Voici une fille de 16 ans qui voit ses règles pour la première fois à l’arrivée du premier jour du Ramadan et constate que son cycle a continué durant tout le mois et n’a pas pu le jeûner..Que devrait-elle faire?
Louanges
à Allah
Premièrement,
celle qui voit son cycle menstruel durer plus d’un mois doit s’estimer en butte
à une perturbation de ses règles. Si cela arrive à une fille dès ses premières
règles, elle n’a pas une habitude pouvant lui servir de référence. Dès lors,
elle doit au cours du cycle suivant, tenter de faire la distinction entre le
sang des règles et celui résultant d’un saignement irrégulier grâce au recours
aux indices bien connus comme la couleur, l’odeur, la densité, la finesse, la
coagulation, la présence ou l’absence d’une douleur. Le sang des règles est
noir ou foncé. Il dégage une odeur désagréable et s’accompagne souvent d’une
douleur. Il est plus dense que celui du saignement irrégulier. Il ne se coagule
pas, contrairement à ce dernier. Si l’intéressée peut procéder à une
distinction sur cette base, tout sainement qui correspond aux caractéristiques
du sang des règles en relève et justifie pour l’intéressé l’abandon du jeûne et
de la prière suivi de la prise d’un bain rituel à la fin des règles, tout autre
saignement étant irrégulier.
Si
le sang garde la même caractéristique ou apparaît flou de sorte à ne pas
permettre de dire s’il relève des règles normales ou d’un saignement
irrégulier, l’intéressée doit se conformer à ce qui est considéré comme
habituel chez la majorité des femmes. Aussi compterait elle six ou sept jours à
partir de l’apparition des règles. Tout saignement apparu au-delà est
irrégulier. Si l’intéressée ne sait pas quand les règles ont commencé, elle
retient le début du mois lunaire.
Figure
parmi les traditions pouvant permettre de faire la distinction entre les deux
types de sang ce qui a été rapporté par an-Nassai
(215) et par Abou Dawoud (304) d’après Fatimah bint Abi
Habish selon laquelle elle était confrontée à une
perturbation de ses règles du temps du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) et que ce dernier lui dit: «Si tu vois le sang des règles qui est de
couleur noire, abstenez-vous de prier. S’il s’agit d’un autre sang, fais tes
ablutions car c’est une hémorragie.» (Jugé authentique par al-Albani
dans Sahih an-Nassai)
L’attente
de six à sept jours recommandée à la
femme confrontée à une perturbation de ses règles et qui ne distingue plus
entre ce qui relève de son cycle de ce qui est inhabituel fait l’objet d’un
hadith rapporté par at-Tirmidhi (128) et par Abou Dawoud (287) d’après Hamnah bint Djahsh (P.A.a)
qui dit: «Confrontée à une grave perturbation de mes règles, je me rendis
auprès du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) pour l’en informer et
solliciter son avis en lui disant: ô Messager d’Allah! Je suis confrontée à une
grave perpétuation de mes règles..Que
m’ordonnez-vous? Mon état m’empêche de prier et de jeûner.» Il dit: «C’est un
coup de Satan. Prends la précaution d’attendre six à sept jours (dans la
connaissance d’Allah?). Puis fais tes grandes ablutions. Si tu te rends compte
que tu as recouvré ton état de propreté rituelle, mets-toi à prier et à jeûner
pendant 23 ou 24 nuits et jours. Cela te suffirait. Comporte-toi comme le font
les femmes qui voient leurs règles et fais ce qu’elles font quand elle
recouvrent leur état de propreté rituelle.»
At-Tirmidhi dit:
«J’ai interrogé Muhammad (l’imam al-Bokhari) à propos
du présent hadith et il l’a qualifié de bon et authentique. Ahmad ibn Hanbal abonde dans le même sens en le qualifiant de bon et
authentique.
Cheikh
Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit: «En somme, la femme en butte à un cycle menstruel perturbé
pour la première fois doit s’efforcer de faire la distinction (entre le
saignement normal et le saignement inhabituel). Si elle n’arrive pas à faire
cette distinction, elle doit attendre l’écoulement de six ou sept jours à
partir de la première apparition du sang. Si l’intéressée oublie la date à la
quelle elle a vu les règles pour la première fois, qu’il commence le décompte
au début du mois lunaire. Il est déjà dit que l’intéressée doit se conformer à
ce qui est habituel chez les femmes de son milieu.» Extrait de charh al-moumt’i
(1/490).
Le
même cheikh (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit encore: «Ce qui est
juste dans le cas de celle qui voit ses règles pour la première fois c’est que
le sang qu’elle voit est celui du cycle menstruel, à moins que le saignement ne
dure pendant la majeure partie du mois. Une telle femme attend de recouvrer sa
propreté rituelle ou de dépasser quinze jours. Ceci s’atteste dans la parole du
Très-haut: «Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis:
« C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues.»
(Coran,2:222). Dès que commence cette menstruation
qualifiée de mal, on est dans le cycle menstruel. Peu importe que le sang soit
abondant ou pas. Comment dire (à l’intéressée): attends un jour et une nuit
puis prends un bain rituel et remets-toi à prier puis, si le saignement cesse,
prends un bain et rattrape le jeûne?! Cela signifie que nous lui imposons
l’accomplissement d’un acte cultuel deux fois et la prise d’un bain rituel deux
fois, manière de faire qui ne repose sur aucune disposition de la charia. En
effet, l’ acte cultuel
est à accomplir une seule fois, pas plus.
Si
le saignement constaté par celle qui voit ses règles pour la première fois dure
trop long temps, elle est en présence d’un saignement inhabituel et elle doit
avoir recours à la tentative de distinction (entre le sang normal des règles et
ce qui n’en relève pas). Si elle n’y parvient pas, qu’elle se conforme à ce qui
est habituel chez les femmes de son milieu. Voilà ce qui est juste.» (Extrait
de charh al-moumt’i
(1/49).
Deuxièmement,
elle doit rattraper le jeûne du Ramadan qu’elle n’a pas observé car la femme
qui s’abstient de jeûner à cause de ses règles doit rattraper le jeûne. Quant à
la femme en butte à un saignement inhabituel, elle doit observer le jeûne car
il ne lui est pas permis de faire autrement. Ses jours d’attente sont à la fois
susceptibles d’être assimilés à des jours de règles et à des jours marqués par
un saignement inhabituel. Dans l’un et l’autre cas, elle est tenu
de rattraper le jeûne.
Concernant
la prière, il vaut mieux par précaution qu’elle rattrape les prières à faire
pendant les jours marqués par un saignement qui ne relève pas surement du cycle. Si l’intéressée parvient à faire la
distinction des types de sangs, qu’elle retienne que les jours pendant lesquels
elle constate un sang rouge ne sont pas des jours de règles. Dès lors, qu’elle
rattrape les prières à faire pendant ces jours-là. Si elle ne parvient pas à
faire cette distinction, qu’elle rattrape les prières de plus de quinze jours,
ce nombre de jours représentant la durée maxima des
règles selon la majorité des ulémas. Voilà ce qui est plus prudent. Elle n’est
toutefois pas tenue de rattraper les prières car elle ne l’avait abandonnée que
parce qu’elle se croyait dans son cycle. Voir la réponse donnée à la question n°
146190.
Allah le sait mieux.
