Est il permis au médecin d’informer un malade de l’imminence de sa mort?

Louanges à Allah

Premièrement, il
convient que le visiteur du malade ou celui qui se trouve dans sa proximité
comme le médecin traitant console le malade de manière à lui donner de l’espoir
quant à sa survie. Il faut qu’il lui fasse croire que son cas n’est pas grave,
qu’il lui donne la bonne nouvelle concernant son rétablissement, son retour au
bon état de santé nécessaire à une longue existence.

Al-Bokhari
(3936) a rapporté que Saad ibn Abi Waqqas (P.A.a) a dit: «Le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) se rendit à mon chevet lors de
son pèlerinage d’adieu puisque j’étais sérieusement malade..Il me dit: «J’espère que tu survivras d sorte que
des gens profiteront de toi et que d’autres souffriront à cause de toi, etc.»
Cela (la nécessité de consoler le malade) s’atteste dans ce qui est prouvé scientifiquement,
à savoir que le facteur psychologique peut aider le malade à répondre positivement
au traitement et faciliter la guérison. Dès lors, plus  le moral du malade est bon, plus le
traitement est rapide et efficace.

Deuxièmement, tenir le
malade au courant de l’évolution réelle de sa maladie et lui faire comprendre
qu’elle peut entraîner sa mort doit faire l’objet d’un examen détaillé: si la
transmission d’une telle information n’aggrave pas la maladie, il est en
principe permis de le faire tout lui rappelant qu’il est aussi possible qu’il
s’en sorte. On peut, par exemple, lui tenir ce langage: des gens déjà atteints
de la même maladie que vous ont été guéris grâce à Allah ou d’autres
expressions qui suscitent l’espoir d’être guéri chez le malade.Si,
en revanche, la transmission de l’information peut détériorer l’état du malade,
il vaut  mieux ne pas la lui transmettre.

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été
interrogé en ces termes: « Si le médecin sait que le malade souffre d’une
maladie  chronique  comme un cancer, par exemple, doit il en
informer le malade directement ou se conter de y faire allusion sans le lui
expliquer clairement, de peur que cela ait un impact psychologique fatal? Que
devrait faire le médecin si le malade lui pose une question directe et précise
sur la nature de la maladie? Doit il lui dire la vérité, quelles que soient les
conséquences? Comment devait il se comporter?»

Voici sa réponse (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde): « Cela varie en fonction de l’état des
malades. Certains d’entre eux sont psychologiquement forts et ne se soucient
pas trop de savoir si leur maladie est mortelle ou pas. De tels malades peuvent
être informés de la réalité car un malade peut entretenir des relations
spéciales avec les membres de sa famille ou avec l’ensemble des gens et veut
corriger les erreurs qui les ont entachées. On doit informer un tel malade de
la réalité. Cela ne lui nuirait pas. Allah soit loué. Si, en revanche, le
malade est faible de personnalité et si on craint qu’en l’informant de la réalité
de l’issue fatale de sa maladie, il va subir un coup profond et se souciera
outre mesure de sa maladie (il vaut mieux s’en abstenir)..Il
est bien connu que quand un malade se focalise excessivement sur sa situation,
sa maladie s’aggrave et que s’il cherche à se divertir et à oublier sa maladie
comme si elle n’existait plus, cela contribue efficacement à son traitement..La question varie en fonction
des gens..» Extrait d’une conférence sur le thème: orientations pour le médecin
musulman

http://www.ibnothaimeen.com/all/eTV.shtml

Cheikh Abdoul Karim al-Khoudayr (Puisse Allah le garder) a été interrogé en ces
termes: « J’ai entendu que quand la maladie d ‘une
personne de mon village s’est aggravée, on l’a amené chez le médecin pour
recevoir un traitement. Mais le médecin a dit aux accompagnateurs du malade que
celui-ci allait mourir dans quinze jours. Au bout de ce délai, le malade a
rendu l’âme et les gents ont été très  frappés par la précision avec laquelle le
médecin s’est prononcé..Quelle
est l’opinion de votre éminence sur cette question?»

Voici la réponse de son
éminence: « Peut -être le médecin n’ a-t-il fait qu’un
pronostic fondé sur son observation de l’état du malade et ce qu’il sait concernant
sa gravité. Il n’est certainement pas permis d’affirmer catégoriquement
qu’Untel va mourir après tant ou tant 
(de jours) car nul ne sait quand il va mourir à plus forte raison quand
un autre va le faire. Allah le Très haut dit à ce propos: « et personne ne sait
dans quelle terre il mourra.  » (Coran,31:34)»

Prédire la mort d’une
personne donnée à un jour précis et de manière tranchée n’est pas permis car
cela revient à prétendre connaitre le mystère divin.
Si on dit: Untel pourrait mourir après une période.. ou après quelques jours, en se fondant sur l’état de sa
maladie et en ne faisant qu’un pronostic, cela 
est sans inconvénient. Mais il convient de ne pas diffuser une telle
information ni la faire entendre au malade ou à ses parents car cela peut avoir
un impact psychologique néfaste sur le malade et aggrave sa maladie comme il
peut avoir le même impact sur  ses
proches. Il vaut mieux taire une telle information et ouvrir la porte de
l’espoir au malade et aux siens en leur faisant croire qu’il sera guéri avec la
permission d’Allah et que sa maladie va disparaître ou d’autres propos allant
dans le même sens. » Allah le sait mieux.

http://www.al-forqan.net/fatawa/1158.html