Pouvez-vous me donner un conseil indiquant la manière de mémoriser le Coran ?
Louange
à Allah
Importantes
règles à observer en vue de la mémorisation du Saint Coran.
1.
La sincérité
Il
est nécessaire d’avoir une intention sincère et un bon objectif et de s’occuper
du Coran dans le seul but de complaire à Allah le Très Haut, d’accéder à Son
paradis et de jouir de Son agrément.
Allah
le Très Haut a dit : «Nous t’ avons fait descendre le Livre en toute vérité.
Adore donc Allah en Lui vouant un culte exclusif. » (Coran, 39
: 2).
Il
a encore dit dans un hadith qudsi : « De tous les associés je
suis celui qui se passe le mieux de l’association ; quiconque accomplit une
œuvre et m’y associe à d’autres, je le laisse à celui qu’il m’associe ».
Aussi aucune récompense ne sera accordée à celui qui lit le Coran ou le mémorise
par ostentation.
2.
La correction de la prononciation et de la lecture
Cette
correction ne peut se faire que grâce à l’écoute d’un maître du Coran qui
le maîtrise bien. Ce livre ne peut être appris que par l’initiation. Le Messager
(bénédiction et salut soient sur lui) l’a reçu verbalement de Gabriel et les
Compagnons du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) l’ont reçu de
lui verbalement et des générations de la Umma se le sont transmis de la même
manière.
3.
La détermination de la quantité de versets à mémoriser à chaque fois
Celui qui veut mémoriser
le Coran doit déterminer ce qu’il veut mémoriser d’un seul coup. Cela fait,
on vérifie la prononciation puis on se met à répéter. Cette répétition peut
se faire de façon mélodieuse. D’abord pour écarter l’ennui ensuite pour bien
avoir le texte dans sa mémoire. Cela est dû au fait que la mélodie est agréable
à l’oreille. C’est pourquoi elle aide à mémoriser et habitue la langue à un
rythme déterminé. Ce qui permet à l’intéressé de détecter directement l’erreur
quand il constate une lacune dans déroulement de la lecture. A cela s’ajoute
le fait que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit
: « Celui qui ne psalmodie pas le Coran n’est pas des nôtres ».
(Rapporté par Boukhari).
4. Ne dépassez
pas votre quota quotidien avant de le maîtriser complètement
Il
n’est pas correct de passer à un nouveau quota ou portion avant de maîtriser
ce qui le précède. Pour faciliter la mémorisation, l’intéressé doit en faire
une préoccupation permanente nuit et jour, en récitant la partie à mémoriser
dans sa prière effectuée à voix basse, s’il n’est pas imam,ou à haute voix,
s’il l’est. Il doit en faire de même au cours de ses prières surérogatoires
et pendant les moments d’attente des prières. Cette méthode facilite la mémorisation
et elle a l’avantage d’être à la portée de tout un chacun, même celui qui
s’occupe d’autres choses.
5.
Veiller à utiliser le même exemplaire du Coran dans la mémorisation
Parmi
les facteurs qui facilitent la mémorisation le fait de se choir un exemplaire
du Coran et ne jamais le changer parce que l’on peut mémoriser grâce au regard
comme on peut le faire grâce à l’écoute car l’image des versets et leur disposition
dans le Coran s’impriment dans l’esprit au fur et à mesure qu’on regarde et
lit. Si l’apprenant change son exemplaire du Coran, ou apprend dans plusieurs
éditions du Coran avec différentes dispositions des versets, il peut être
déconcentré et arrive difficilement à mémoriser.
6.
La compréhension mène à la mémorisation
Parmi
les grands facteurs qui facilitent la mémorisation figure la compréhension
des versets mémorisés et la connaissance des liens qui les unissent. C’est
pourquoi l’apprenant doit lire le commentaire de certains versets et sourates
qu’il a mémorisés. En plus, il doit se concentrer au moment de la lecture
pour se faciliter la remémoration des versets. Mais il ne doit pas compter
sur la seule compréhension pour pouvoir maîtriser, car il doit répéter fréquemment
pour y parvenir.
7.
Ne dépassez pas une sourate avant d’en avoir la parfaite maîtrise
Après
l’achèvement d’une sourate du Coran, l’apprenant ne doit pas passer à une
autre sourate avant la parfaite maîtrise de ce qui a précédé et la capacité
de rattacher la fin au début et de la lire aisément et sans aucune difficulté
dans la remémoration des versets. Bien plus, la mémorisation doit être facile
et l’on ne doit jamais dépasser une partie avant d’en avoir la bonne maîtrise.
