Il y a une question qui me préoccupe et à laquelle je ne troupe pas de réponse. Nous lisons dans le saint Coran que Jésus (PSL) ne fut ni tué ni crucifié et que son exécution et sa crucifixion furent simulées pour les Chrétiens. Ce qui signifie qu’il est normal que les Chrétiens croient que le Christ est mort et crucifié. Ils en ont le droit d’autant plus que cette croyance résulte d’un témoignage sensoriel qu’ils se sont toujours retransmis. Pourquoi Allah leurs fit-Il voir quelque chose d’irréel? Comment pourraient-ils croire une chose contraire à ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux?
Louanges à Allah
On ne trouve ni dans le saint Coran ni dans la Sunna
une sentence selon la quelle les Chrétiens anciens
(ceux ayant vécu avant la mission de Muhammad (Bénédiction et salut soient sur
lui) étaient mécréants à cause de leur croyance que le Christ fut tué et
crucifié. Au contraire, Allah le Puissant et Majestueux les a jugés mécréants
parce qu’ils prenaient le Christ pour un dieu et qu’ils croyaient en
l’existence de trois
dieux: le père , le fils et le saint esprit.
A ce propos, le Très-haut dit:«
Sont de véritables négateurs ceux qui disent : «Dieu, c’est le Messie, fils de
Marie.» Le Messie n’a-t-il pas dit lui-même :
«Ô Fils d’Israël ! Adorez Dieu qui est mon Seigneur et le Vôtre.»
Quiconque donne des associés à Dieu, Dieu lui interdira l’entrée du Paradis et
lui réservera l’Enfer pour séjour ; les injustes ne bénéficieront d’aucun
secours.
Sont aussi impies ceux qui disent :
«Dieu est le troisième d’une Trinité !», alors qu’il n’y a de divinité que Dieu
l’Unique ! S’ils n’en finissent pas avec ce blasphème, un châtiment douloureux
s’abattra sur les dénégateurs d’entre eux.» (Coran,5:72-73).
On ne trouve pas dans le saint Coran:«
Sont aussi impies ceux qui disent que le Christ fut tué et crucifié!!» La
raison en est qu’Allah donna à un homme l’apparence de Jésus et il fut tué par
les ennemis de ce dernier qui le prenaient pour le Christ. Aucun des adeptes et
apôtres du Christ n’était sur place pour s’assurer de l’identité du crucifié à
l’exception de quelques femmes qui regardaient la scène de loin. Par la suite,
la nouvelle de la mort et de la crucifixion se répandit et beaucoup de gens, y
compris ses adeptes, la prirent pour vraie car ils ne savaient rien qui
permettait de la considérer comme fausse. En tant qu’être humain rien n’empêche
que le Christ pût être tué comme les Juifs avaient tué avant lui d’autres
prophètes. Il y avait là une excuse pour celui qui adoptait cette fausse
croyance.
Nous partageons votre avis selon lequel il est
normal selon votre expression que les Chrétiens – nous entendons par là les anciens
ayant vécu avant la mission de notre Prophète (Bénédiction et saluts soient sur
lui)- avaient cru en la mise à l’exécution et à la crucifixion de Jésus (PSL).
Cependant, après la mission du Messager (Bénédiction
et salut soient sur lui) et la révélation du Coran, qui exclut catégoriquement
l’exécution et la crucifixion du Christ, toute personne qui croit à l’exécution
et à la crucifixion du Christ devient mécréante pour avoir démenti une
information fournie par Allah et étayée par des arguments irréfutables et des
miracles qui prouvent que le Coran est la vraie parole d’Allah et n’est pas
comme la parole d’un humain.
Celui parmi les adeptes du Christ antérieurs à la
prophétie de notre Prophète, Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) qui
crut au Christ comme un prophète et messager et non comme un dieu ou un fils de
Dieu et suivit ses enseignements tout en se trompant de manière à croire qu’il
fut tué et crucifié, cette personne là reste un
croyant monothéiste et sa croyance erronée reste excusable.
