Mon épouse souffre de l’hypotension qui l’affaiblit et l’empêche d’observer le jeûne. Quand elle le fait , elle éprouve la fatigue et s’exténue au point de sombrer dans le comma. Comment devrait-elle rattraper le jeûne? Suffit-il qu’elle offre une somme d’argent pour nourrir des pauvres? Si c’est possible, lui est-il permis de remettre l’argent à un établissement islamique caritative qui fournit de la nourriture et des aides aux pays musulmans affectés par des guerres, vu qu’elle vit dans un pays du premier monde où le pauvre est considéré comme riche comparé à ceux qui vivent dans les pays islamiques?

Louanges à Allah

Premièrement, si la maladie n’est
pas chronique puisqu’elle peut être guérie, qu’elle attende la guérison pour
jeûner les jours qu’elle a ratés. Si, en revanche, la maladie est chronique et
jugée incurable, elle est dispensée de la nécessité du rattrapage, et elle doit
nourrir un pauvre pour chaque jour  non jeûné.

  Cheikh
al-islam, Ibn Taymiya (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a été interrogé à propos de l’état d’un homme qui perd la vue
chaque fois qu’il se met à observer le jeûne! Voici sa
réponse. «Si l’observance du jeûne provoque chez lui une telle maladie, qu’il
s’en abstienne et rattrape le jeûne plus tard. Si cela lui arrive chaque fois
qu’il jeûne, il en jugé incapable, et il doit nourrir un pauvre pour chaque
jour non jeûné. Allah le sait mieux.» Extrait de Madjmou
al-fatawa
(25/217).

Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:«
L’incapable n’est pas tenu de jeûner, compte tenu de la parole du Très-haut:
«que celui qui est malade ou en voyage, jeûne d’autres jours..» (Coran,2:185).

L’investigation systématique
poussée a permis de déceler deux types d’incapacité accidentel
et durable. Le premier, 
jugé curable, est celui visé dans le verset cité ci-dessus.
Que l’incapable attende la disparation de son incapacité pour rattraper le
jeûne, conformément à la parole du Très-haut dans le verset (2:185). Le durable
est celui dont on n’espère pas la guérison. Celui qui est frappé d’une telle incapacité
doit nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné.» Extrait de ach-charh al-moumt’i
(6/324-325).
Deuxièmement, la quantité de nourriture dans le cadre d’un acte expiatoire
portant sur le jeûne est juste ce qu’il faut pour nourrir un pauvre pour chaque
jour non jeûné. C’est estimé à un demi saa
de la nourriture dominante du pays. C’est -à-dire un kilogramme et demi.

On lit dans les fatwas de la
Commission permanente/ première collection (10/167):«En
matière expiatoire, il te suffit de nourrir un pauvre pour chaque jour non
jeûné. La quantité de la nourriture est estimée à un demi saa,
autrement dit :1,5 kg de riz, de blé ou d’autres
denrées de consommation courante dans ton pays.»

Troisièmement, la nourriture doit
profiter à un pauvre qui ne trouve pas  assez de nourriture pour survivre. Si
on trouve un tel pauvre dans votre pays, donne mandat à un quelqu’un pour en chercher  là où l’on
peut en trouver. Allah nous a donné l’ordre de ne faire que ce qui en notre
pouvoir.

Voici un exemple:
si dans un pays autre que celui dans lequel vous résidez sévit une pauvreté
plus  aigue, il
vous est permis d’y transférer les aumônes et autres recettes d’actes expiatoires.
Voir à toutes fins  utiles les réponses données  à la question n°

4347 et à la question n°

43146.

Allah le sait mieux.