Nous disons que les sept lectures sont reçues par des voies concordantes et constituent une révélation divine…Comment ça quand on sait que la notion de concordance n’ apparut pas avant Moudjahid, le septième des sept (lecteurs)?

Louanges à Allah

Premièrement, la majorité des ulémas issus des spécialistes des lectures
(du Coran) et des fondements des études sur le  Coran soutiennent que les sept
lectures du Coran sont reçues par des voies concordantes depuis le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui). Certains ulémas comme Abou Chammah, selon une version, et at-Touqui
et Chawkaani, disent le contraire. Le premier avis
adopté par le public est juste et incontournable.

Chihabouddine ad-Dilyati (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Selon ce qu’écrit la couronne des imams, Tadjouddine, Abdoul Wahhab as-Soubki, dans ses fatwas:« Les sept lectures retenues par ach-Chatibi et les trois que sont la lecture d’Abou Djafaar, la lecture de Khalaf et
la lecture de Yaaqoub sont toutes reçues par des
voies concordantes nécessairement connues dans la religion comme étant révélées
au Messager d’Allah. Seul un ignorant persiste à le nier. La concordance des
voies de transmission n’est pas reconnue par les seuls lecteurs eux-mêmes mais
aussi par tout musulman qui atteste qu’il n’y a pas de dieu en dehors d’Allah
et que Muhammad est le Messager d’Allah, fût-il un homme du commun grossier qui
ne sait par cœur une seule lettre du Coran.» … Puis il poursuit: « Pour le
démontrer, on risquerait d’être long et produire des preuves éclatantes que ce
papier ne saurait contenir…Il revient à tout musulman de considérer comme son
droit de croire en Allah Très-haut et de croire résolument que ce que nous
avons mentionné est l’objet d’une transmission concordante connue avec une
certitude que le doute et le soupçon ne sauraient ébranler.»

En somme, les sept lectures sont reçues par des voies concordantes de
l’avis de tous. Il en est ainsi des trois lectures adoptées par Abou Djaffaar, par Yacoub et par Khalaf. Ce qui est justement choisi, c’est ce que nous avons
reçu de l’ensemble des nos maîtres et adopté. Nous
retenons que les quatre qu’on y a ajouté, à savoir celles d’Ibn Mouhaysin, d’al-Yazidi,
d’al-Hassan et d’al-Aamach sont rares de l’avis de
tous.» Extrait de Ithaaf
foudhalaa al-bachar fil quiraaat al-arbaa achar
, p.9.

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit:« Nos condisciples et d’autres ont
dit:« il est permis en prière comme ailleurs d’utiliser l’une des sept lectures
mais il n’est permis  ni en prière ni
ailleurs d’utiliser l’une des lectures rares car ces dernières ne sont pas du
Coran, celui-ci ne pouvant être admis que par des voies concordantes. Ce qui
est le cas des sept lectures. Voilà ce qui est juste et incontournable. Celui
qui dit le contraire est soit un imposteur , soit un
ignorant.» Extrait  d’al-Madjmou (3/392).

Ibn Nadjaaar al-Fatouhi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit:« Les
sept lectures sont reçues par des voies concordantes selon les quatre Imams et
d’autres imams issus des ulémas de la communauté sunnite d’après l’affirmation
d’as-Sarakhsi, un compagnon de Chafii
dans le chapitre sur le jeûne de son livre intitulé al-Ghayah.
Les Mutazilites disent, eux, que les lectures sont transmises par des voies
individuelles.» Extrait de charh al-kawkab al-mounir (2/127).

Az-Zarqaani (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) écrit:« La vérification
bien argumentée révèle que les dix lectures sont toutes transmises par des
voies concordantes. C’est l’avis des vérificateurs issus des spécialistes des fondements de l’études du Coran et spécialistes de des
lectures comme as-Soublki, Ibn al-Djazri
et an-Nouwayri.» Extrait de Manahil
al-irfaan
(1/441).

Deuxièmement, certains esprits peuvent être hantés par l’idée que les
chaînes de transmission utilisées par les imams spécialistes des dites lectures
dans leurs livres sont bien connues et recensées. Ce sont des chaînes composées
d’individus… Dès lors, comment dire que leurs lectures sont reçues par des
voies concordantes? On répond que voilà un vieux
soupçon élucidé par des ulémas spécialistes des lectures et spécialistes des fondements de l’études des sciences du Coran. Les imams
impartiaux qui font autorité en matière de lectures du Coran et qui occupent
une position incontournable dans leurs chaînes de transmission ne sont pas les
seuls à avoir fixé et recensée lesdites lectures. La concordance dans leur
transmission était constatée aussi bien en leur temps qu’après eux. Elle était
assurée par ceux qui s’étaient associés avec eux (dans la collecte et la
sauvegarde de l’héritage) et s’étaient aussi associé à un groupe qui reçut le savoir  portant sur la
maîtrise des lectures auprès d’eux.

