Nous sommes sorties en Ramadan pour participer à une parade militaire en Palestine. Nous avons marché à pied près de 4 heures. Puis nous sommes retournés à notre point de départ alors que nous étions sur le point de périr. Certains ont rompu leur jeûne parce qu’ils ne pouvaient pas supporter la fatigue et qu’ils allaient clairement périr. Est-ce que les jeunes qui ont rompu leur jeûne ont tort? Quelle serait la solution si tel était le cas?

Louanges à Allah

Premièrement, nous demandons à Allah
Très-haut de voir venir un jour d’humiliation pour les juifs usurpateurs de la
terre des musulmans et de renforcer  Sa
religion et restituer aux lésés leurs droits. Nous demandons encore au
Très-haut de prendre pour martyrs ceux qui sont morts en défendant leur
religion, leur honneur et la terre des musulmans. Nous demandons au Très-haut
d’assister les combattants de la foi et ceux qui œuvrent pour servir l’islam et
secourir les opprimés.

Deuxièmement, nul doute qu’il est permis
aux gens qui sont légalement excusés de ne pas observer le jeûne du Ramadan.
Mieux, il peut être  obligatoire parfois.
C’est le cas au moment de rencontrer l’ennemi ou même pendant la préparation de
cette rencontre et du combat. La sunna authentique prouve ce qui précède. Abou Said al-Khoudri (P.A.a) dit: «Nous nous sommes rendus à La Mecque en
compagnie du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)- il entend
parler de la conquête de La Mecque-. Nous 
avons campé à un endroit alors que nous observions le jeûne. C’est alors
que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) dit: «Certes,
vous vous approchez de votre ennemi et vous seriez plus forts en n’observant
pas le jeûne.» Ceci est une permission de ne pas jeûner. Certains d’entre nous
ont continué de jeûner tandis que d’autres ne l’ont pas fait. Ensuite, nous
sommes installés à un autre endroit. Le Prophète dit:« Certes, vous allez
rencontrer votre ennemi au matin et vous serez plus forts en n’observant pas le
jeûne. Ne jeûnez pas.» Là, il y a un ordre ferme. Et nous avons mis fin à notre
jeûne.» (Rapporté par Mouslim,1120) Voir les détails relatifs au sujet dans la
réponse donnée à la question n° 12641.

Si ce que vous avez fait entre dans le
cadre de vos entrainements préparant la rencontre de l’ennemi juif, il est
excusable. Car il est permis à celui qui veut rencontrer l’ennemi de se rendre
fort pour être apte à se battre. Si, en revanche, ce que vous avez fait relève
des entrainements pouvant être reportés ou des parades qui ne préparent pas la
rencontre avec l’ennemi, il ne me semble pas qu’il vous soit permis de ne pas
observer le jeûne. Il faut faire la distinction entre les deux situations et
éviter de les confondre. Dans la première situation, il est permis, voire
obligatoire de ne pas jeûner. C’est quand on croit fortement ou qu’on est sur d’aller rencontrer l’ennemi. Quant à la deuxième
situation dans laquelle il n’est pas permis de ne pas jeûner, c’est le cas des
parades militaires ou entrainements qui ne préparent pas une rencontre
imminente avec l’ennemi ou des manifestations pouvant être organisées après le
coucher du soleil de sorte à permettre au soldat de concilier l’activité et le
jeûne.

Cheikh Muhammad ibn  Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit:«…L’exemple en réside dans le cas de celui qui a besoin de ne pas jeûner
pour rester assez fort afin de pouvoir s’engager dans le combat à mener sur le
chemin d’Allah et contre l’ennemi. Là, on n’observe pas le jeûne. Mais on
rattrape le jeûne plus tard. Ceci s’applique aussi bien quand on est en voyage
que quand on est  envahi par un
ennemi.  Car il s’agit de défendre les
musulmans et de rehausser le mot d’Allah le Puissant et Majestueux. On trouve
dans le Sahih de Mouslim
un hadith dans lequel Abou Said al-Khoudri dit: «Nous nous sommes rendus à La Mecque en
compagnie du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)- il entend
parler de la conquête de La Mecque- etc.» Ce hadith indique que l’acquisition
de la force qui permet de se battre est une cause indépendante ( de la rupture
du jeûne) différente du simple fait d’être en voyage. En effet, le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) a motivé son ordre concernant la non
observance du jeûne par la nécessité de disposer de la force nécessaire pour
pouvoir se battre contre l’ennemi, compte non tenu du voyage. C’est pourquoi
ils (les compagnons) n’avaient reçu ledit ordre à leur premier campement.»
Séances du mois de Ramadan (8e séance).

