Voici une femme atteinte de la destruction des cellules sanguines. Quand elle se met à jeûner , elle éprouve le goût du sang dans sa gorge. Cela ne lui arrive pas de manière permanente mais très souvent. Quand elle rattrape le jeûne , elle est confrontée à la même situation. Que devrait elle faire dans son jeûne? La seule sensation du sang à la gorge entraîne-t- elle la rupture du jeûne ou faut il que le sang passe involontairement dans le ventre?

Louanges à Allah

Le malade dispensé du jeûne doit savoir qu’il est
réprouvé qu’il le fasse quand cela lui est pénible. Le jeûne lui est même
interdit quand il lui porte préjudice. Allah lui ayant permis de ne pas jeûner , il ne doit pas s’en donner la peine ni se faire
tort lui-même. Avaler du sang fait partie des facteurs de rupture du jeûne.
Mais si le sang lui traverse la gorge involontairement, son jeûne reste valide
et il n’encourt rien. S’il avale du sang délibérément, son jeûne est rompu.

Ibn Qudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit: « si un saignement se déclenche dans sa bouche et s’il en avale, son jeûne
est rompu, quelle que soit la quantité du sang car la bouche est assimilée à
l’extérieur du corps. En principe, tout qui traverse la gorge entraîne la
rupture du jeûne, à l’exception de l’inévitable salive. Tout autre élément est régis par ledit principe. Si on rejette la substance de sa
bouche et que celle-ci reste souillée ou si elle l’est par une source
extérieure et qu’on avale de la salive avec une partie de la substance impure,
le jeûne est rompu à cause de cette partie. Autrement ,
il reste valide.» Al-Moughni, 3/36).

Les ulémas de la Commission permanente ont dit: «Si on a
des infections dans la gencive et si le cure dent y provoque un saignement, il
n’est pas permis d’avaler le sang. Il faut le rejeter. S’il parvient à la gorge
involontairement, l’intéressé n’encourt rien. Il en est de même d’un début de
vomissement refoulé involontairement car il n’empêche pas la validité du jeûne.»
Fatwa de la Commission Permanente, 10/254.

Cheikh Muhammad ibn Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
été interrogé en ces termes: le jeûne s’invalide-t-il en raison des saignements
consécutifs à l’extraction d’une dent?

Voici sa réponse: «Le saignement consécutif à
l’extraction d’une dent n’ a pas d’incidence sur le
jeûne et ne nuit pas au jeûneur. Cependant ce dernier doit s’efforcer de ne pas
avaler du sang. Celui-ci peut s’écouler soudainement de manière extraordinaire.
L’avaler entraîne la rupture du jeûne contrairement à l’absorption de la salive
qui ne met pas fin au jeûne. Le jeûneur qui veut se faire extraire une dent
doit faire en sorte à éviter que le sang ne passe dans son ventre car cela
entraînerait la rupture de son jeûne. Cependant si cela se faire indépendamment
de sa volonté, il ne lui nuit pas parce que involontaire.» Madjmou
fatawa
du Cheikh Ibn Outhaymine
(19/ question n° 213).

Le même cheikh (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit: «Si on est confronté à une hémorragie nasale qui pousse une partie du sang
vers le ventre et une autre partie vers l’extérieur, son jeûne n’en reste pas
moins intact car le sang qui passe dans le ventre le fait indépendamment de sa
volonté et celui qui s’évacue ne lui nuit pas.» Madjmou
fatawa
Cheikh Ibn Outhaymine,
19/ question n° 328.

En somme, on lui recommande de cesser le jeûne quand
celui-ci lui devient pénible. Elle doit y mettre fin quand il lui porte
préjudice. Au cas où elle y met fin, elle aura à rattraper le jeûne. Si elle ne
peut pas le faire, elle aura à procéder à une expiation qui consiste à nourrir
un pauvre pour chaque jour.

Nous demandons à Allah le Maître de l’univers de lui
prescrire la récompense qu’elle mérite à cause de sa patience, de la guérir et
de lui rendre son bien-être immédiatement et sans délai.

Allah le sait mieux.