8.
L’exposé permanent
Celui qui a mémorisé
le Coran ne doit pas se fier à son propre jugement en se contentant de le
lire à soi-même. Il doit plutôt se faire écouter par une personne ayant la
maîtrise du Coran ou quelqu’un qui regarde dans le Coran tandis que l’apprenant
récite. Dans ce cas, le maître ou celui qui regarde dans le Coran doit maîtriser
la bonne lecture pour pouvoir attirer l’attention du lecteur sur les erreurs
éventuelles dues à la prononciation, à la vocalisation ou à l’oubli. En effet,
il arrive souvent à l’un de nous de commettre une faute dans la mémorisation
d’une sourate et d’y demeurer inattentif même quand il regarde le Coran, car
il arrive souvent que la lecture précède le regard. De sorte que l’apprenant
regarde dans le Coran mais ne s’aperçoit pas de la faute qu’il a commise dans
sa lecture. C’est pourquoi on considère que le fait de se faire écouter par
quelqu’un est un bon moyen de rattraper les fautes.
9.
Le suivi permanent
Le Coran diffère
quant à sa mémorisation, de tout autre texte à mémoriser, qu’il s’agisse d’un
poème ou de la prose, car le Coran échappe très vite à la mémoire. A ce propos,
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : « Au nom de
celui qui tient mon âme en Sa main, le Coran est plus prompt à échapper que
le chameau qui se défait de ses attaches » (rapporté dans les deux Sahih.
Pour peu que l’apprenant s’en détourne, le Coran lui échappe et il l’oublie
vite. D’où la nécessité d’un suivi permanent et d’un contrôle continu de ce
qui est mémorisé. A ce propos, le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) dit : « Celui qui s’occupe du Coran est comme le propriétaire de
chameaux ; s’il veille sur ses bêtes il les conserve. Autrement, il les perd »
(rapporté dans les Deux Sahih). Ceci signifie que celui qui a mémorisé
le Coran doit en lire quotidiennement une 30ème au moins
à défaut de pouvoir lire le tiers, compte tenu des propos du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) : « Quiconque lit le Coran en moins de trois
jours n’en comprendra rien ». (Rapporté dans les Deux Sahih. Le
suivi permanent maintient le texte mémorisé de façon durable.
10.
Prendre soin des passages qui se ressemblent.
Le
Saint Coran contient des passages qui se ressemblent aussi bien dans leur
sens que dans leurs mots. A ce propos, le Très Haut dit : « Allah a fait
descendre le plus beau des récits, un Livre dont (certains versets) se ressemblent
et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent
(à l’ entendre); puis leurs peaux et leurs cœurs s’apaisent au rappel d’Allah.
Voilà le (Livre) guide d’Allah par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque
Allah égare n’a point de guide. » (Coran, 39 :23 ). C’est pourquoi le
bon lecteur du Coran doit prendre soin particulièrement des passages qui se
ressemblent. Nous entendons par là ressemblance des mots. Car l’intérêt que
l’on porte à cet aspect détermine la qualité de la mémorisation.
11.
Profiter de l’âge d’or de la mémorisation.
Le
vrai assisté est celui qu’Allah le Très Haut a assisté à profiter de son âge
d’or pour la mémorisation. C’est-à-dire l’âge qui se situe approximativement
entre 5 et 23 ans. A cet âge la mémoire est très bonne. Avant, ils l’est moins.
Après la courbe indicative de la capacité de mémoriser entame une descente
tandis que la courbe indicative de la capacité de comprendre prend le sens
inverse. C’est pourquoi les jeunes compris dans cette tranche d’âge doivent
en profiter pour mémoriser le livre d’Allah le Très Haut, étant donné leur
rapide et grande capacité de mémoriser et leur grande résistance à l’oubli,
à la différence de leur état après cette tranche d’âge. Celui qui a dit :
« Mémoriser pendant l’enfance est comme écrire sur une pierre tandis
que mémoriser pendant la vieillesse est comme écrire sur de l’eau » a
dit vrai.
Cela
étant, nous sommes redevables au Livre d’Allah de bien le mémoriser, de suivre
ses directives, d’en faire la constitution de notre vie, la source de la lumière
de notre cœur, le printemps de nos poitrines.
Nous
espérons que les règles ci-dessus indiquées constituent un bon fondement pour
celui qui désire bien maîtriser le Livre d’Allah le Très Haut avec sincérité.
Allah le Très Haut le sait mieux.
