Est il permis de mentir aux mécréants?
Louanges à
Allah
Le
mensonge fait partie des choses honteuses et des mauvaises mœurs. Il n’est bon
ni dans les propos sérieux ni dans les plaisanteries. Il n’est permis que quand
on est contraint d’y recourir pour sauvegarder un intérêt religieux certain que
la parole vraie ne permet pas de réaliser, et quand il s’agit d’écarter un
préjudice qu’on ne peut éviter autrement. Chaque fois qu’il est possible de
réaliser un intérêt tout en évitant de mentir ou d’éviter un mal tout en disant
la vérité, il n’est pas permis de mentir.
Ahmad (17)
a rapporté qu’Aboubakar (P.A.a)
a dit: «ô vous les gens! Evitez le mensonge car il est contraire à la croyance.» (jugé
authentique par al-Albani. Voir adh-dhaifa
5/414).
Il est
rapporté de façon authentique que Saad ibn Abi Waqqas (P.A.a) a dit: «la nature
du musulman peut tout impliquer sauf la tendance au mensonge et à la trahison.»
(rapporté par al-Bayhaqui,21348).
Il est
rapporté de façon sûre qu’Ibn Massoud (P.A.a) a dit:
«le mensonge n’est bon ni dans les propos sérieux ni dans les plaisanteries.
Puis il a récité la parole du Très haut: «Ô vous qui croyez! Craignez
Allah et soyez avec les véridiques» (Coran,9: 119) »
(rapporté par Ibn Abi Cahybah
(8/403).
Mouslim (2605) a
rapporté qu’Oum Kalthoum bint Ouqba avait entendu le
Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dire: « n’est pas
menteur celui, qui dans son effort de concilier les gens, dit une bonne parole
ou en invente une.» Ibn Chihab, l’un des rapporteurs
du hadith, dit: «je n’ai entendu autoriser en matière propos couramment
qualifiés de mensonges que ce qui est dit dans trois cas: la guerre, la
réconciliation de groupes et les entretiens qu’on a avec sa femme ou son mari.»
L’imam
Ahmad a rapporté le hadith (26731) d’après Oum Kalthoum bint Ouqba
qui a dit:« Je n’ai entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) autoriser le mensonge que dans trois cas: celui d’un homme qui parle
pour réconcilier (des gens), celui d’un homme qui parle en temps de guerre et
celui d’un homme ou d’une femme qui s’entretient avec son conjoint ou sa
conjointe.» (jugé authentique par al-Albani
dans as-Sahihah (545). Ces cas et d’autres cas
pareils ont fait l’objet d’une dispense exclusive.
Tout ce
qui dépasse ce cadre ne fait l’objet d’aucune autorisation du législateur. Aussi
l’interdiction reste de rigueur. Mieux, il convient au musulman qui vit dans
une société de mécréants de veiller à
s’imposer la vérité et à s’écarter du
mensonge dans ses relations avec les mécréants plus qu’il ne le fait dans ses
relations avec les croyants. Car le fait de s’imposer la vérité et de faire de
cette attitude une manière d’appliquer les enseignements de sa religion est une
sorte de propagande pratique en direction des non musulmans. C’est une manière
de leur montrer ce que la religion véhicule en termes de nobles mœurs . Cela pourrait amener certains d’entre eux à se
convertir à la religion d’Allah.
En
revanche, si le musulman se présente sous
l’image d’un menteur ou d’un tricheur ou affiche d’autres mauvaise
qualités devant les non musulmans, cela les détourne de la religion et leur
inspire la haine à l’ égard de ses adeptes.
Pour connaitre en détails
les cas dans lesquels il est permis de recourir au mensonge, veuillez bien vous
référer à la réponse donnée à la question n° 154955.
Allah Très
haut le sait mieux.
