Le contact direct avec les parties intimes d’un enfant de six ans annule-t-il les ablutions ?
Louanges à Allah
Une divergence de vues oppose les ulémas sur la
question de savoir si le contact direct avec les parties intimes d’un enfant
annule les ablutions. Les uns soutiennent que les ablutions s’annulent dès
qu’on touche les parties intimes d’un enfant comme cela arrive avec un adulte.
Ibn Qudama (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit : «Selon l’avis allant dans le sens de l’annulation des
ablutions dès qu’on touche le sexe, aucune distinction n’existe entre le mâle
et la femelle, ni entre le sexe du tout petit et celui de l’adulte. »
Extrait légèrement modifié d’al-Moughni (1/118).
La Commission permanente pour la consultance a
été interrogée en ces termes : « Le contact direct avec les parties
intimes de mon petit enfant quand je lui change ses vêtements entraîne-t-il la
rupture de mes ablutions ? » Voici sa réponse : «Le contact
direct avec les parties intimes entraîne la rupture des ablutions. Que celui
dont on touche lesdites parties soit un enfant ou un adulte. Ceci repose sur ce
hadith sûr reçu du Prophète (Bénédiction et salut sur lui) qui dit : «Que
celui qui touche son sexe refasse ses ablutions. » Toucher est comme toucher
celui d’autrui. » Extrait des fatwas de la Commission permanente (5/265).
Le second avis est que le contact direct avec les
parties intimes d’un enfant n’entraîne pas la rupture des ablutions.
Ibn Qudama (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit : «Selon az-Zouhri et al-Awzaei, celui qui touche le sexe d’un enfant n’a pas à
renouveler ses ablutions car il est permis de le toucher et de le
regarder. » Extrait d’al-Moughni (1/118).
Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes :
«Le lavage du sexe de l’enfant entraîne-t-il la rupture des ablutions ? »
Voici sa réponse : « Non. C’est-à-dire que
le contact avec le sexe d’un enfant n’entraîne pas la rupture des ablutions.
Mieux, même le contact direct avec le sexe d’un adulte n’entraîne pas la
rupture des ablutions, à moins qu’il s’accompagne de la sensation du plaisir.
Cet avis nous permet de concilier le hadith de Talq
ibn Ali et celui de Bousrah bint
Safwan. Selon le premier, le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) fut interrogé sur le cas d’un homme qui touche son sexe
alors qu’il prie pour savoir s’il doit reprendre ses ablutions ou pas ? »
Quant au hadith de Bousrah, il se présente en ces
termes : «Que celui qui touche son sexe refasse ses ablutions. »
Nous disons que si l’acte est accompli avec
plaisir, on doit refaire ses ablutions. Autrement, on n’est pas tenu de le
faire. Cette différenciation est inspirée par cette parole du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) :«Il (le sexe) n’est rien d’autre
que l’un de tes organes. » Si on le touche, on fait comme si on touchait
ses autres organes. On sait bien que l’on ne touche pas ses organes pour
éprouver du plaisir, n’est-ce pas ? Bon, nous disons que si on touche son
sexe (spontanément) comme on touche ses autres organes, on n’a pas à renouveler
ses ablutions. Si on le fait de manière à y éprouver un plaisir, on doit refaire
ses ablutions puisque l’acte peut provoquer la sortie inconsciente de quelque
chose qui s’accompagne de plaisir.
En somme, le contact direct avec le sexe d’un
enfant ou d’un adulte n’entraîne la rupture des ablutions que quand il
s’accompagne d’une sensation de plaisir. Celui qui lave le sexe d’un enfant
n’éprouve aucun plaisir. » Extrait de Liqaa
al-Bab al-maftouh.
Le second avis
reste- Allah le sait mieux- plus crédible. D’après cet avis, les ablutions de
la mère ne s’annulent pas quand elle touche les parties intimes de son enfant car
c’est un acte dont tout le monde a besoin. Pourtant, il n’a jamais été rapporté
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) avait donné aux femmes
des compagnons l’ordre de reprendre leurs ablutions chaque fois qu’elles
étaient obligées de toucher les parties intimes de leurs enfants en dépit de l’habitude
courante selon laquelle la femme touche
fréquemment les parties intimes de son enfant.
Voir la réponse donnée à la
question n°
126288.
Allah le sait
mieux.
