Je voudrais savoir si la loi religieuse donne au mari le droit de s’immiscer dans les choix de son épouse concernant ses amies. Existe –t-il dans le Coran ou la Sunna un argument l’étayant?

Louanges à Allah

Naturellement, la femme mariée avait  des amies avant son mariage. La loi d’Allah
ne prévoit absolument pas qu’elle doit s’abstenir d’accompagner  ses amies en l’absence d’une autorisation maritale.
Bien au contraire, le statu quo doit continuer de prévaloir dans le sens du
maintien de ses anciennes amitiés de sorte que ses amies continuent de lui
rendre visite et qu’elle les honore puisque que c’est de cette manière que les
augustes compagnonnes (du Prophète), notamment les Mères des Croyants, épouses
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) s’étaient comportées. En effet,
Oum Salamatah dit: «une
fois, après la deuxième prière de l’après midi, le Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) se présenta chez moi alors que je recevais des femmes Ansari issues des Bani Nadjadjar.» (rapporté par al-Boukhari
(1233) et par Mouslim (834). Voilà donc Oum Salamatah qui, au moment de
l’arrivée du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) chez elle ,
recevait ses amies. Elle mentionne ensuite que le Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) fit une prière de deux rakaa
pour rattraper celle prévue après la première prière de l’après midi. De
nombreux arguments abondent dans ce sens mais ce qui est déjà cité suffit. Bien
plus, en principe, le mari doit honorer les amies de sa femme, même après le
décès de celle-ci, conformément aux enseignements tirés de la Sunna
authentique.

Aicha (P.A.a) disiat:«je n’ai jamais nourri de la jalousie envers l’une
des épouses du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) comme je le
faisais envers Khadidjah bien que je ne l’aie pas vue.
C’est parce que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ne cessait de
parler d’elle. Mieux, quand il lui arrivait d’égorger un mouton, il découpait
la viande en morceaux et en envoyait aux amies de Khadidjah.
Je lui disais parfois: «on dirait qu’il n’ y a aucune autre femme au monde
autre que Khadidjah.» Il répondait: «en effet, elle
en était vraiment une et, en plus, j’ai eu des enfants avec elle.» (rapporté
par al-Boukhari (3607) et par Mouslim
(2435).

Deuxièmement, ce que nous venons de dire ne contredit pas
la nécessité d’obéir au mari au cas où il donnerait à sa femme l’ordre de
rompre avec une amie ou de l’empêcher de lui rendre visite car le mari a une
prééminence sur la femme dans le foyer. Il est responsable de sa direction en
vertu de ces propos du Très haut: «Les hommes ont autorité sur les femmes, en
raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci..» (Coran,4: 34) et
de ces propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui): «  l’homme dirige son ménage et en est responsable.»
(rapporté par al-Boukhari (853) et par Mouslim (1829).

L’épouse n’a pas le droit de recevoir quelqu’un au foyer
conjugal s’i son mari s’y oppose. Elle n’a pas non plus le droit de quitter le
foyer conjugal sans l’autorisation du mari. Si celui-ci lui interdit d’aller
visiter ses parents, elle doit s’en abstenir. Il peut se tromper en le lui
interdisant. Dans ce cas , il commet un péché. Il peut aussi avoir raison en le
faisant. Dans ce cas, il sera récompensé. Quoi qu’il en soit , l’épouse doit obéir
à son mari dans ce domaine. L’épouse raisonnable ne préfère pas le maintien de
son amitié avec une femme à son bonheur à elle , à celui de son mari et ses
enfants au foyer.

Djabir  a rapporté que le
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «craignez Allah dans
votre manière de traiter avec les femmes car vous  vous engagez à les prendre sous la garantie
d’Allah et vous vous permettez d’avoir des rapports intimes avec elle grâce au
mot d’Allah. Elles ont obligation de ne accueillir chez vous quelqu’un que vous
détestez. Si elles le font, frappez les légèrement. Vous avez à les nourrir et
vêtir selon le bon usage.» (rapporté par Mouslim
1218).

L’interdiction en question n’implique pas la mise en
cause par le mari de la moralité ou de la religiosité des amies de sa femme car
les avantages et les inconvénients (de l’interdiction) sont nombreux, et
l’épouse peut ne pas les cerner dans tous les cas. Si le mari constate
clairement dans les mœurs des amies ou leur comportement religieux des aspects
devant motiver sa décision, les choses deviennent trop claires pour avoir
besoin d’une explication. Voir pour plus de détails les réponses données à la question n°
112048 et la
question n° 10680.

Allah le sait mieux.