Est il permis de lire le saint Coran dans un ordinateur pendant la prière des tarawih?
Louanges à Allah
Lire dans un ordinateur est
assimilable à la lecture à partir d’un exemplaire du Coran. C’est une question
bien connue. Elle fait l’objet d’une divergence de vues au sein des ulémas. Les
Chafiites et les hanbalites l’autorisent tandis
qu’Abou Hanifa soutient la nullité de la prière de
celui qui lit dans un exemplaire du Coran.
On lit dans l’encyclopédie
juridique (33/57-58): «Les Chafiites et les hanbalites
autorisent la lecture du Coran dans un livre pendant la prière. L’imam Ahmad
dit: il n’ y a aucun inconvénient à diriger la prière des tarawih
pour les gens tout en lisant dans un exemplaire
du Coran. On lui dit alors: qu’en est il pour la prière obligatoire?- Il
dit : je n’ai rien entendu à propos d’elle.»
Az-Zouhri a été
interrogé à propos d’un homme qui lit dans un exemplaire du Coran pendant le
Ramadan. Il dit: les meilleurs d’entre nous lisaient dans des exemplaires du
Coran.»
Dans charh
rawdh at.-talib de
cheikh Zakari al-Ansari on
lit: « lire dans un exemplaire du Coran, fût-ce en en retournant parfois les
pages, n’entraîne pas la nullité de la prière car c’est peu de choses et ne
constitue pas un acte permanent de nature à distraire. L’acte bref qui,
délibérément prolongé sans dessein, aurait entraîné la nullité d’une pratique,
est réprouvé.
Abou Hanifa
soutient la nullité absolue de la prière pendant laquelle le prieur lit le
Coran dans un livre, que la lecture soit courte ou longue, et que l’intéressé
soit un prieur individuel ou un imam, capable de se passer du livre ou pas. Ils
disent qu’Abou Hanifa fonde son opinion sur deux
considérations. La première est que le port d’un exemplaire du Coran et les
regards qu’on y jette et le fait de tourner les pages constituent une multitude
d’actes. La deuxième est que le lecteur se fait rappeler par le livre, ce qui
s’assimile au fait de se faire rappeler par une personne. Selon cette deuxième considération , il n’ y a aucune différence entre le livre posé sur un socle et le livre porté par
le prieur. Selon la première considération ,il y a une
différence.
Il met en exception le cas où le
lecteur sait par cœur ce qu’il a lu et le lit sans porter le livre. Dans ce
cas, sa prière ne serait pas nulle. Car une telle lecture d’éléments sus par
cœur et non appris à l’instant du livre et qui ne nécessite que le regard non
accompagné du port du livre n’annule rien.
Ses deux compagnons, Abou
Youssouf et Muhammad, soutiennent la réprobation de la lecture dans un livre si
on la fait avec l’intention d’imiter les gens du Livre.»
L’avis qui autorise l’acte est
celui adopté par les ulémas de la Commission Permanente de la Consultance et
par Cheikh Ibn Outhaymine et Cheikh Abdoullah ibn Djabrine. Voir la réponse
donnée à
la question n° 1255 et
la question n° 79670.
Nul doute qu’il vaut mieux que ne
dirige la prière pour les gens que quelqu’un qui sait le livre d’Allah Très
haut par cœur et le récite de mémoire.
Cheikh Salih
ibn Fawzan al-Fawzan
(Puisse Allah le préserver) a été interrogé en ces termes: est il préférable de
lire dans un exemplaire du Coran ou de réciter de mémoire? Nous espérons un
éclairage.
Voici sa réponse: «S’il s’agit de
lire le Coran en dehors de la prière, il est préférable de le faire à l’aide
d’un exemplaire du Coran car c’est à même de permettre au lecteur de maîtriser ce qu’il lit. Si toutefois la
récitation est plus à même de lui inspirer la concentration et la révérence,
qu’il récite de mémoire.
En prière, il est préférable de
réciter de mémoire car si on lit dans un exemplaire du Coran, on répète des
gestes tels le port de l’exemplaire, sa pose, la manipulation des pages et le
fait de regarder les lettres. Ce qui empêche la possibilité de mettre sa main
droite sur sa main gauche et de poser les deux mains sur sa poitrine quand on
est debout. On peut aussi se trouver incapable d’écarter les bras du corps
quand on est en posture de génuflexion ou de prosternation et qu’on a un
exemplaire du Coran sous l’aisselle. Voilà qui nous amène à préférer que le
prieur récite de mémoire au lieu d’utiliser un exemplaire du Coran.» Extrait d’al-Mountaqa min Fatwa d’al-Fawzan
(2/35, question n° 16.) Voir les propos du Cheikh Ibn Outhaymine
dans le cadre de la réponse donnée à
la question n°
3465.
Parmi les inconvénients de la
lecture à partir d’un exemplaire du Coran ou d’un ordinateur ou d’un téléphone
portable le fait de tuer l’intérêt que
l’imam accorde à la mémorisation du Coran, le fait de lui ôter le désir de
l’apprendre par cœur. S’il sait qu’il lui suffit d’ouvrir un exemplaire du
Coran pour y lire pendant sa prière ou de regarder dans un ordinateur ou un
téléphone portable, il ne fera plus l’effort nécessaire pour mémoriser le livre
d’Allah Très haut et ne se souciera plus de sa maîtrise.
Cher frère, veillez à la
mémorisation du livre d’Allah Très haut et récitez le de mémoire pendant votre
prière.
Allah le sait mieux.