On lit dans l’encyclopédie juridique
(28/57):« Ils (les jurisconsultes) ont assimilé à l’intensité de la faim et de
la soif la crainte d’être trop faible 
pour soutenir la rencontre éventuelle ou certaine avec l’ennemi parce qu’on
est assiégé. Le combattant qui croit fortement ou est sûr d’aller se battre
étant en face de l’ennemi et craignant 
d’être affaibli par le jeûne, même s’il n’est pas en voyage, est
autorisé à ne pas jeûner avant la guerre.»

Al-Bahouti
dit:« Celui qui combat un ennemi ou dont le pays est assiégé et qui sait que le
jeûne le rendrait trop faible pour pouvoir se battre, est autorisé à ne pas
jeûner, même s’il n’est pas en voyage, en raison du besoin qu’il en éprouve.»

Troisièmement, si vos compagnons qui n’ont
pas jeûné croyaient fortement qu’ils pouvaient le faire et avaient participé à
la marche et aux parades pour cette raison et si, ensuite, ils ont trouvé le
jeûne pénible et ont craint de périr, il leur est permis de ne pas jeûner.
C’est même une obligation. Ils doivent se nourrir de manière à écarter la
crainte de périr. Après quoi, ils doivent s’en abstenir jusqu’au coucher du
soleil. On met fin au jeûne en cas de nécessité puis quand on se sera nourri de
manière à se sauver la vie, on s’en abstient jusqu’à la nuit. Ensuite, on
rattrape le jeûne du jour après la fin du Ramadan, compte tenu de la portée
générale de la parole du Très-haut: «Allah n’impose à aucune âme une charge
supérieure à sa capacité.» (Coran,286) et de la parole du Très-haut:« Allah ne
veut pas vous imposer quelque gêne.» (Coran,5:6).» Madjalltoul
bouoth al-islamiyyah

(24/67).

Cheikh Muhammad ibn Salih
al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a été interrogé en ces termes:« Comment juger celui qui gâte son
jeûne en raison de la soif?» Voici sa réponse:«Le
jugement qu’on lui applique est qu’il est interdit à celui qui observe un jeûne
obligatoire, qu’il s’agisse de celui du Ramadan, d’un jeûne fait à titre de
rattrapage, d’expiation ou de rachat, il est interdit à celui-là de gâter son
jeûne sauf quand il éprouve une soif si intense qu’elle peut lui porter
préjudice ou l’emporter. Il est permis à celui-là de mettre fin au jeûne sans
rien encourir, fût il en Ramadan. La rupture du jeûne
lui est permise quand il en arrive à craindre un préjudice ou la mort.» Madjmou‘ fatawa
cheikh Ibn Outhaymine (19 question n° 149).

On lit dans l’encyclopédie juridique
(28/56):«Celui qui se trouve exténué par un excès de faim ou une intense soif
est autorisé à ne pas jeûner. Mais il doit rattraper le jeûne. Les hanafites y
ajoutent deux restrictions. La première est que l’intéressé craint fortement
sur sa vie ou sur ses facultés mentales ou sur ses sens. C’est le cas des
femmes enceintes qui craignent sur leur vie ou sur celle de leurs enfants. La
crainte évoquée ne doit pas être illusoire. Pour les malékites, le jeûne est
interdit à celui qui craint sur sa vie car la préservation de celle-ci et des
avantages (qui en découlent) est un devoir. La seconde restriction est que
l’observance du jeûne ne doit pas être trop fatigant pour l’intéressé (?).