Il y a un hadith qui parle d’un homme pieux du nom d’Alqamah qui, même sur son lit de mort, n’avait pas prononcé le mot (la profession de foi musulmane). Le Prophète dépêcha quelqu’un auprès de sa mère fâchée contre lui parce qu’il lui préférait sa femme. Ensuite le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) fit ramasser du bois et informa la mère qu’il allait brûler son fils sous ses yeux. Elle dit:
«Messager d’Allah! il est mon fils et je ne pourrai pas supporter que tu le brûles devant moi!»
-«Mère d’Alqamah! Le châtiment d’Allah est plus dure et plus durable. Si tu veux qu’Allah lui pardonne, pardonne-lui. Au nom de Celui qui tien mon âme en Sa main! Ni ses prières ni son jeûne, ni sa zakat ne lui serviront à rien aussi long temps que tu resteras fâchée contre lui. »
La femme pardonna alors à son fils. Un peu plus tard, ce dernier prononça la profession de foi avant de rendre l’âme. le hadith dit que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) convoqua les Immigrés et les Ansari et leur dit: «Quand l’un d’entre vous préfère sa femme à sa mère, les anges et les humains le maudiront tous ensemble. Dès lors , Allah n’agréera pas ses aumônes et ses œuvres pies à moins qu’il ne se repente devant Allah Très-haut et sollicite le pardon de sa mère et la rende satisfaite puisque sa colère est doublée de celle d’Allah. On dit que ce hadith se trouve dans le Mousnad d’Ahmad mais je n’arrive pas à l’y trouver. S’il est authentique, j’espère que vous m’indiquerez son emplacement.
Louanges à Allah
Ce récit a été confirmé par l’imam Ahmad (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dans son Mousnad
au début de sa collecte des hadiths réunis dans son livre. Le premier corpus
renfermait bon nombre de hadiths faibles et abandonnés. Ensuite l’imam débarrassa
son œuvre de ces hadiths et supprima du coup le récit en question.
On lit dans Mousnad de
l’imam Ahmad (32/155) , édition de l’Etablissement Rissala
ce qui suit: «Abou Abdourrahman dit: on trouvait dans
le livre de mon père: Yazid ibn Haroun nous a raconté
que Faid ibn Abdourrahman a
dit: j’ai entendu Abdoullah ibn Abi
Awfaa dire: « Un homme se présenta au Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) et lui dit: «Il y a près de là un
garçon qui agonise et on lui a suggéré de dire : il n’y a pas de dieu en dehors
d’Allah mais il n’ y arrive pas. »
-«Ne le disait il pas auparavant? »
– «Si»
-« Qu’est-ce qui l’empêche de le dire au moment où il va
mourir? » Il cite le reste du hadith intégralement. Mon père n’a pas raconté
ces deux hadith (ceux reçus par la voie de Faid
d’après Ibn Abi Awfaa) il
les a supprimés de son livre car il n’était pas satisfait d’un hadith transmis
par Faid ibn Abdourrahlan
puisqu’il jugeait que ses hadiths n’étaient pas à retenir. » Extrait du Mousnad.
Quant au reste du hadith mentionné dans d’autres sources
comme je l’ai cité, il se présente comme suit: «Le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) se souleva et nous le suivîmes pour nous
rendre au chevet du garçon:
-«Garçon! Dits: il n’ y a pas de dieu en dehors d’Allah!
»
-« Je ne peux pas le dire. »
-«Pourquoi? »
-«J’ai maltraité ma mère. »
-«Est-elle vivante? »
-«Oui. »
-«Faites-la venir. »
Ils la convoquèrent et elle se présenta. Le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui ) lui dit:
-«Est-il ton fils? »
-«Oui. »
-«Que ferais-tu si on allumait du feu et te disait que si
tu n’interviens pas en sa faveur, il y serait jeté? »
-« J’interviendrais. »
-«Prends Allah et nous-mêmes à témoins que tu es
satisfaite de lui. »
-«Je suis satisfaite de lui. »
-«Garçon , dis: il n’ y a pas de
dieu en dehors d’Allah. »
-« Il n’ y a pas de dieu en dehors d’Allah. »
-«Louanges à Allah qui l’a ainsi sauvé de l’enfer.» Conclut
le Prophète. (Cité par al-Ouqayli dans adh-dhouafaa al-kabir
(3/461) et repris de lui par Ibn al-Djawzi dans al-Mawdhouaat (3/87).D’autres l’ont attribué à at-Tabarani. Al-Kharaaiti l’a
rapporté dans Massaiwi al-akhlaaq
n° 251 et al-Bayhaqui dans Chouab
al-iman (6/197) et dans Dalaail
an-noubouwwah (6/205) et par al-Qazouini
dans at-Tadwiin fii
tarikhi Qazwiin
(2/369). Toux ceux-là l’ont reçu par la voie de Faid
ibn Abdourrahman d’après Abdoullah
ibn Abi Awfaa.
Cette chaîne est très faible à cause de la présence de Faid ibn Abdourrahman. L’imam
Ahmad dit de lui: «Ses hadiths sont à abandonner.» Ibn Ma’in
dit de lui: «Il n’est rien.» Ibn Abi Hatim dit de lui:« J’ai entendu mon père dire: «Les hadiths
de Faid ne tiennent pas debout. On n’écrit pas ses
hadiths. Ceux qu’ils déclare avoir reçu d’Ibn Abi Awfaa sont faux. On leur
trouve à peine le moindre fondement. On dirait que ces hadiths ne ressemblent
pas à ceux d’Ibn Abi Awfaa.
Si on jurait que l’ensemble de ses hadiths étaient faux, on ne commettrait pas
de parjure.» al-Bokhari le qualifie d’homme aux
hadiths contestables. Voir Tahdhiib at-tahdhiib (8/256).
Ibn Hibban dit de lui: «Il
faisait partie de ceux qui attribuaient des hadiths contestables à des
célébrités. Il déclarait avoir reçu d’Ibn Abi Awfaa des monstruosités qu’il n’est pas permis d’utiliser
comme arguments.» Extrait d’al-Madjrouhin (2/203).
Abou Abdoullah al-Hakim -Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit de
lui: «Il rapporte de faux hadiths d’Ibn Abi Awfaa.» Extrait d’al-Madkhal ila as-Sahih (155). Ibn al-Djawzi a cité le récit susmentionné dans al-Mawdhouaat (3/87) et dit :«Ce
hadith n’est pas authentique.» L’ont encore classé parmi les faux hadiths: Ibn
Iraq (2/296); ach-Chawkaani (231); al-Albani (n° 3183) et Cheikh Soulaymane
al-Alwaan dans son épitre
intitulé al-ilaam bi woudjobi
at-tahabout fii riwaayatil hadith,P. 16-17). Voir
khissasou laa tathbout (Récits qui ne résistent pas à la critique)
par cheikh Mashour Hassan Soulaymane
(3/19-39) 21e récits)
Allah le sait mieux.
