Quelle est la signification de la formule subhana Allah wa bi hamdihi (Gloire et louange à Allah et l’expression bismillah (au nom d’Allah. J’espère en avoir une explication car j’en ai besoin dans mes prières.
Louanges à Allah
Premièrement, la formule Gloire à Allah renferme une des importantes
bases de la foi en l’unicité d’Allah, un des fondements essentiels de la
croyance en Allah le Puissant et Majestueux. Elle met en relief la
transcendance du Très-haut par rapport à tout défaut, défaillance, fausses
illusions et conjectures trompeuses.
Son sens étymologique renvoie à cette acception car elle dérive de sabh (= éloignement). A ce propos, l’érudit, Ibn
Faris dit : subhana min kadha = qu’il est loin ou combien il est loin !
C’est dans ce sens qu’Al-Amach dit
Qu’il est loin d’avoir de quoi être fier !
Ai-je dit, quand j’ai reçu ses propos dans lesquels il se glorifie !
Pour certains, le poète entend
dire : qu’il est étonnant de le voir se montrer fier. Ce qui n’est pas
loin du sens apparent car on y exclut l’existence d’un réel motif de
fierté. » Extrait de Mou’djam maqaayiis al-lougha (3/96).
Glorifier Allah le Puissant et Majestueux consiste à L’éloigner par la
pensée de tout défaut, à ne pas Lui attribuer le mal et à écarter de Lui tout
manquement dont polythéistes et athées l’accusent. Le contexte coranique
favorise ce sens puisque le Très-haut dit : «Il est supérieur à tout ce
qu’ils décrivent » (Coran, 23 :91) et : «Gloire à Allah. Il
est au-dessus de ce qu’ils décrivent. » (Coran, 37 :159) et :
«Gloire à Allah ! Il transcende ce qu’ils Lui associent » (Coran,
59 :23)
Abonde dans le même sens ce hadith rapporté par l’imam Ahmad dans al-Mousnad (5/384) d’après Houdhayfah
(P.A.a) à propos de la description de la manière dont
le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) accomplissait ses prières
nocturnes : «Quand il arrivait à un verset qui évoque la sanctification
d’Allah le Puissant et Majestueux, il Le sanctifiait. » (Jugé authentique
par al-Albani dans Sahih al-Djamee
(4782) et par les réviseurs d’al- Mousnad.
Dans son ouvrage intitulé ad-duaa, l’imam
at-Tabarani a rapporté une collection de traditions
visant à expliquer ce mot (subhana). Elles sont
regroupées sous un chapitre intitulé tasbiih.
Voir les pages 498-500. On y lit notamment : « D’après Ibn Abbas (P.A.a) subhana Allah
exprime la sanctification d’Allah le Puissant et Majestueux et Sa transcendance
absolue. Selon Yazid ibn al-Asam, un homme s’est présenté à Ibn Abbas (P.A.a) et lui a dit : «Nous savons qu’il n’y a pas
de divinité en dehors d’Allah exclut l’existence d’une divinité à côté
d’Allah, que louange à Allah signifie qu’Allah est la source de tous les
bienfaits et qu’Il reste le seul à mériter d’être loué, qu’Allah est le plus
grand exclut qu’on puisse l’égaler dans Sa grandeur. Que signifie subhana Allah ? (Gloire à Allah).
-«Un mot qu’Allah le Puissant et Majestueux a agréé pour Lui-même et recommandé
à Ses anges et qui émeut profondément les meilleurs de Ses créatures. »
Abdoullah ibn Bourydah a évoqué le cas d’un homme
qui a interrogé Ali (P.A.a) sur le sens de subhana Allah. Ali lui a dit : «c’est
une glorification de la majesté d’Allah. »
Pour Moudjahid, le tasbiih consiste à
exclure tout mal de la part d’Allah. Pour Maymoun ibn
Mahran, subhana
Allah revient à glorifier Allah à l’aide de tout nom utilisé dans ce sens.
Pour al-Hassan, subhana Allah est un
nom protégé qu’aucune créature n’a pu inventer. Pour Abou Oubaydah
Muammar ibn al-Mouthanna, subhana Allah est une parfaite sanctification
d’Allah.
At-Tabarani affirme avoir entendu al-Fadhl ibn al-Houbab dire :
«J’ai entendu Ibn Aicha dire : quand les Arabes contestent une chose
qu’ils trouvent monstrueuse, ils disent subhana
Allah ! C’est comme si cette expression sert à sanctifier Allah le
Puissant et Majestueux et à affirmer Sa transcendance par rapport à tout mal ou
tout attribut qui ne peut être le Sien. Le terme subhana
est mis en accusation parce qu’il signifie : Allah soit glorifié.
Cheikh al-islam, Ibn Taymiyah (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit : «L’ordre allant dans le sens de Sa
glorification implique que celle-ci exclut tout défaut et tout mal, et inclut
l’affirmation des attributs de perfection. En effet, la glorification implique
la sanctification. Témoigner de la grandeur d’Allah c’est affirmer qu’Il
possède tous les attributs qui justifient qu’on Le loue. De tout cela découle
la nécessité de Le sanctifier, de Le louer et d’attester Sa grandeur et Son
unicité. » Extrait de Madjmou
al-fatwas (5/125).
Deuxièmement, quant au sens de louange à Lui, on peut l’expliquer
succinctement en disant qu’il implique la glorification et la louange parce que
l’un des éléments composant la phrase décrit l’état du sujet au moment de
l’action ou son rattachement (à l’élément qui le précède) par une conjonction
de coordination. La phrase devrait se présenter comme suit :
«Je glorifie Allah Très-haut tout en Le louant ou je glorifie Allah
Très-haut et Le loue. »
Al-Hafedz Ibn Hadjar
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : «L’expression wa bi hamdihi (et
louange à Lui) contient la conjonction waaw
qui introduit l’état de l’agent au moment de l’action. La phrase devrait se
présenter comme suit : je glorifie Allah tout en Le louant (c’est-à-dire
en continuant de Le louer) pour Son assistance. Pour d’autres, le waaw reste une conjonction de coordination. Dans ce
cas, la phrase devait se présenter comme suit : je glorifie Allah et Le
loue en même temps.
La lettre baa peut avoir été rattachée à
un élément éludé qui le précédait. Ce qui donnerait la phrase suivante :
je Lui rends un hommage et y ajoute la louange. Dans ce cas, subhana Allah constitue une sentence à part
et wa bi hamdihi
une autre toute indépendante.
Al-Khattabi dit dans son explication du
hadith : subhaanaka Allahoumma, rabbana wa bihamdika (=Gloire à Toi,
notre Maître. Louange à Toi.) : « C’est grâce à Ta force qui constitue un
bienfait pour lequel Tu mérites d’être loué que je Te glorifie. Ce n’est pas
par mes moyens et ma force que je l’ai fait. » Al-Khattabi
semble vouloir dire que là on a substitue la cause au facteur qui l’a
déterminée. » Extrait de Fateh al-Bari (13/541).
Voir an-Nihaya fii gharib al-hadith par Ibn al-Athir
(1/457).
Troisièmement, s’agissant de la question portant sur la basmalah
(bismillah), on l’a déjà expliqué et commenté
clairement dans le cadre de la réponse donnée à la question
n° 21722.
Allah le sait mieux.
