Je travaille comme délégué aux ventes dans un établissement qui vend du matériel électrique. Quand je veux vendre pour être payé cash, des clients préfèrent payer par chèque. Chaque client donne un chèque à tirer auprès d’une banque différente de celle d’un autre client. Certaines banques sont usurières tandis que d’autres ne le sont pas. Je remets les chèques à la comptabilité qui s’occupe des formalités de transfert de l’argent au compte de l’établissement dans sa banque agréée. Ma question est la suivante: ma gestion de ces chèques constitue -elle une contribution et une assistance de nature à développer l’usure dans ces banques et partant à spolier les biens des gens et à renforcer les banques concernées?

Louanges à Allah

Il n’ y a aucun
inconvénient à se faire payer par chèque, dût il être
tiré auprès d’une banque usurière puisqu’il y a aucun mal à traiter avec de
telles banques étant donné la nécessité de garder  l’argent en cas de l’absence de banques
islamiques et à condition que le dépôt de l’argent dans les dites banques ne
génère pas d’intérêts. Voir la réponse donnée à la
question n° 22392.

 Il est permis de conclure des ventes avec un
partenaire impliqué dans des activités usurières ou qui a déposé ses fonds  dans une banque usurière. La licité  de telles transactions vient du fait qu’il a
été rapporté de façon sûre que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) et ses compagnons traitaient avec les juifs de Médine qui, comme Allah l’a
bien mentionné, se nourrissaient de la pire forme de l’illicite et de l’usure.

Vous êtes
autorisé à vendre à ce client usurier , dût il payer
le prix  avec de l’argent tiré de son
compte entaché d’usure ou grâce à un prêt souscrit auprès d’une banque
usurière. La remise d’un chèque à la comptabilité et le virement de la somme au
profit de l’établissement ou à sa banque ne constitue
pas une opération usurière car il ne s’agit que d’inscrire et d’enregistrer le
prix perçu de façon licite. il n’ y a aucune
différence entre le paiement en espèce et le paiement par chèque.

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
dit: «Il est permis de traiter avec une personne impliquée dans l’usure, pourvu
de le faire d’une manière saine. Il est permis par exemple d’acheter auprès de
cet usurier et de lui payer le prix. De même il est permis sans aucun
inconvénient de lui emprunter de l’argent car le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) traitait avec les Juifs qui pourtant se nourrissaient de la
pire forme de l’usure . Il  recevait leurs cadeaux et répondait à leurs
invitations et concluait  avec eux achats
et ventes. Sa réception de leurs cadeaux est mentionnée dans le cadre de
l’histoire de la femme juive qui lui offrit un mouton lors de la conquête de
Khaybar. Son acceptation de leur invitation eut lieu quand un garçon juif de
Médine  l’invita. Sa conclusion d’une
vente se concrétisa lorsqu’il acheta des denrées  pour sa famille auprès d’un juif et mit son
bouclier en gage chez lui. C’est-à-dire 
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) lui donna son
bouclier  à titre de gage et  mourut avant de le récupérer.

En somme, il n’y
a aucun inconvénient  pour vous à mener
licitement des opérations commerciales avec quelqu’un qui s’implique dans des
pratiques illicites.» Extrait de Fatawas nouroune alaa ad-darb.

Allah le sait mieux.