Est-il vrai qu’il ne convient pas de parler des autres quand on est en retraite pieuse?

Louanges
à Allah

La
retraite pieuse dite itikaaf consiste à
s’installer en permanence dans la mosquée pour 
se vouer au culte d’Allah le Puissant et Majestueux. L’objectif de la
pratique est de se consacrer à l’obéissance à Allah Très haut et de s’éloigner
de tout ce qui nous en distrait. C’est dans ce sens que le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) s’installait dans une petite tente  dressée à l’intérieur de la mosquée pour
déterminer l’espace réservé à celui qui veut se livrer à cette pratique sans
s’occuper des autres usagers de la mosquée et sans se voir les autres ni être
vu par eux.

Voilà ce
que le retiré doit veiller à faire. S’il lui arrivait d’avoir un bref entretien
avec quelqu’un ou de recevoir une visite et parler avec son visiteur ,cela ne
représenterait aucun inconvénient. Il convient de baisser la voix pendant le
dit entretien pour éviter de perturber les autres qui veulent se remémorer
Allah Très-haut ou lire le Coran ou prier. Il convient en plus que le retiré ne
parle que peu pour éviter de se distraire de son objectif. Al-Bokhari (2035)
et  Mouslim
(2175) ont rapporté d’après Ali ibn al-Hossein que Safiyya
, l’épouse du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) l’avait informé
qu’elle était allée rendre visite au Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) pendant sa retraite pieuse effectuée dans sa mosquée au cours
des dix dernières nuits  du Ramadan et
s’était entretenue un moment avec lui. A son départ, le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) l’a raccompagnée.»

Ibn Daqiq al-iid (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit dans al-ihkaam
(2/45):«Ce hadith indique qu’il est permis de rendre visite à un tel retiré et
de s’entretenir avec lui.» Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Les actes du fidèle qui
observe cette retraite pieuse sont divisés en sections: une section est licite,
une autre instituée et recommandée et une dernière interdite.

Quant à
ce qui est institué, c’est que le retiré s’emploie à obéir à Allah, à se vouer
à Son culte et à chercher à se rapprocher de lui car c’est bien  là que réside 
l’objectif principal de la pratique, qui explique qu’elle ne se déroule
que dans une mosquée. L’autre section concernant l’interdit renferme tout ce
que la retraite exclut, notamment la sortie de la mosquée sans excuse, la
vente, l’achat, le rapport sexuel entre autres actes de nature à annuler la
retraite parce qu’ incompatible  avec son
objectif. La troisième section relative au licite concerne des actes comme le
fait d’adresser la parole aux gens , histoire de s’enquérir de leurs états et
d’autres choses qu’Allah Très-haut permet au retiré.» Extrait de Madjmou fatawa wa rassail al-outhaymine (20/175-176).

Ibn Outhaymine dit encore:« Il n’y a aucun mal à ce qu’il parle
un peu à ses voisins livrés à  la même
pratique et à ceux qui viennent lui rendre visite.» Extrait de djalassat ramadaniyya
(18/15) selon la numérotation de la Chamilah. Il
poursuit encore: «La retraite pieuse: entend-on dire que les voisins qui
partagent la même pratique peuvent se réunir dans un coin de la mosquée pour se
livrer à des inanités ou faut retenir que l’objectif reste de vouer le culte à
Allah le Puissant et Majestueux? C’est bien le second alternatif qu’il sied de
retenir. Qu’on se méfie de passer en pure perte des moments précieux à bavarder
avec ses compagnons. Si toutefois on ne fait que leur parler d’un moment à
l’autre, cela ne représente aucun inconvénient puisque le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) a parlé avec sa femme Safiyyah
bint Houtay (P.A.a) au cours d’une nuit et est même sorti  pour la raccompagner chez elle.» Extrait
de  al-liqaa
ach-chahri
(8/70). selon la numérotation de la Chamila.

Cheikh
ibn Baz (Puisse Allah lui accorer
sa miséricorde) a dit: «Les discussions menées dans la mosquée autour
d’affaires mondaines et les entretiens entre frères et compagnons autour des
mêmes affaires ne représentent aucun inconvénient, s’il plait à Allah.
Toutefois, il est reprouvé de les 
prolonger puisque cela risque de transformer la mosquée en un  lieu où l’on s’entretient excessivement
d’affaires profanes alors qu’elles sont construites pour abriter ceux qui se livrent
au rappel d’Allah, à la lecture du Coran, aux cinq prières et à d’autres bons
actes comme les prières surérogatoires, la retraite pieuse et les séances
d’enseignement.

Aussi est il réprouvé d’en faire des lieux de rencontre pour se
livrer à des discussions mondaines. Ce qui est permis se limite au strict
nécessaire comme le salut adressé à son frère trouvé sur place, les questions
portant sur son état (de santé) , sur celui de ses enfants et sur les choses de
la vie courante, pourvu d’être bref.» Extrait de fatawas
nouroune ala ad-darb (2/706). Voir à toutes fins utiles la réponse
donnée à la question n° 4448, à la question n°
49007, à la question
106538.

Allah
Très-haut le sait le mieux.