D’abord, je voudrais vous remercier après avoir loué Allah pour l’effort que vous avez fourni, et je demande à Allah de faire peser vos bonnes actions sur la balance et d’en faire profiter toute personne qui les découvre, qu’il soit musulman ou pas. Ma question se résume comme suit: j’ai trouvé depuis trois ans un travail bien payé. Allah soit loué.
Quand j’ai calculé le temps de travail effectué pour gagner le minimum à soumettre au prélèvement de la zakat, je me suis rendu compte que cela a coïncidé avec l’arrivée du mois de Djoumada II. Cependant, j’ai acquitté la zakat délibérément en Ramadan croyant qu’il me revenait de choisir le moment de son acquittement. J’ai continué d’agir de la sorte pendant deux ans. Cette année, je voudrais savoir si je dois acquitter la zakat au mois de Ramadan comme je l’ai fait au cours des deux dernières années ou s’il faut le faire au cours du mois Djoumada II?
Le retardement commis pendant les deux dernières années aura-t-il une quelconque conséquence? En d’autres termes, puissé-je calculer la part de zakat correspondant à chaque mois et sortir la somme couvrant les mois des arriérés , même si, en Ramadan, j’avais payé la zakat de tous mes gains réalisés après le mois de Djoumada II?
Louanges à Allah
Premièrement, il faut
s’acquitter du paiement de la zakat immédiatement dès qu’on possède le minimum
requis et le garde pour une durée d’une année lunaire. Son retardement sans
excuse constitue un péché. En présence d’une excuse ,
comme l’inexistence d’un pauvre, le retardement ne représente aucun
inconvénient.
An-Nawawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Il faut payer la zakat
immédiatement à son heure et dès qu’on a la possibilité de le faire car il
n’est pas permis de le retarder. C’est l’avis de Malick,
d’Ahmad et de la majorité des ulémas, compte tenu de la parole du Très-haut: «
Payez la zakat». L’ordre est à exécuter immédiatement.» Extrait de charh al-mouhadhdahb
(5/308).
On lit dans les fatwas
de la Commission Permanente (9/398):« Si le mois de Djoumada
II est choisi pour l’acquittement de la zakat, pouvons -nous
le retarder jusqu’au mois de Ramadan sans excuse?»
La réponse est: non, il
n’est pas permis de retarder l’acquittement de la zakat après la fin de l’année
considérée, sauf en présence d’une excuse légale comme l’inexistence de pauvres
au moment retenu pour l’acquittement , l’impossibilité
de la leur faire parvenir, l’absence des biens à soumettre au prélèvement de la
zakat, etc. Quant au retardement qui ne vise qu’à situer l’acquittement en
Ramadan, il n’est permis que si cela ne porte que sur un court délai comme si
l’année considérée s’achevait au cours
de la seconde moitié de Chaabaan. Dans ce cas, il n’y
a aucun mal à retarder l’acquittement de la zakat jusqu’au Ramadan.» La Commission Permanente pour la Recherche
religieuse et la Consultance
Abdoul Aziz ibn Abdoullah ibn Baz, Abdoullah ibn Qaoud et Abdoullah ibn Ghoudayyan
Interrogé sur le
jugement du retardement de l’acquittement de la zakat jusqu’au mois de Ramadan,
cheikh ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a donné la réponse que voici: «A l’instar des autres œuvres de
charité, il est préférable de situer l’acquittement de la zakat au meilleur
moment. Si toutefois son acquittement est nécessité par la fin de l’année considérée, on doit la
payer car il n’est pas permis dans ce cas de la retarder jusqu’à l’avènement du
Ramadan. Si ladite année s’achevait en Radjab, on acquitte
la zakat en ce mois au lieu de le retarder jusqu’au mois de Ramadan. Si l’année
devait s’achever au mois de Mouharram, on paye la
zakat en ce mois au lieu de le retarder jusqu’au mois de Ramadan. Mais si
l’année s’achève en ce dernier mois, on y paye la zakat. Si une grande pauvreté
s’abattait sur les musulmans et qu’on veille anticiper le paiement de la zakat,
il n’ y aurait aucun inconvénient à le faire.» Extrait de Madjmou
al-Fatawa (18/295).
Deuxièmement, le fait
pour l’auteur de la présente question de retarder le paiement de sa zakat jusqu’au mois de Ramadan sur la base d’une
fausse opinion ne constitue pas un péché en raison de son ignorance. Si, par la
suite, il s’acquitte de la zakat en Ramadan, il aura la conscience quitte et le
retardement est sans conséquence pour
lui. Il doit toutefois payer la zakat de l’année à venir au mois de Djoumada II au lieu de le retarder jusqu’au mois de
Ramadan.
Allah le sait mieux.
