Quelles sont les limites desdites parties en ce qui concerne les rapports entre une femme et son frère ? Qu’en est-il en ce qui concerne les rapports entre la fille et sa mère et sa sœur ?
Louanges à Allah
Premièrement, les parties intimes du corps de
la femme quand elle se retrouve avec ses proches parents comme son père, son
frère et son neveu comprennent tout son corps à l’exception de ce qui apparait habituellement
comme le visage, les cheveux, la nuque, les coudes et les pieds. A ce propos,
Allah Très-haut dit : «Invite également les croyantes à baisser
pudiquement une partie de leurs regards, à préserver leur vertu, à ne faire
paraître de leurs charmes que ceux qui ne peuvent être cachés, à rabattre leurs
voiles sur leurs poitrines, à ne montrer leurs atours qu’à leurs époux, leurs
pères, leurs beaux-pères, leurs fils, leurs beaux-fils, leurs frères, leurs
neveux, aux femmes musulmanes, leurs servantes, leurs esclaves, leurs
serviteurs impuissants, ou aux garçons impubères. Dis-leur aussi de ne pas
agiter les pieds pour faire deviner les autres atours de leur féminité. Ô
croyants, revenez tous à Dieu, si vous voulez assurer votre salut ! » (Coran, 24 :31)
Aussi, Allah Très-haut autorise-t-Il la femme à montrer sa parure à son mari et à ses très proches parents. Par parure, on
entend les endroits parés. La paume abrite la bague ; le poignet porte le
bracelet ; l’oreille sert de support à son boucle ; la poitrine et le
cou abritent le collier et l’anneau fait pour le pied reste à la cheville.
Abou Baker al-Djassas
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son Tafsir :
«Selon le sens apparent du verset (24/31) il est permis à la femme de montrer sa
parure à son mari et aux parents cités à côté de lui, notamment le père et les
autres. Il est bien connu que par parure on entend son support comme le visage,
la main et le poignet. Dès lors, il est permis aux personnes mentionnées de
regarder les endroits parés du corps de la femme. Il s’agit ici de la parure
intérieure car celle évoquée au début du verset est la parure extérieure qui
apparaît aux étrangers à la femme. On a permis au mari et aux proches parents
de la femme de regarder sa parure intérieure. Celle-ci renvoie, selon Ibn
Massoud et Zoubayr, aux boucles d’oreille, aux
colliers, aux bracelets et anneaux à porter au pied. A cet égard, le mari et
les autres personnes mentionnées avec lui sont au même pied d’égalité dans la
mesure où il leur est permis à tous de regarder les endroits parés au même
titre que le mari. »
Al-Baghawi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «La parole du Très-haut :
qu’elles ne montrent leurs parures » signifie qu’elles ne les montrent pas aux
personnes étrangères à elles. Il s’agit de la parure intérieure car il y a deux
sortes de parures celles qui s’affiche et celle qui reste cachée. La dernière
s’illustre à travers les anneaux à porter aux pieds, la couleur du henné
utilisée pour teinter les pieds, les bracelets portés aux poignets, les boucles
d’oreilles et les colliers. Il n’est pas permis à la femme de les montrer à
personne étrangère à elle. Par parure, on entend parler de son support. »
L’auteur de Kashf
al-quinaa (5/11) écrit :«
l’homme est autorisé à regarder le visage , le cou, la main, le pied et la
tête d’une femme issue de ses plus proches parentes. » Selon al-Qadi, en se fondant sur cette version, on permet de
regarder ce qui apparait le plus souvent comme la tête et les mains jusqu’aux
coudes. »
Ces proches parents sont à traiter selon leur
degré de parenté et par rapport à l’absence de la tentation. C’est pour cette
considération qu’on permet à la femme de montrer à son père des parties de son
corps qu’elle ne peut pas montrer à l’enfant de son mari.
Al-Qurtubi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «Après avoir mentionné les
maris, Allah Très-haut est passé à la mention des proches parents et a traité
les deux parties sur le même pied d’égalité par rapport à la possibilité pour
la femme de leur montrer sa parure. Ils n’en sont pas moins classés en fonction
des impulsions de l’âme humaine. En effet, nul doute que le fait pour le père
et le frère d’une femme de la voir dans son intimité est moins grave que le cas
de l’enfant de son mati (issu d’une autre épouse). Ce qu’il est permis à la
femme de leur montrer varie (en fonction de la personne concernée). C’est ainsi
qu’elle peut montrer à son père ce qu’elle ne peut pas montrer à l’enfant de
son mari.
Deuxièmement, ce qui est retenu chez les
jurisconsultes est que la partie intime du corps d’une femme par rapport à une
autre femme (selon la loi religieuse) s’étend du nombril aux genoux. Que la
femme concernée soit une mère, une sœur ou une étrangère à l’autre femme. Aucune femme n’est autorisée à regarder cette
partie du corps d’une autre femme sauf en cas de contrainte ou d’impérieuse
nécessité liée au traitement d’une maladie et consort.
Ceci ne signifie pas qu’une femme peut
s’installer au milieu d’autres femmes le corps en l’air à l’exception de la
partie comprise entre le nombril et le genou. Un tel comportement n’est adopté
que par des femmes insouciantes ou perverses et licencieuses. Il ne faut pas
avoir une mauvaise compréhension de la parole des jurisconsultes selon laquelle
la partie intime du corps humain est comprise entre le nombril et le genou. »
Cette parole ne concerne pas le habillement de la femme qu’elle doit observer
en permanence, notamment quand elle se retrouve avec ses sœurs et autres
proches parentes. Car c’est inconcevable et contraire à la nature. Qu’elle soit
avec ses sœurs ou ses proches parents, la femme doit porter des vêtements longs
qui traduisent sa pudeur et sa retenue. Qu’elle ne laisse apparaître que ce qui
s’affiche normalement quand elle travaille chez elle comme la tête, le cou, les
coudes et les pieds, comme nous l’avons déjà expliqué quand nous avons abordé
le sujet des proches parents avec lesquels une femme ne peut se marier.
La Commission Permanente pour la Consultance a
émis une fatwa à propos de ce qu’il est permis à la femme de laisser apparaître
en présence de ses proches parents et en présence de femmes. Nous l’avons
reproduit dans la réponse donnée à la question n°
34745.
Nous
demandons à Allah pour vous et pour nous-mêmes l’assistance et le redressement.
Allah le sait mieux.
