Quand j’étais petit, je me rendais à une école possédant un internat pour y apprendre le Coran par coeur. Et puis j’ai cessé de la fréquenter après avoir mémorisé 4 parties. C’était dû à mon incapacité de réconcilier l’école coranique et l’école publique en même temps. À l’époque, j’étais âgé de 12 à 13 ans donc mineur. Est-ce que cela implique un péché de ma part après 20 ans des faits, vu que j’ai oublié les quatre parties apprises ?

Les gens m’ont dit que cela constitue un grave péché et que je dois me les remémorer. Je suis perplexe et voudrais votre aide.

Louange à Allah

Il n’y aucun doute que l’oubli est naturel chez l’homme.
Celui-ci n’est appelé insane qu’à cause de sa disposition à oublier.

La
fréquence de l’oubli varie d’une personne à une autre. Cela peut devenir fréquent
ou rare en fonction des dons qu’Allah fait à ses serviteurs en matière de
mémoire.

Le Saint Coran échappe aux gens. Si le musulman ne
le révise pas en permanence et n’entretient pas ce qu’il en a appris par coeur.

L’oubli peut aussi être une source de leçons. Parmi
celles-ci figurerait la mise à l’épreuve des coeurs des serviteurs afin de
faire la distinction entre le coeur attaché à la permanente récitation du
Coran et celui qui n’y est attaché que pendant le temps de la mémorisation
et qui s’en détourne par la suite et l’oublie.

Il est aussi possible qu’il y ait parmi les leçons
la consolidation des motifs qui poussent le musulman à s’adonner à une fréquente
lecture du Saint Coran afin de remporter une énorme récompense liée à chaque
lettre qu’il prononce. S’il ne lui arrivait pas d’oublier, il ne s’adonnerait
pas à une fréquente lecture. Ce qui le priverait de la récompense liée à la
révision et à l’entretien. La peur d’oublier vous incite à la récitation pour
obtenir davantage de récompense auprès de votre maître. En effet, vous aurez
pour chaque lettre un bienfait multiplié par dix.

Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) a exhorté à l’entretien du Coran pour éviter l’oubli. Il a aussi
mis en garde contre sa négligence à travers de nombreux hadith parmi lesquels :

1. Celui rapporté par Boukhari d’après Ibn Omar (P.A.a)
qui dit que que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui)
a dit : «Le mémorisateur du Coran est comparable à un propriétaire de chameaux
bien attachés. S’il les entretient bien, ils lui restent intacts. Autrement,
ils se sauvent. » (Boukhari, 5031)

Il est bien connu que quand les chameaux se sauvent,
leur propriétaire ne les récupère qu’au prix de grands efforts. Il en est
de même de celui qui a mémorisé le Coran. S’il ne le révise pas, il lui échappe
et il lui faudrait alors faire d’énormes efforts pour se remémorer.

Al- Hafiz Ibn Hadjar dit dans al-Fateh (9/79)
dans le cadre de son commentaire du présent hadith : « L’entretien consolide
dans l’esprit la matière mémorisée. De la même manière, le chameau bien attaché
(à un arbre…) reste bien gardé. Le chameau et spécifié ici parce qu’il constitue
l’animal domestique le plus prompte à s’échapper et celui dont la récupération
pose la plus grande difficulté.

2- Dans son Sahih (N°790-791) Mouslim a rapporté
d’après Abou Moussa al- Ash’ari (P.A.a) que le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) a dit : «  Entretenez le Coran. Au nom de Celui qui tient
mon âme en Sa main, il est plus prompt à s’échapper que les chameaux attachés. »

3- Boukhari (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde)
a rapporté d’après Abd Allah que le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : « Rien n’est pire de la part de l’un d’eux que de dire
: j’ai oublié un tel ou tel verset. En effet, on lui a fait oublier. Remémorez-vous
le Coran. Car il est plus prompt à s’échapper de la mémoire des hommes que
ce bétails.. » (Sahih de Boukhari, 5032).

Al-Hafiz dit dans al-Fateh (9/81) Ibn Battal dit
: ce hadith corrobore les deux versets : « Et récite le Coran, lentement
et clairement. Nous allons te révéler des paroles lourdes (très importantes). »
(Coran, 73 :4-5) et «En effet, Nous avons rendu le Coran facile
pour la méditation. Y a- t- il quelqu’un pour réfléchir?»Coran, 54 :17).

Il est facilité à celui qui s’en occupe
en permanence. Quant à celui qui s’en détourne, il le perd. Ceci constitue
une exhortation à une constante révision visant à éviter l’oubli.

Le Messager
(bénédiction et salut soioent sur lui) a donné cet exemple parce qu’il est
plus apte à élucider le sens voulu. C’est  pourquoi il l’a même renforcé par
un serment quand il dit : « Au nom de Celui qui tient mon âme en Sa main »
C’est une mise en relief de l’importance de la révision attentive du Coran.

4- Quant au hadith d’Anas ibn Malick (P.A.a) dans
lequel il rapporte que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soioent sur lui) a dit : « On m’a montré
les péchés des membres de ma communauté et je n’en ai pas vu un péché plus
grave que celui d’un homme qui a appris un verset ou une sourate du Coran
puis l’a oublié », ce hadith est faible selon Boukhari et at-Tirmidhi.
Voir Takhridj, Mishkat al-Massabih d’al-Albani, N°720.

L’imam Ibn al-Moundhir
(Puisse Allah lui accorder sa miséricorde) dit dans Moutashabih  al-quran
(p.52) : «Les ancêtres pieux redoutaient l’oubli du Coran parce qu’ils le
considéraient comme un défaut. »

As-Souyoti dit dans al-Itqan, 1/106 : « L’oubli
du Coran constitue un péché majeur selon une déclaration sans ambages de Nawawi
dans ar-Rawdha et ailleurs, compte tenu du hadith : « On m’a montré
les péchés des membres de ma communauté…. ».

Pour bien fixer le Coran dans la mémoire, il faut
prendre l’habitude de l’utiliser dans les prières en général et dans celles
de la nuit en particulier. Les ancêtres pieux lisaient le jour et le récitaient
la nuit.

Cher auteur de la question.

Si vous faites de votre mieux pour réviser le Coran, vous
ne commettez aucun péché, s’il vous arrive d’en oublier quelques portions.
Ce qui est blâmable c’est la négligence poussée à outrance qui se caractérise
par l’abandon de la révision.

Nous demandons à Allah le pardon.

Mon
Seigneur, fais du Coran incommensurable, le printemps de notre coeur, la lumière
de nos poitrines (esprits) le facteur de dissipation de notre tristesse et
de nos soucis. Mon Seigneur, apprends nous ce que nous ignorons et rappels
nous ce que nous avons oublié. Tu es audiant et omniscient.