Je suis un jeune vivant dans l’un des asiles réservés aux sans domicile fixe. Je m’y livre à la prédication, y dirige la prière et récite le Coran. Je me suis dévoué à ces bonnes activités après avoir forniqué avec une fille qui vit avec moi dans l’asile et elle est tombée enceinte. La fille se drogue et pourrait, une fois accouché, porter atteinte à l’enfant. Elle a pensé à l’avortement et je le lui ai interdit en lui expliquant que c’est une sorte d’infanticide délibérée. La fille a été transférée à un autre asile, ce qui m’a rendu plus inquiet au sujet du bébé qu’elle porte. Je craint qu’elle ne l’agresse après l’avoir mis au monde comme je crains qu’elle puisse avorter. Commettrai-je un péché dans l’un et l’autre cas?
J’ai certes renié l’islam à un moment donné. C’était une réaction déclenchée par mes frères et sœurs. Je voulais leur prouver que je ne croyais plus à cette religion, que j’étais devenu mécréant et partant capable de commettre toutes les turpitudes. C’est dans ce sens que j’ai forniqué avec ladite fille. C’était la première fois dans ma vie (que je commettais un tel acte). Je croyais que je ne méritais que le qualificatif de mécréant car je n’avais pas fait preuve d’un fort attachement à la religion…
Ma question est : pourrais-je faire quelque chose pour l’enfant et sa mère? Quel est le châtiment que j’encourerais, si un mal arrivait à l’enfant et à sa mère comme si celle-ci portait atteinte à celui-là ou lui causait une déformation ou avortait? Devrais-je continuer la prédication dans cet asile où j’ai commis un tel péché? Devrais-je poursuivre la prédication dans mon lieu de travail ou la résidence vers laquelle je vais déménager, tout en gardant en mémoire l’abominable péché que j’ai commis?
Louanges à Allah
Premièrement, nul doute
que vous avez traversé des moments difficiles de votre vie. Satan a pu se jouer
de vous librement au point de vous entraîner dans le plus grand péché qu’est la mécréance alors que vous aviez été un
croyant. En plus, il vous a entraîné dans la fornication et la débauche.
Satan a persisté à vouloir se jouer de
vous en vous disant: après avoir commis
ce péché tu n’es plus apte à appeler (les gens) à Allah et à faire tel ou tel
acte dicté par la foi!!
C’est un stratagème de
Satan, le damné. Il entraîne le fidèle serviteur d’Allah dans le péché et
s’empare de lui pour l’empêcher de se repentir. S’il réussit à lui désobéir et
à se repentir, Satan ne cesse de lui rappeler son péché du passé, pas pour
qu’il le regrette et fasse de bonnes
œuvres, mais pour le détourner de la religion d’Allah et le priver des biens
sous prétexte que l’auteur d’un péché n’est plus apte à accomplir une bonne
œuvre qui n’est attendu que des gens pieux et purs!
Quand vous aurez su tout
cela et y prêté attention, votre tout premier devoir est de vous repentir correctement devant
Allah, l’Auguste. Vous vous repentirez d’avoir renié
votre religion tout en étant conscient que Satan a failli vous faire franchir une grande porte du mal, de
l’enfer et de la colère d’Allah, si Allah , par Sa miséricorde ne vous avait pas ramené vers Sa
religion.
Sachez que l’un des
singes révélateurs du repentir sincère réside dans l’ardent désir d’obéir, dans le souci d’éviter de s’engager
dans la voie du mal, notamment celui qui a motivé votre repentir et dont vous
êtes résolu à vous débarrasser. Le fait pour vous d’observer la prière avec
assiduité, de perpétuer la récitation du Coran, d’assumer votre devoir
d’ordonner le bien et d’interdire le mal, d’appeler les gens à Allah et de
regretter ce que vous avez raté dans le passé, tout cela constitue des signes
de droiture, des voies et des indices du
repentir sincère.
Continuez sur cette voie
et ne vous en déviez pas. Evitez que Satan ne vous détourne de l’une quelconque
des choses que vous faites à cause d’un péché commis dans le passé ou d’une
fausse croyance que Satan vous inspire. Voir la réponse donnée à la question n°
175916.
Adonnez-vous à fond à
vos préoccupations, notamment l’appel à Allah Très-haut, la recommandation du
bien et l’interdiction du mal; que vous soyez
dans votre résidence ou à votre lieu de travail et où que vous en ayez
l’occasion.
Nul doute que vous avez
fait l’expérience de ces asiles et constaté ce qui y prévaut en fait de
facteurs de tentation et de déviation. Si vous pouvez quitter les asiles et
allez habiter loin, faites-le. Puis mettez-vous à les fréquenter de temps à
autre pour y pratiquer la prédication et
prodiguer des conseils aux occupants, si vous ne craignez pas de subir une
tentation. Quand vous craignez de succomber à celle-ci dans un endroit ou un
lieu quelconque, faites de la résistance à la tentation une priorité par
rapport à la prêche à faire en direction des autres.
Deuxièmement, si vous
êtes sincère dans votre repentir devant Allah, vous n’avez plus rien à voir
avec cette fille, à moins qu’il ne s’agisse de l’inviter au repentir tout en
prenant la précaution de ne pas vous exposer de nouveau à la tentation. Si vous
pouviez inviter des femmes à intervenir
auprès d’elle, ce serait mieux et plus apte à vous donner acquis de conscience.
S’agissant de
l’avortement, votre devoir se limite à lui en faire connaître le statut
religieux. Faites lui savoir qu’il est interdit d’avorter délibérément.
Faites-lui craindre l’infanticide commis contre
un enfant innocent et par quelqu’un qui n’a pas le droit de le faire. Si
elle répond favorablement et s’en abstient, vous l’aurez aidée à effectuer un
repentir sincère. Ce qui est bon , s’il plait à Allah.
Si elle garde son
bébé et si elle ne possède pas de biens
et n’a personne pour lui assurer une prise en charge et si vous lui faites du
bien en dépensant pour elle et pour son enfant, ce serait une bonne chose. En
effet, Allah a prescrit la bienfaisance envers toute chose. Toute bienfaisance
qui profite à une âme vivante génère une récompense divine. Si elle se révolte
et ne répond pas à votre appel à l’obéissance, méfiez vous de toute tentation
de sa part. Evitez surtout de répondre à son invite à la désobéissance.
Référez-vous à toutes fins utiles aux réponses données à la
question n° 11195,
à la question
n° 147435 et à la
question n° 117.
Après tous les péchés
que vous avez commis, cherchez le salut dans le repentir et dans la ferme
décision de vous amender dans le futur.
Faites de cela la préoccupation majeure de votre vie, l’affaire du jour et du lendemain.
Evertuez vous à immuniser votre âme en vous éloignant des lieux de tentation et
de désobéissance. Aidez la fille autant
que faire se peut à mener une vie chaste dans le cadre du mariage.
Allah le sait mieux.
