Voici un commerçant qui a reçu d’une personne une somme à ajouter à son capital. Il s’est avéré par la suite que celui qui lui a apporté ladite somme est un usurier corrompu… Le commerçant a-t-il commis un péché ?

Louanges
à Allah

Premièrement,
si quelqu’un a acquis des biens de sources illicites telles l’usure, la corruption,
le vol, la tricherie, etc. si ses biens sont mélangés avec d’autres de provenance
licite, on peut engager correctement des transactions avec lui ; qu’il
s’agisse d’achat, de vente ou de partenariat, encore que cela demeure réprouvé.
Si l’on sait avec certitude qu’un fond déterminé utilisé dans le commerce
provient d’une source illicite, il n’est pas permis de s’associer avec son
propriétaire ni de travailler avec lui. Dans al-Mouhgni, 4/180, 
Ibn Qudama dit : « Si l’on effectue un achat auprès de quelqu’un
dont les biens sont composés d’un mélange du licite et de l’illicite, comme
le sultan et l’usurier, l’opération est licite. Si l’on sait les biens du
partenaire illicites, l’opération est illicite. Si l’on doute de la provenance
des fonds, nous réprouvons la conclusion d’une telle opération étant donné
la probabilité de l’illicéité des fonds. L’opération n’est pas non plus nulle
en raison de la probabilité de la licité des fonds. Peu importe que la part
de l’illicite soit important ou pas. Voilà une ambiguïté dont la gravité varie
en fonction de l’importance de la part de l’illicite (dans les fonds du partenaire) ».

Dans
le commentaire marginal de Qualhyoubi et d’Omayra (2/418) on lit : « Le
partenariat serait valide bien que réprouvé s’il est établi entre un protégé
et un usurier ou quelqu’un dont la plupart des biens est illicite ».

Dans
le commentaire marginal de Doussouqui : ‘3/277) on lit : « Sachez
que (la règle applicable) à celui dont la majeure partie des biens est licite
, bien que mélangée d’une partie illicite, est qu’il est permis d’engager
des transactions avec lui et de lui prêter et d’employer ses fonds. C’est
ce que soutient Ibn al-Qassim, contrairement à Asbough qui soutient l’interdiction
de cela.

Quant
à celui dont la majeure partie des biens est illicite, bien mélangée d’une
partie licite, Ibn al-Qassim pense qu’il est réprouvé de faire des transactions
avec lui et de lui prêter, et d’employer ses biens. Cet avis est adopté, contrairement
à celui d’Asbough qui soutient l’interdiction.

Quant
à celui dont tous les biens sont illicites, celui qui est appelé le « lourdement
engagé », il est interdit d’engager des transactions avec lui et de lui
prêter. Et on doit l’empêcher de gérer ses biens et d’autres.

Deuxièmement,
avant d’entrer en partenariat avec une personne qui se trouve dans l’état
ainsi décrit, il faut lui donner des conseils et l’inciter à se repentir et
à se mettre à l’abri des injustices et à veiller à l’acquisition de biens
licites. Car le paradis est bon et seul ce qui est bon y accède. Il faut encore
le mettre en garde contre le fait de continuer de se nourrir de choses illicites.
Car tout corps nourri de sources illicites mérite bien d’être envoyé en enfer. Allah le sait mieux.