Je suis sur le point d’aller à l’université. J’ai épargné de l’argent mais pas assez. Là où j’habite, le Gouvernement offre aux étudiants un prêt qui ne serait pas assorti d’intérêts en cas de remboursement dans les six mois suivant la fin des études. Si on ne rembourse pas dans le délai indiqué, on paye des intérêts. J’ai l’intention de ne prendre que ce dont j’ai besoin et de rembourser le prêt dans les six mois avant d’avoir à payer des intérêts…Est-il permis de contracter ce prêt?
Louanges à Allah
Il n’est pas permis de signer un contrat impliquant cette
condition usurière car cela revient à s’imposer l’usure et à se rendre
vulnérable à sa pratique au cas où des circonstances entraînent le retard du
remboursement.
Les ulémas ont expliqué le sujet dans le cadre de leur
traitement d’une question semblable, à savoir l’endettement qui découle de
l’usage d’une carte de crédit.
On lit dans une
résolution du l’Académie Internationale du Droit Musulman affiliée à
l’Organisation de la Coopération Islamique adoptée au sortir de sa 12e
session tenue à Riad en Arabie Saoudite du 25 Djoumada
II au 1er Radjab 1421 H (23-28 septembre
2000) concernant la carte de crédit: «Il n’est pas permis de délivrer une carte
de garantie non couverte ni de l’employer, si son usage est lié à la condition
de payer des intérêts, même si le demandeur de la carte était résolu à
rembourser dans le délai d’usage gratuit.»
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes:
les banques offrent à leurs clients une carte dite visa. Elle leur permet de retirer des sommes
d’argent de leurs comptes, même s’ils ne sont pas alimentés au moment du
retrait, à condition de rembourser les sommes à la banque au bout d’un délai précis.
Si le remboursement n’est pas effectué dans le délai requis, la banque exige
une somme supérieure à celle retirée par le client. Il faut savoir que le
client paie à la banque une somme annuelle pour l’usage de la carte. J’espère
recevoir l’explication du jugement de l’emploi de cette carte.»
Voici sa réponse: «Cette
opération est interdite car celui qui y participe s’engage à produire de
l’usure au cas où il ne rembourse pas dans le délai fixé. Cet engagement est
nul même si le client croyait ou pensait qu’il allait pouvoir honorer le remboursement
avant le délai. Car les choses peuvent être bouleversées de sorte à empêcher le
client de payer. Ceci est en perspectif et l’homme ne sait pas ce que l’avenir
lui cache. Aussi est-il interdit d’entrer dans une telle opération. Allah le
sait mieux.» Extrait de la revue Da’wa,n°1754,p.37.
Cependant, si vous ne pouvez pas faire vos études sans
souscrire un prêt auprès de l’Etat et si vous êtes résolu à rembourser dans le
délai de sorte à ne pas avoir à payer des intérêts, nous espérons que vous êtes
excusé.
Le site a posé à son éminence cheikh Muhammad ibn Salih al-Outhaymine (Puisse Allah
lui accorder sa miséricorde) cette question:« L’usage
de la carte visa implique l’acceptation d’une condition usurière selon laquelle
si le client rembourse avec retard, on lui impose une pénalité. Mais , dans mon pays de résidence, je ne peux pas louer une
voiture ni un magasin ni jouir d’un bon nombre de services publics sans l’usage
d’une carte visa. A défaut d’elle, je serai insupportablement gêné. Mon
engagement à rembourser le montant de la carte dans un délai déterminé pour
éviter de pratiquer l’usure me permet-il d’utiliser cette carte dans la
situation embarrassante que je vis?»
Voici sa réponse: «Si la gêne
est prévisible et la probabilité du retard du remboursement faible, j’espère
qu’il n’y aura aucun inconvénient à utiliser la carte.»
Question: «la condition entachée de l’usure annule-t-elle le
contrat ou pas?»
Réponse: «La présence d’une fausse condition dans le contrat ne
l’annule pas. Et ce pour plusieurs choses:
1. La contrainte. 2. Parce que la condition ne s’applique
pas, étant donné que le client croit fortement rembourser dans le délai. La
forte croyance de pouvoir honorer la dette ajoutée à la non effectivité de la
condition et à la contrainte, le tout doublée de cette dernière et importante
considération, me font penser que l’opération ne représente aucun inconvénient.
Nous sommes ici en présence d’une réalité vérifiée qu’est la contrainte et d’un
fait probable qu’est le retard du remboursement. Dans un tel cas, il vaut mieux
tenir compte de la réalité. Allah le sait mieux.»
Notre conseil pour vous est d’aller chercher un autre
moyen de financer vos études afin de vous mettre à l’abri de la dangereuse
usure.
Allah le sait mieux.
