A-t-il été rapporté de façon sûre que les croyants verront leur Maître dans l’Au-delà ?
Louange à Allah
Les bienfaits qu’Allah
a accordés à Ses serviteurs sont innombrables. Allah a privilégié les croyants
ici-bas puisqu’il les a gratifié de l’adhésion à l’Islam, leur a choisi le
Coran et leur réservera au paradis le plus grand bienfait qu’ils auront reçu.
Il s’agira de leur accorder l’honneur de contempler Son noble visage dans
le paradis d’Eden conformément à la parole du Très Haut : «Ce jour- là,
il y aura des visages resplendissants qui regarderont
leur Seigneur » (Coran, 75 : 22-23). Ces versets signifient que
les visages des croyants seront beaux et joyeux parce irradiés par les effets
du regard qu’ils jèteront sur le visage de leur Maître. C’est dans ce sens
qu’al-Hassan (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Ils
regarderont leur Maître et seront illuminés grâce à Sa lumière ».
En guise de commentaire
du verset : «des visages resplendissants qui regarderont
leur Seigneur » , Ibn Abbas (P.A.a) dit : « c’est une grâce
pour les visages que de regarder réellement le visage de leur Maître ».
C’est cette explication qui est retenue par les exégètes membres de la communauté
fidèle à la Sunna et aux hadith.
Le Majestueux a dit :
«Il y aura là pour eux tout ce qu’ ils voudront. Et auprès de Nous il y a
davantage encore. » (Coran, 50 : 35). Le surplus en question ici
est le regard jeté sur le visage d’Allah le Puissant et Majestueux. C’est
l’explication donnée par Ali et Anas ibn Malick (P.A.a). Le Transcendant dit
encore : «À ceux qui agissent en bien est réservée la meilleure
(récompense). » (Coran, 10 : 26).
Si vous savez que les
pensionnaires du paradis n’y recevront pas un bienfait qui leur soit plus
précieux que le regard qu’ils jetteront sur le visage de leur Maître, l’Auguste,
le Majestueux, vous réalisez du coup l’étendue de la frustration, et l’énormité
de la perte prévue pour les criminels exposés à une menace divine exprimée
en ces termes : «Qu’ ils prennent garde! En vérité ce jour- là un voile
les empêchera de voir leur Seigneur, » (Coran, 85 : 15).Puisse Allah
nous procurer la paix et la sécurité.
Une des belles paroles
de Chafii est celle rapportée par Rabi Ibn Soulayman, l’un de ses disciples,
qui a dit : « J’étais présent aux côtés de Muhammad ibn Idriss ach.
Chafii quand il reçut une feuille de la province de Saaid contenant ceci :
que dis-tu de la parole du Puissant et Majestueux : «Qu’ ils prennent
garde! En vérité ce jour- là un voile les empêchera de voir leur Seigneur, »
(Coran, 85 :15 ) – Ach. Chafii dit : « l’isolement de
ceux-ci étant dû à la colère (divine) on en déduit que Ses alliés agréés par
Lui Le verront ».
Voilà des versets du
Coran qui confirment que les croyants admis au paradis verront leur Maître.
Quant à la Sunna, elle
recèle beaucoup de textes abondant dans le même sens. En voici quelques uns :
1/ Al-Boukhari (6088)
et Mouslim (267) ont rapporté d’après un hadith d’Abou Hourayra (P.A.a) que
des gens avaient dit :
–
« Messager d’Allah ! verrons-nous notre
Maître au jour de la Résurrection ? »
–
« Avez-vous du mal à contempler la lune au
14e nuit de son apparition ? »
–
« Non, Messager d’Allah ! »
–
« Avez-vous du mal à voir le soleil dans
un ciel dégagé ? »
–
« Non »
–
« Vous Le verrez de la même manière »…
Une des versions d’al-Boukhari
se présente ainsi : « la tu dammouna aw la tudassouna »
ce qui traduit le doute de la part du rapporteur. Ces deux expressions signifient :
il n’y aura aucun flou qui susciterait le doute parmi vous à propos de votre
vision de votre Maître. Vision qui ne provoquera ni fatigue ni bousculade
de votre part. Allah le sait mieux. Voilà un résumé du Commentaire de Mouslim.
2/ Les Deux Sahih
(al-Boukhari, 6883 et Mouslim, 1002) ont cité un hadith de Djarir ibn
Abd Allah al-Badjali dans lequel ce dernier dit : « Nous étions
assis autour du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) quand il regarda
la lune au cours de la 14e nuit du mois (lunaire) et dit :
vous aurez de votre Maître une vision oculaire comme celle que vous avez en
ce moment de la lune et vous n’aurez pas à vous bousculer pour Le voir ».
La comparaison constatée
dans les hadith concerne deux visions. Ce qui signifie que de la même manière
que nous voyons le soleil dans un jour clair avec un ciel complètement dégagé
de sorte que personne ne peut empêcher personne de le voir, quel que soit
le nombre de ceux qui le regardent, et de la même manière que nous voyons
la pleine lune dans une clarté parfaite que l’importance du nombre de ceux
qui regardent l’astre ne peut pas affecter, de la manière les croyants verront
leur Maître clairement au jour de la Résurrection. Les hadith n’impliquent
point la comparaison des objets de la vision, Allah étant absolument transcendant.
En effet, rien n’est comme Lui et Il est l’Audient et le Clairvoyant.
3/ Al-Boukhari a rapporté
(sous le n° 4500) et Mouslim (sous le n° 6890) d’après Abou Moussa que le
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « deux paradis
dont les récipients et autres équipements sont en argent et deux autres paradis
dont les récipients et autres équipements sont en or (seront à la disposition
des croyants) et seul le rideau de la grandeur qui couvre Son visage au paradis
d’Eden empêcheront les gens de voir leur Maître, le Très Haut qui bénit ».
Les hadith évoquant
cette vision ont été rapporté par près de 30 Compagnons. Celui qui les maîtrise
croira fermement qu’ils ont été dits par le Messager (bénédiction et salut
soient sur lui). Quiconque soutient malgré cela qu’Allah, le Très Haut n’est
pas visible dans l’Au-delà démentit le livre (le Coran) et les messages dont
Allah a investi Ses messagers et s’expose à la grave menace véhiculée dans
la parole du Très Haut : «Qu’ ils prennent garde! En vérité ce jour-
là un voile les empêchera de voir leur Seigneur, » (Coran, 85 :
15).
Nous demandons à Allah
le pardon et la sécurité et Le supplions de nous gratifier du plaisir de regarder
Son noble visage. Amen.
Se référer à Sharh
al-Aquida at-Tahawiyya, 1/209 et pages suivantes et Aalam as-Sunna
al-Manshoura par Cheikh al-Hafiz al-Hakami, p. 141.
