Si la loi en vigueur dans votre pays vous permet de faire des choses qui en réalité ne sont que tricherie et tromperie, le revenu que vous obtenez grâce à de telles pratiques est il licite? Par exemple, la loi du pays dans lequel je vis autorise les étudiants à percevoir des aides d’organisations et institutions diverses pour pouvoir assurer certaines obligations et tâches liées à leurs études. Est il permis au musulman de bénéficier de telles aides? Lui est il permis de percevoir ces fonds?

Louanges à
Allah

Il ne nous
semble pas que le système en question implique la tricherie et la tromperie.
Mieux, nous ne croyons pas que la loi, dans un pays quelconque, puisse
autoriser des opérations teintées de tricherie et de tromperie. La tricherie et
la tromperie peuvent résulter du non respect de conditions déterminées par un
règlement visant à réguler une opération autorisée. Elles peuvent consister
également à manipuler la loi dans le but de percevoir un bien non mérité.

Quant à ce
que nous n’approuvons pas c’est le fait pour un musulman de solliciter l’aide
de l’une de ces organisations en question alors qu’il n’en a pas
réellement  besoin car
, dans ce cas, sa main serait la main inférieure. D’après Hakim ibn Hizam (P.A.a): «J’ai sollicité
le  Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) et il m’a donné. Puis je l’ai sollicité et il m’a donné puis je l’ai
sollicité et il m’a donné avant de dire: ô Hakim! Ces biens sont frais et
délicieux. Celui qui en prend avec la générosité d’âme les trouvera bénis.
Celui qui en prendra avec avidité ne les trouvera pas bénis car il sera comme
celui qui mange sans se rassasier. La main supérieure est meilleure que la main
inferieure.» (rapporté par al-Boukhari, 1403 et par Mouslim,1035).

Si la loi
religieuse n’aime pas que la main du musulman soit l’inférieure, même si la
main donneuse, donc supérieure, est musulmane, que dire quand la main donneuse
est mécréante?

La demande
de l’aide de ces organisations devient interdite, quand l’aide ne peut être
obtenue qu’en commettant un interdit comme le mensonge et la tricherie dans la
production des informations à fournir dans les formules de  demande remises  à l’étudiant ou quand la perception de l’aide
sollicitée expose le bénéficiaire à une tentation dans sa foi ou dans sa
personne.

Cheikh
Abdoul Aziz ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit: «Il n’ y a aucun inconvénient à recevoir l’aide ou
l’assistance d’un Etat mécréant, si elle n’entraîne pas l’abandon d’une
obligation ou l’accomplissement d’un acte interdit. On ne peut percevoir
l’assistance que selon la modalité officielle arrêtée par l’Etat. Il n’est pas
permis de mentir pour en bénéficier.» Extrait des fatwa de Cheikh ibn Baz, 28/239. Voir sur la même question les
réponse données à la question n° 6357 et la
question n° 7959 et la question n°
52810.

Allah le sait mieux.