Ibn Taymiyah (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Si on dit que les
Apôtres ou une parti d’entre eux ou un bon nombre des
gens du livre ou la plupart d’entre eux croyaient par erreur que le Christ lui-même fut
crucifié, cette erreur ne remit pas en cause leur foi au Christ s’ils avaient
adhéré à son message et leur erreur n’entraine pas nécessairement leur envoi en
enfer. En effet, les Evangiles disponibles entre les mains des gens du livre
mentionnent la crucifixion du Christ.» Extrait de al-Djawab as-sahih
(2/302).
Toutefois, cette excuse là
disparut après l’avènement de la nouvelle juste donnée par le Maître des
univers dans Son livre, nouvelle selon laquelle les Juifs subirent une
simulation et qu’Allah les empêcha de se saisir réellement de la personne de Jésus et qu’Il ne leur donna
pas la possibilité de le tuer et de le crucifier. Aussi, l’excuse s’estompa -t- elle
grâce à la venue de la juste nouvelle pour le confirmer.
Ibn Hazem (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Allah le Puissant
et Majestueux n’avait pas révélé avant le Coran un livre qui aurait imposé la
reconnaissance de la crucifixion du Christ ou sa négation. C’est seulement
après la révélation du Coran qu’on est tenu de démentir la nouvelle de sa
crucifixion.» Extrait de al-fasl
fil milal wal ahwaa wa an-nihal
(1/57).
La nouvelle apportée par le saint Coran ne profite
cependant qu’à celui qui l’a reçue de manière à pouvoir la prendre pour preuve
attestant la prophétie du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) et sa
crédibilité dans ses informations et son message.
Voilà pourquoi il est pertinent d’introduire dans le
discours un appel adressé aux Juifs et aux Chrétiens pour qu’ils embrassent
l’islam, croient au Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) en tant que
prophète et messager envoyé par Allah Très-haut, prennent le Coran pour une
parole d’Allah le Puissant et Majestueux. Celui d’entre eux
qui se soumet à Allah le Maître des univers, croit à Son prophète et à Son
noble livre, il sera logiquement aisé pour lui d’admettre l’information
apportée par Allah le Puissant et Majestueux sur cette affaire: « et également
pour avoir dit : «Nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, prophète de
Dieu», alors qu’ils ne l’ont point tué et qu’ils ne l’ont point crucifié, mais
ont été seulement victimes d’une illusion, car même ceux qui se sont livrés
ensuite à des controverses à son sujet sont encore réduits, faute de preuves, à
de simples conjectures. En réalité, ils ne l’ont point tué, mais c’est
Allah qui l’a élevé vers Lui, car Allah est Puissant et Sage.» (Coran,157-158). Qu’est-ce qu’il y a d’impossible dans le discours
coranique? Quant on sait que
nous parlons du prophète-messager que fut Jésus (PSL), qui ressuscita des
morts, guérit miraculeusement des sourds-muets et lépreux et parla dans son berceau; choses qui toutes défièrent les lois universelles
et humaines. Pourquoi exclure qu’Allah le Puissant et Majestueux pût présenter
une simulation à ceux qui assistèrent à la crucifixion?!
Que y a-t-il d’impossible dans cette information?! Allah le Puissant et Majestueux soutient Ses messagers et les
défend par Sa grâce et Sa puissance afin de constituer au profit de Jésus une
réserve (épargne) auprès du Transcendant (qui sera dévoilé) à la fin des temps?!
Voilà pourquoi le musulman ne s’adresse pas au
chrétien pour évoquer en priorité le sujet de la crucifixion et débattre de la
question de savoir si elle est réelle ou pas, à moins qu’on se situe sur le
terrain de la recherche purement historique. S’il s’agit d’administrer la
preuve du statut de l’islam en tant que la religion qui mérite le mieux d’être
adoptée parce qu’ayant abrogé les religions antérieures, se focaliser sur la crucifixion ne
serait dans ce cas ni efficace ni utile.
La tournée agnostique devrait commencer par la réflexion sur l’unicité d’Allah le
Transcendant avant de s’étendre à la prophétie du Sceau des Messagers ,
Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui). Celui qui récuse ces deux
piliers, démentirait les autres avec plus de détermination et se radicaliserait
dans le démenti. Celui qui y croit se montrerait plus attaché au dogme
tiré du Coran à propos de la crucifixion.