Al-Imam, Sharfouddine ad-Dimyati
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit: «On
y répond en disant que la limitation des chaînes de transmission susmentionnées
à un groupe n’empêche  pas l’apparition
de lectures reçues d’autres. On ne leur a attribué les (sept) lectures que
parce qu’ils veillèrent particulièrement à fixer les lettres telles qu’enseignées
par leurs maîtres et chacun de ces derniers les avait reçues en même temps
qu’un groupes atteignant un nombre très important. Voilà ce que les
vérificateurs ont retenu. L’opposition partielle d’Ibn al-Hadjib
fut démontée par l’érudit du siècle, Ibn al-Dajzri,
qui s’y attela avec une longue insistance qui mérite qu’on s’y arrête.» Extrait
d’Ithafou foudhalaa
al-bachar fil quiraat al-arbaa achar
,p.9.

Ibn an-Nadjdjar al-Fatouhi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit:«
At-Touqi qui soutient que les voies de transmission
des lectures sont individuelles argumente son choix dans son commentaire en ces
termes: «Ce qui  est vérifié est que  les voies de transmission  n’étaient pas concordantes avant eux (les
auteurs des sept lectures) mais  elles le
sont devenues à partir d’eux car l’affirmation selon laquelle les voies de
transmission utilisées par les sept imams initiateurs des sept lectures qui
remontent au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) sont mentionnées
dans les livres consacrés aux lectures, se trouve dans des livres transmis par
des individus d’une manière qui ne remplit pas les conditions de la
concordance.»

On oppose à At-Touqi que la limitation des
chaînes à un groupe n’empêche pas que les lectures soient transmises par
d’autres. Un grand nombres de personnes de chaque localité pouvaient recevoir
la lecture de leur imam qui pouvait être un des compagnons ou un autre d’un
autre groupe aussi important qu’eux-mêmes et les choses continuaient toujours  ainsi de
manière à assurer la concordance pour chaque groupe.

Les imams avaient voulu fixé les lettres et conservé ce qu’ils avaient reçu
de leurs maîtres qui constituaient les maillons de leurs chaînes. C’est de
cette manière que nous avons reçu les informations relatives au pèlerinage
d’adieu. Elles firent transmises initialement par des individus avant de l’être
par des voies concordantes à chaque siècle. Aussi faut-il tenir compte de cette
réalité et ne pas se laisser tromper par celui qui dit que les chaînes des
lecteurs portent  en
elles-mêmes la preuve qu’elles sont individuelles.» Extrait de charh al-kawkab al-mounir (2/127-128).

Troisièmement,  en
réponse à la parole de l’auteur de la question :« Comment ça quand on sait que la notion de concordance n’ apparut pas avant
Moudjahid, le septième des sept (lecteurs)? nous disons que la concordance signifie que le savoir tiré
d’une information transmisse de cette manière fonde la certitude qui dépasse la
conjecture. Un savoir certain a permis de connaître l’exactitude des sept
lectures et leur transmission de manière assez concordante pour faire de leur
contenu l’objet d’un savoir sûr. Voilà ce qui est recherché sans tenir compte
du fait que celui qui confirme la concordance des voies de transmission soit
connu à un temps donné ou pas.

La question est technique et conceptuelle puisqu’elle concerne les
classifications adoptées dans l’étude des sciences. Les Arabes ont toujours
prononcé le sujet , l’objet et le non mis en état
d’annexion en les vocalisant différemment. Si on ressuscité les arabes de
l’époque antéislamique aujourd’hui, ils ne reconnaitraient pas les notions de
sujet, objet, etc. Bien plus, ils ne reconnaîtraient même pas la grammaire
composée de ces notions et employée par les gens.

On pourrait en dire de même de la science du hadith et de la science des fondements
de l’études du Coran et d’autres sciences.
L’apparition tardive d’un concept réservé à une science déterminée ne signifie
pas que son contenu n’était pas connu auparavant par les gens concernés.
Prétendre qu’il ne l’était pas ou que le concept n’était pas largement répandu,
ne remet pas en cause son existence  et n’infirme pas la question
scientifique qu’il exprime.

L’imam Chamseddine adh-Dhahabi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit: «La
concordance des voies de transmission ne dépend pas de la condition de parvenir
à tous les membres de la Umma. Les spécialistes des
lectures détiennent des informations reçues de sources concordantes pour eux
mais pas pour les autres. Les juristes détiennent des informations reçues de la
même manière mais pas disponibles chez les lecteurs du Coran. Les
traditionnistes détiennent 
à leur tour des hadiths transmis par des voies concordantes qui
peuvent échapper aux juristes ou être connues d’eux sans leur paraître assez
sûres. Les grammairiens prennent des questions pour absolument sûres comme les
linguistes.» Voir Siyarou aalaam an-noubalaa (10/171).
Se référer à la réponse donnée à la
question n°
5142.

Allah le sait mieux.