Devons-nous observer la sunna ou le Coran seulement?
Est-ce que le musulman doit suivre une école juridique déterminée?
Réponse:
Louange à Allah
Pour le musulman sérieux, la première question paraît surprenante.Comment
une chose évidente d’elle même parce que faisant partie des connaissances élémentaires
de la religion peut faire l’objet d’une telle question?
Mais la question étant posée, nous présentons, avec l’assistance d’Allah,
cette règle scientifique concernat la Sunna en tant que critère, la nécessité
de l’observer, son importance et le statut de celui qui la rejette.Ce qui comportera
une réponse à ceux qui remettent en cause la Sunna et à la secte égarée qui
s’appelle les Partisans du Coran (et dont le Coran est loin).Cette règle profitera
également – s’il plaît à Allah- à tous ceux qui veulent connaître la vérité sur cette question.
Les arguments qui font de la Sunna un critère religieux
Premièrement, le Coran l’indique de plusieurs manières:
1.Allah le Très Haut dit: « Quiconque obéit au Messager obéit certainement
à Allah… » (Coran,4:80) Allah rend ainsi l’obéissance à Son messager
inséparable à Son obéissance.Puis Il lie encore les deux obéissances en ces
termes: « ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager . »
(Coran,4:59…)
2.Allah le tout-Puissant a mis en garde contre la désobéissance à Son messager
(bénédiction et salut soient sur lui) et a menacé celui le désobéit de demeurer
éternellement en enfer.A ce propos, Il dit: « Que ceux, donc, qui s’ opposent
à son commandement prennent garde qu’ une épreuve ne les atteigne, ou que ne
les atteigne un châtiment douloureux. » (Coran,24:63 )
3.Allah le Très Haut a fait de l’obéissance à Son messager une des implications
de la croyance ( en Allah) et comme Il a fait de sa désobéissance une marque
d’hypocrisie.A ce propos, le Très Haut dit: « Non!… Par ton Seigneur!
Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ ils ne t’ auront demandé de juger
de leurs disputes et qu’ ils n’ auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu
auras décidé, et qu’ ils se soumettent complètement (à ta sentence).» (Coran,4:
65 )
4.Allah a donné à Ses serviteurs l’ordre de répondre à Allah et à Son messager.A
ce propos le Très Haut dit: « ô vous qui croyez! Répondez à Allah et au
Messager lorsqu’ il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie, et sachez
qu’ Allah s’ interpose entre l’ homme et son cœur, et que c’ est vers Lui que
vous serez rassemblés. » (Coran,8:24 )
5.Allah a donné à Ses serviteurs l’ordre de Lui soumettre leurs différends.A
ce propos Il dit: «Siٍ vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez- le à Allah et au Messager…).»
(Coran,4: 59 )
Deuxièmement, la Sunna elle-même indique son caractère de critère religieux
de plusieurs façons.
1.At-Tarmidhi a rapporté d’après Rafi’ que le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: « Que je ne trouve jamais l’un de vous bien insatllé sur son
divan dire quand on lui rapporte mes ordres et mes interdits: je ne sais pas;
nous suivons ce que nous trouvons dans le livre d’Allah » Abou Issa a dit:
c’est un hadith « beau » et « authentique » . (voir Sunan d’at-Tarmidhi,t,Shakir, n° 2663.
D’après Irbadh ibn Saria (P.A.a) le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) a dit: « L’un de vous bien installé sur son divan oserait-il
croire qu’Allah n’a interdit que ce qui est présenté comme tel dans le Coran?Eh bien, au nom d’Allah, non; j’ai prononcé des sermons,
donné des ordres et émis des interdits qui équivalent à ce que contient en la
matière le Coran et le dépassent. » Le hadith est rapporté par Abou Dawoud
dans kitab al-kharadj wa al-imara wa al-fay’.
2.Abou Dawoud a rapporté également qu’al-Irbadh ibn Saria (P.A.a)
a dit: « A l’issue d’une prière qu’il a dirigée pour nous, le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) s’est tourné vers nous et nous a délivré
un sermon très touchant dans lequel il a dit: « Accrochez-vous à
ma sunna et à celle de mes successeurs bien guidés, tenez-y fortement, sisissez-le
avec vos dents molaires. » (cité dans kitab as-sunna du Sahih d’Abou Dawoud)
3.Le consensus indique que la Sunna est un critère religieux.
Ash-Shafi’ (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: « je ne
connais personne parmi les Compagnons et leurs successeurs immédiats à qui on
aurait rapporté une information du Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) sans qu’il
l’acceptât et le reconnût comme une sunna.Cette même attitude fut celle de la génération suivante
et ceux que nous avons rencontré; ils admettent toutes les informations reçues
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et les reconnaissent comme
sunna, louaient ceux qui en faisaient autant et critiquaient ceux qui s’y opposaient.Quiconque
agit autrement est considéré chez nous comme quelqu’un qui quitte le chemin
des Compagnons du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et leurs successeurs détenteurs de savoir jusqu’à ce jour.C’est
un partisan de lignorance.
4.Le raisonnement correct permet de considérer la Sunna comme un critère
religieux.
Le fait que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) soit le messager
d’Allah implique ( la nécessité) d’ajouter crédit aux informations qu’il apporte
et d’obéir à tous ses ordres.Or il est admis qu’il a pris des dispositions qui
s’ajoutent à ce qu’en contient le Coran.Aussi est-il faux de vouloir distinguer
le Coran et les dispositions prophétiques quand il s’agit de les accepter et de les
appliquer.Car les informations venues du Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) doivent être crues, et ses ordres obéis.
Celui qui exclut la Sunna comme critère religieux est un renégat.Car il
s’oppose à une donnée essentielle de la religion.
Quant à la deuxième question qui porte sur la nécessité pour le musulman
de suivre une école juridique déterminée, sa réponse est non.Cela ne s’impose
pas.Tout musulman non instruit doit suivre l’avis d’une autorité religieuse.Il doit interroger
celui qui jouit de sa confiance parmi les gens du savoir habilités à donner
des avis juridiques.Si l’intéressé est un étudiant capable de distinguer entre
les arguments et les autres opinions, il doit suivre l’opinion la mieux étayée
par des arguments valables tirés du Coran et de la Sunna.
Cela étant, le musulman est autorisé à suivre l’une des quatre écoles juridiques
bien connus, à condition que s’il s’avère que dans une question donnée, la vérité
est contraire à l’enseignement de l’école, il abandonne cet enseignement et
suive la vérité, même si celle-ci correspond à l’enseignement d’une autre école.Car
il s’agit de suivre la vérité que le Coran et la Sunna permettent de connaître.Les
écoles juridiques ne sont que des moyens pour connaître les dispositions légales
( religieuses) tirées des textes du Coran et de la Sunna, mais ils ne s’y substituent
pas.
Nous demandons à Allah de nous indiquer la vérité éclatante et de nous assister
à la suivre, de nous indiquer clairement le faux et de nous assister à nous en méfier.Puisse
Allah bénir notre Prophète Muhammad.
