Les couches de mon amie ont duré neuf mois, période pendant laquelle elle ne priait pas..Que devrait elle faire maintenant? Si nous disons que la durée légale maximum des couches est de 60 jours, elle aura à rattraper les prières de 6 mois. Comment devrait elle le faire?

Louanges à Allah

Premièrement, il a déjà été
expliqué la divergence opposant les ulémas à propos du délai légal maximum des
couches et considéré que l’avis qui le fixe à 40 jours est le mieux argumenté.
Voir la réponse donnée à la question n° 10488.

Deuxièmement, si les
saignements constatés après la durée des couches apparaissent à un moment où
l’on l’habitude de voir ses règles, on les considère comme relevant du cycle
menstruel. Dès lors , l’intéressée cesse de prier et
de jeûner. Son mari n’entretient plus de rapports intimes avec elle jusqu’à la
fin de son cycle, comme on le sait. Si les saignements apparaissent à des
moments où l’on n’a pas l’habitude de voir ses règles, il s’agit alors de
saignements extraordinaires. La femme en butte à de tels saignements observe la
prière et le jeûne. Son mari peut avoir des rapports intimes avec elle. Elle
est tenue de faire ses ablutions pour chaque prière obligatoire après l’entrée
de son heure. Après ses ablutions, elle peut effectuer autant de prières
surérogatoires qu’elle voudra. Pour davantage d’informations, voir la réponse
donnée à la question n° 106464.

Troisièmement, une
divergence de vues oppose les ulémas (Puisse Allah leur accorder Sa
miséricorde) à propos du cas de la femme qui soufre de saignements
extraordinaires et cesse de prier par ignorance. Doit elle rattraper les
prières non effectuées? La question fait l’objet de
deux avis.Le premier avis dit qu’elle doit rattraper
les prières. Le second, choisi par cheikh al-islam
(puisse Allah lui accorder Sa miséricorde), affirme le contraire.

Cheikh al-islam
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: « Si la femme souffrant d’un
saignement extraordinaire passe un temps sans observer la prière parce que
croyant que celle-ci n’est pas obligatoire pour elle, la nécessité pour elle de
rattraper les prières non observées fait l’objet de deux avis. Selon l’un , elle n’a pas à les rattraper, ce qui a été rapporté
de Malik et d’autres car une femme se trouvant dans
cette situation avait dit au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):«
J’ai été confronté à un saignement abondant qui m’a empêché d’observer la prière
et le jeûne.»Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) lui donna un
ordre portant sur ce qu’elle avait à faire dans le futur, mais ne lui a pas
demandé de rattraper les prières du passé.» Extrait de Mdjmou
al-Fatwa
(21/102).

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
dit: «Il est préférable qu’elle rattrape les prières non observées au cours des
premiers jours. Si elle ne le fait pas, elle n’encourt rien. En effet, le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) n’ pas donné à la femme qui se
trouvait dans cette situation et a avoué avoir abandonné la prière l’ordre de
rattraper les prières non effectuées. Bien au contraire, il lui a donné l’ordre
de compter six jours ou sept comme un temps de cycle normal et de reprendre
l’observance des prières pour le reste du mois. Si une telle femme rattrapait
les prières non observées, ce serait une bonne chose, étant donné qu’elle a
commis une négligence en n’interrogeant personne sur son cas. Mais si elle ne
les rattrape pas , elle n’encourt rien.» Extrait de Madjmou‘ Fatwa Ibn Outhaymine
(11/276).

Par précaution, il vaut
mieux que votre amie rattrape  dans la
mesure du possible les prières passées en rattrapant chaque jours autant de
prières qu’elle peut car il semble qu’elle est coupable de négligence pour
n’avoir pas interrogé quelqu’un durant toute cette période pendant laquelle
qu’elle avait cessé de prier, bien que d’habitude elle devait y observer la
prière. En plus, elle priait de temps à autre, ce qui signifie qu’elle savait,
peut-être, qu’elle devait le faire. Voir la réponse donnée à la question n°
31803.

Allah le sait mieux.