Comment juger la distribution aux non musulmans de prospectus et de dépliants portant sur la prédication islamique qui contiennent des versets coraniques quand on sait que ces feuilles peuvent finir leur course dans une poubelle ou dans la rue, la cible n’étant pas musulmane. N’ y a-t-il pas là une raison pour éviter cette activité? Est il juste de notre part de leur remettre de telles publications tout en sachant qu’ils ne veillent à observer la propreté rituelle requise et que seuls les gens propres peuvent toucher le Coran?

Louanges à Allah

Premièrement, la distribution de prospectus et
de dépliants portant sur la prédication islamique fait partie des œuvres de
charité et de l’appel à Allah . Beaucoup de gens en
tirent profit, notamment des non musulmans. C’est un moyen de diffusion de la
religion d’Allah et d’établir pour tous la preuve de sa justesse et de leur
transmettre les messages de leur Maître. Mais cette activité doit être menée
sur la base de règles et  selon des moyens
bien étudiés et aptes à réaliser l’objectif visé de manière satisfaisante et
sans violer les dispositions de la Charia.

Deuxièmement, les prospectus et dépliants
comportant des versets coraniques ne sont pas assimilables au Coran.  On ne peut pas dire que celui qui les touche
a touché le Coran. Car les éléments coraniques qu’ils contiennent sont mélangés
avec d’autres éléments. Ils peuvent certes être assimilés aux livres de droit
musulman, d’exégèse et consort. Dès lors, il est permis au non musulman de les
toucher.

Ibn Qoudamah (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «Quant au verset que le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) envoya à Hercule par correspondance, cela
visait la communication, le verset faisant partie d’un message. Tout verset
cité dans un livre de droit musulman ou autre n’empêche pas la possibilité de
toucher le livre car celui-ci ne devient pas assimilable au Coran.» Extrait d’al-Moughni (1/109).

Cheikh Ibn Baz (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Certains ulémas soutiennent qu’on peut
permettre à un non musulman de toucher le Coran si on espère qu’il se
convertira à l’Islam. Ils arguent que le Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) a cité ce verset: «Dis: « Ô gens du Livre, venez à une
parole commune entre nous et vous: que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui
associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en
dehors d’Allah ». Puis, s’ils tournent le dos, dites: « Soyez témoins
que nous, nous sommes soumis» (Coran,3: 64) dans la
correspondance qu’il adressa à Hercule, roi de Byzance. Ils disent que voilà un
important verset du livre d’Allah transmis par écrit à Hercule. Ce qui est
juste est que ce n’est pas une preuve. On n’y trouve que la permission de citer
un verset ou deux du Coran. Quant à la remise du Coran à un non musulman, il
n’est pas rapporté de façon sûre que le Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) l’ait faite.» Extrait de Majdmou‘ Fatawa Ibn Baz (24/241-241).

Troisièmement, si les livres et dépliants sont
traduits dans une langue autre que l’arabe, la chose est facile. Il n’ y a
aucun inconvénient à ce que le mécréant touche une traduction des sens du Saint
Coran dans une langue autre que l’arabe, même s’il s’agit d’une traduction
intégrale car la traduction est une explication des sens du Coran mais elle
n’est pas assimilable au Coran. On n’empêche pas au mécréant de toucher des
livres d’exégèse du Coran ou de sciences islamiques, à moins qu’il ne s’agisse
d’un acte de mépris.» Voir la réponse donnée à la question
n° 119323.

En somme, rien n’empêche la diffusion des
dépliants et lettres de prédication, même s’ils contiennent  des versets du saint Coran ou des hadiths du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui). Il n’ y a aucun inconvénient à
donner à un mécréant la possibilité de les toucher et de les lire car cela peut
permettre de réaliser d’importants intérêts, notamment  le fait de faire connaître la religion d’Allah
et d’établir la preuve (de sa véracité) en la diffusant. L’intérêt que
constitue sa transmission (au non musulman) dans l’espoir  de le convertir à l’islam l’emporte sur
l’inconvénient que représente le fait de le mettre à sa disposition.
L’interdiction d’imprimer ces livres et lettres destinés aux non musulmans fait
perdre un grand bien et limitent les voies de la diffusion de l’appel à Allah
au sein des mécréants.

S’agissant
du de jeter les dépliants dans une poubelle, cela n’est pas permis par la
religion. Mais la responsabilité de cela concerne celui qui le fait
directement. Quant à celui qui les a imprimés et diffusé ou financés, il sera
rétribué pour son ouvres  et n’assumera
aucune responsabilité dans les actes des autres. Voir la réponse donnée à la question n°
39376. Si on peut y inclure un
avertissement pour éviter qu’on les jette dans un mauvais endroit ou qu’on les
dépose une fois utilisés dans un endroit convenable déterminé, c’est encore
mieux. Voir les réponses données à la question n°
96646 et à la question n°100228.

Allah le
sait mieux.