Allah lui-même volontairement. Elle n’est pas une parole créée en
dehors de Lui mais une parole émanant de Lui. Bien qu’elle soit  prononcée par Lui volontairement, elle
n’émane pas de lui  sans Sa volonté et Sa
capacité.

Les ancêtres pieux ont dit:« Allah Très-haut ne
cesse de pouvoir parler quand Il le veut. Quand on dit:
«La parole d’Allah est ancienne, cela veut dire qu’Il n’a pas eu la faculté de
parler après en avoir été privé. Sa parole n’est pas créée. Elle n’est pas un
sens ancien qui subsiste en Lui. Bien au contraire, Il n’a cessé d’avoir la
faculté de parler quand Il le veut. Ces propos sont justes. Aucun des ancêtres
pieux n’a dit qu’une parole déterminée est en elle-même ancienne. Ils disaient: le Coran est la parole d’Allah révélée mais pas
créée. C’est de Lui qu’il provient et c’est à Lui qu’ils
retourne. Aucun d’entre eux n’a dit que le Coran est ancien. Ils n’ont
pas dit non plus que Sa parole consiste en un sens subsistant en Lui. Ils n’ont
pas dit que les lettres du Coran et ses sons sont anciens et éternels comme
Allah lui-même. Pourtant Allah n’avait jamais cessé d’utiliser ces lettres
chaque fois qu’Il le voulait. Mieux, ils (les ancêtres pieux) ont dit que les
lettres du Coran sont incréées et ont dénoncé celui qui dit qu’Allah les a
créées.» Extrait d’alfatawa
(12/566-567).

La deuxième signification est que le Coran possède un sens ou
un sens et des lettres. Il l’a prononcé depuis l’éternité. Ensuite, Il cessa de
parler. C’est une des 
innovations des Acharites et ceux parmi les théologiens qui les
approuvent. Ils ont voulu argumenter ainsi pour échapper à l’innovation des
Mutazilites et Djahmites qui soutiennent la création
du Coran. Celui qui dit du Coran  ou d’un autre attribut ou acte d’Allah
Très-haut qu’il est ancien dans le sens ci-dessus indiqué s’est prononcé
faussement. Il s’y ajoute que le terme qu’il a utilisé est ambigüe et n’est pas
reçu ( de source autorisée). Cette ambigüité qui
résulte de cet usage du terme ajouté au fait qu’il ne provient pas d’une source
(autorisée) fait que l’avis le mieux argumenté veut qu’on ne qualifie pas le
Coran d’ancien. Au contraire, on dit ce que les ancêtres pieux ont dit, à
savoir qu’il est la parole incréée d’Allah.

Cheikh al-islam (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)  a dit: «Ceux qui suivent la voie
tracée par les ancêtres pieux disent : la parole d’Allah est ancienne en ce
sens qu’Il a toujours eu la faculté de parler quand Il le veut. Ils ne disent
pas qu’une parole donnée est ancienne comme son appel adressé à Moise, etc.
Cependant ceux-là (les acharites et leurs partisans) croient que le Coran et
toute autre parole d’Allah est ancienne en soi et qu’Allah ne parle pas grâce à
Sa volonté et Sa puissance.

Ensuite, une divergence les a opposé. Certains
disent que l’Ancien possède un seul sens qui englobe les sens de la Thora, des
Evangiles et du Coran et que la Thora lue en arabe devient un coran et que le
Coran lu en hébréo devient un thora. Ils disent encore que le coran arabe n’a
pas été prononcé par Allah. Ou bien Il a créé dans un corps ou bien Gabriel ou
Muhammad l’ont inventé. Dans ce cas, il est la parole de ce messager
(intermédiaire)qui a voulu interprété le sens unique
qui subsiste dans l’entité du Maître et englobe tous les sens de la Parole
(divine). D’autres disent que le Coran est ancien dans ces lettres et sens. Il
est en cela aussi ancien et éternel que l’entité du Maître. Quand Il parle à
Moise ou aux anges ou aux fidèles serviteurs au jour de la Résurrection, Il ne
le fait pas de par Sa volonté et  Sa puissance mais Il dote
l’interlocuteur d’un sens lui permettant de saisir la parole ancienne  et éternellement inhérente  à l’entité d’Allah. Pour ce groupe, Allah n’a
jamais cessé  et
ne cesse de dire: ‘ô Adam, habite toi et ton épouse’ … et ‘ô Noé, descends
tout en jouissant de la paix et la bénédiction que Nous t’apportons’ et ‘ô Iblis, qu’est-ce qui t’empêche de te prosterner devant ce
que j’ai créé de Mes mains’ et d’autres propos pareils. On s’est étendu sur ces
avis et sur d’autres en d’autres endroits.

Il s’agit de dire qu’aucun des deux avis n’a été reçu des ancêtres pieux.
J’entend par là parler des compagnons, de leurs
loyaux successeurs et de l’ensemble des imams des musulmans réputés pour leur
savoir , leur piété et leur langage de vérité. Ces avis n’étaient pas connus ni
au temps d’Ahmad, de Chaffi, d’Abou Hanifah ni avant. Le premier à avoir introduit (ce débat)
fut Abou Muhammad, Abdoullah ibn Said ibn Kullab…» Voir al-Fatawa
(17/85).

Cela étant, si quelqu’un dit: ‘le Coran est ancien’
ou ‘la parole d’Allah est ancienne’ tout en entendant donné à ses propos le
premier sens, à savoir que le Coran et toute autre parole d’Allah Très-haut
sont révélées et incréées et dépendent de Sa volonté, son affirmation est
juste. Il vaut mieux toutefois se contenter d’employer les termes usités par
les ancêtres pieux parce qu’ils sont exempts de toute ambigüité et de toute
possibilité de véhiculer un sens faux. S’il entend donner à ses propos le
deuxième sens et exclut que la parole d’Allah dépende de Sa propre volonté, ce
qu’il entend signifier est faux. Les termes qu’il emploie sont faux et
inventés. Voir encore Minhadj ahlou as-Sunna an-Nabawiyya
par Cheikh al-islam, Ibn Taymiyyah (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) (5/419-421).

Allah le sait mieux.