Si le vis-à-vis croit en la parole d’Allah, le
musulman peut alors s’engager dans une recherche historique relative à la
crucifixion à la lumière de la négation définitive par le saint Coran de
l’exécution et de la crucifixion du Christ (PSL) par ses ennemis.
Le musulman découvrirait que le discours sur le
‘témoignage sensoriel’ évoqué dans la question est bien discutable. Car nul ne
possède des textes historiques prouvant des affirmations nombreuses et
concordantes sur ‘les témoignages sensoriels sur la crucifixion’.Nous
ne possédons rien qui confirme les témoignages oculaires concernant la
crucifixion. Le Coran affirme qu’il s’agit d’une simulation faite pour les
comploteurs contre le Christ. Il n’évoque pas la présence de témoins oculaires
impartiaux ou issus des adeptes du Christ (PSL) qui auraient été victimes de la
simulation. Les Evangiles imprimées de nos jours ne mentionnent autre chose que
le témoignage d’une poignée de femmes s’étant aperçu de la scène de loin et non
de près. Ce qui n’exclut pas qu’elles fussent victimes
de la simulation. Un tel constat à distance ne peut pas fonder la concordance ( de faits) que certaines (personnes) croient.
L’imam as-Sarakhsi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit: «Leur
argument fondé sur la transmission par les Chrétiens et les Juifs de
l’exécution et la crucifixion du Christ est illusoire car aucune transmission
par des voies concordante n’existe sur le sujet. Les Chrétiens reçurent la
nouvelle de quatre individus qui se trouvaient dans la même maison que le
Christ puisque les Apôtres
s’étaient divisés ou dispersés au moment où les juifs
s’apprêtaient à les tuer…. Les Juifs l’ont reçu de sept individus qui avaient
pénétré dans la maison où se trouvait le Christ. Or un tel nombre de personne
peuvent se mettre d’accord à mentir..Il
est rapporté qu’ils ne connaissaient pas le Christ réellement et que ce fut un
homme du nom de Yahodha, un ancien compagnon du
Christ, qui leur indiqua le lieu où il se trouvait. Cette manière d’informer ne
repose pas sur des éléments concordants.
Si on dit que la crucifixion fut constatée par un
groupe qu’il est inconcevable qu’il se mît d’accord à mentir et que leur
information revêt la concordance requise pour accréditer la crucifixion.., nous disons : non. La pratique de la crucifixion ne fut
évoquée que par un petit nombre de gens et les autres adhèrent par la suite à
leur information selon laquelle le crucifié était untel
qu’il avaient aperçu de loin sans réfléchir sur
l’affaire. Car l’on répugne naturellement à contempler un crucifié.
Le deuxième est que la transmission par des voies
concordantes concerne la nouvelle de la crucifixion d’un homme qu’ils
connaissaient. Cette transmission fondent une
connaissance certaine de son objet.
Cependant,
l’homme simulé n’était pas Jésus comme le dit le Très-haut:
«Mais on leur a montré une simulation. Selon une information, Jésus (PSL) dit à
ceux qui étaient avec lui:« L’un d’entre vous
voudrait-il que Très-haut lui donne mon apparence et qu’il se fasse tuer pour
accéder au paradis? C’est alors qu’un homme répondit:
«Moi.» Allah Très-haut lui donna l’apparence de Jésus et il fut exécuté tandis
que Jésus fut élevé au ciel.» Extrait de al-oussol de Sarakhsi
(1/285-286).
Nous avons été brefs dans notre réponse puisque nous
nous contentons de ce qui a été déjà dit sur le sujet dans la fatwa n°
224199, 225709.
En somme, les Chrétiens ayant vécu avant l’avènement
de la mission de notre prophète Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui)
étaient excusés dans leur croyance à l’exécution et à la crucifixion du Christ.
Quant à ceux venus après la mission de Muhammad (Bénédiction et salut soient
sur lui) et l’apparition d’arguments et de miracles attestant sa véracité et sa
prophétie, nulle excuse n’est accordée à celui d’entre eux qui en constaté la
preuve et reçu l’islam et le Coran, s’il persiste à s’opposer à l’apport du
Messager (Bénédiction et salut soient sur lui).
