Quand je suis devenu religieusement très engagé. Auparavant, je souriais moins souvent et avais le sentiment que les gens m’abandonnaient. Aujourd’hui, je me mets à soigner mes relations avec ma famille et mes amis pour restaurer la confiance et l’affection. Je reste fidèle à mon engagement pour la convivialité, l’ouverture d’esprit et la bonne humeur…Ce changement facilite l’appel que je leur lance dans le cadre de ma prédication. Il s’inscrit naturellement dans les limites tracées par la loi religieuse. Ma reprise de leur fréquentation peut-elle être considérée comme un acte cultuel susceptible de me valoir une récompense ?
Louanges à Allah
Le croyant doit être de
bonnes mœurs, sociable, d’abord facile, souriant et disponible envers tous. Les
gens doivent retrouver en lui les qualités qui caractérisent les musulmans. Il
doit concrétiser l’engagement en faveur des lois religieuses. Il ne doit être
ni dur, ni grossier ni mou ni vulgaire. Il ne cherche pas à satisfaire les gens
au point de susciter le mécontentement d’Allah. Et il ne craint pas qu’on lui
reproche sa soumission à Allah. Sa droiture n’exclut pas le sourire et la
plaisanterie sensée. Elle ne le pousse pas vers l’isolement et le refus de la
fréquentation des autres. Au contraire, il les fréquente, les salue, leur
sourit, leur serre la main, plaisante avec eux et leur réserve un bon accueil.
Ce traitement les rend attentifs à ses prêches, conseils et orientations. Il
demeure proche des gens pour partager leurs heurs et malheurs. Il traite son
coreligionnaire en frère prêt à secourir, en fidèle compagnon et en ami
chaleureux. Il partage ses moments de joie et de tristesse et le console en cas
d’affliction. Nul, en vérité, n’est plus utile aux autres que le musulman qui
se conforme aux règles de conduite établie par la loi tolérante.
La Sunna enseigne cet
ensemble de nobles règles et de belles meurs. Nous citerons ci-après une infime
partie de ces enseignements :
-At-Tabarani
a rapporté dans al-Moudjam al-Awsat
(4422) d’après Abou Said al-Khoudri
que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Les
croyants les plus parfaits sont ceux qui possèdent les meilleures mœurs, ceux
qui font preuve de douceur et de convivialité. N’est pas des nôtres celui qui
se veut infréquentable. » (Jugé bon par al-Albani dans as-Sahihah (751).
-Al-Bazzar,
9319 a rapporté d’après Abou Hourayrah (P.A.a) que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) a dit : «Vos biens ne vous permettent pas de satisfaire tout le monde
mais vous pouvez y parvenir grâce à vos bonnes mœurs et votre abord
facile. » (Jugé bon par al-Albani dans Sahih
at-targhib, 2661.
-Al-Bokhari, 6927 et Mouslim, 2593 ont rapporté d’après Aicha (P.A.a)
que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
«Certes, Allah est doux et Il aime la douceur et réserve à celle-ci une
récompense contraire à celle qu’on doit à la violence et à tout autre comportement
non empreint de douceur. »
-At-Tirmidhi, 2488 a rapporté d’après Abdoullah ibn Massoud que le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Ne vais-je
pas vous informer sur celui qui sera protégé de l’enfer ou interdit à celui-ci
de l’accueillir ? C’est toute personne proche et accessible (aux autres)
parce que d’abord facile. » (Jugé authentique dans Sahihi
at-Tirmidhi.
-Mouslim, 2626 a rapporté d’après Abou Dharr
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Ne sous-estimez
aucun bon acte, fût-ce le fait d’accueillir votre coreligionnaire le visage
radieux. »
-At-Tirmidhi,
1956 a rapporté d’après Abou Dharr que le Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Accueillir votre
coreligionnaire avec un sourire constitue déjà une aumône. » (Jugé
authentique par al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi.
-At-Tirmidhi,
1984 a rapporté d’après Ali que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) a dit : «Certes, le paradis abrient des chambres dont on peut voir
l’intérieur à partir de l’extérieur et l’extérieur à partir de l’intérieur. »
A cet instant, un bédouin se dressa et dit : « A qui appartiennent
–elles, ô Messager d’Allah ? »- A celui qui sait tenir un bon
langage, offrir de la nourriture, observer durablement le jeûne et se mettre à
prier quand les autres dorment. » Répondit-il. (Jugé bon par al-Albani
dans Sahih at-Tirmidhi).
-Al-Bokhari, 12 et Mouslim, 39 ont rapporté d’après Abdoullah ibn Amer (P.A.a) qu’un homme interrogea le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) en ces termes : «Quelle est la meilleure expression
de l’islam ? »-«Offrir de la nourriture et saluer celui que tu connais
et celui que tu ne connais pas. » Dit-il (le prophète).
-Al-Bokhari, 6035 et Mouslim, 2321 ont rapporté d’après Abdoullah ibn Amer (P.A.a) que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : «Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui possèdent les
meilleurs mœurs. »
-An-Nawawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «Le hadith incite à
l’acquisition de belles mœurs et explique le mérite de celui qui les possède.
C’est le cas des prophètes et alliés d’Allah Très-haut. A ce propos, al-Hassan
al-Bassri dit : «Les vraies bonnes mœurs
impliquent le don de ce qu’on possède de bon, la protection d’autrui contre
toute malfaisance et l’affichage d’un visage radieux. »
-Pour al-Qadi
Iyadh, c’est savoir bien se présenter aux gens avec
hilarité, affection et tendresse. C’est
encore les tolérer , les supporter , ne pas s’impatienter devant eux
quand ils sont en difficulté, éviter toute manifestation d’orgueil et de
complexe de supériorité à leur égard, éviter tout geste brutal ou dicté par la
colère et le désir de se venger. »
Votre décision de
reprendre le sourire, de regagner la confiance, de rester sociable, d’échanger
des plaisanteries et de fréquenter les autres dans la limite de ce que la loi
permet et donc sans excès ni laxisme est pertinente. Il faut que tout cela soit
doublé de l’intention de les appeler à Allah, de leur donner des conseils, de
leur ordonner le bien et de leur interdire le mal. Voilà un avis juste, une
sage démarche et un pas sérieux franchi dans la voie de la prédication.
Celui qui acquière les
bonnes mœurs des musulmans et s’y
conforme dans son traitement des autres, les fréquente et se rapproche d’eux
dans le but de complaire à Allah et pour pouvoir les appeler et les conseiller
sera doublement récompensé ; d’une part à cause de son acquisition des
bonnes mœurs et , d’autre part, parce
qu’il se rapproche des gens pour les appeler à Allah et non pour réaliser un
gain ou satisfaire un besoin (immédiat).
Voir la réponse donnée à
la question n°
122505 et la réponse donnée à la question
n°114437.
Allah le sait mieux.
