Je voudrais savoir le statut de mon travail au département qui s’occupe de l’ouverture des crédits à la Société GP Morgan. Je sais qu’il est interdit de travailler dans les départements crédit des banques. Mais nous travaillons dans le domaine de la confirmation des opérations au profit de sources étrangères. Mon travail se limite à l’intégration de données. Est-ce interdit ? M’est-il permis d’intégrer des données dont l’ultime usager sera une banque usurière ?

Louanges à Allah

Ce que nous savons à propos de GP Morgan est qu’il est
une banque américaine multinationale qui offre des services bancaires. S’il en
est ainsi, il est prohibé de travailler dans les banques usurières, même si
l’activité s’exerçait dans un département sans rapport direct avec l’usure.
Ceci est déjà expliqué dans le cadre de la réponse donnée à la question n°125512.

A supposer que l’objet de la question soit une
société qui mène des activités licites, il ne lui est pas permis, de quelque
manière que ce soit, d’offrir des services à des banques usurières. Qu’il
s’agisse de l’équipement en appareils, de leur entretien, de leur transport, de
l’intermédiation entre la banque et ses clients ou d’autres services d’appui
aux banques usurières. Car c’est une manière d’aider à désobéir (à Allah). Or,
le Très-haut dit : «Entraidez-vous dans la piété et la crainte (d’Allah)
et ne vous entraidez-pas dans le péché et la transgression.» (Coran, 5 :2)

Si votre activité au sein de la société
implique la fourniture d’un service direct au profit des banques usurières, ne
serait-ce qu’en intégrant des données, elle est interdite. Si votre activité
est sans rapport avec l’usure puisqu’elle se limite au licite, il n’y a aucun
inconvénient à l’exercer. Voir la réponse donnée à la question
193420.

Docteur Youssef ach-Chabily
(Puisse Allah le protéger) a été interrogé au sujet d’une société qui produit
des ordinateurs géants et de logiciels très puissants. La plupart des usagers
des produits de cette société sont des centres très sensibles de nos pays
musulmans comme les ministères, les universités, les hôpitaux et les grandes
sociétés locales dont les capitaux dépassent des centaines de millions de
dollars.

Le problème est que les appareils et logiciels
sont utilisés aussi par les banques usurières locales. L’activité qu’on exerce
dans la société ne se limite pas à la vente puisqu’elle s’étend au service
après-vente, notamment l’entretien et le suivi. Il y a beaucoup d’activités qui
nécessitent la fréquentation de ces banques pour s’entretenir avec les
responsables et effectuer des travaux dans la banque et faire des réparations….

Voici sa réponse : «Le statut du travail
exercé dans une telle société ne diffère en rien du travail accompli dans les
autres sociétés qui prêtent leurs services à des partenaires dont certains sont
en état de rébellion (par rapport à la loi religieuse). Travailler pour les
sociétés d’électricité, de télécommunication et consorts suscitent les mêmes
appréhensions soulevées dans votre question. Mon avis est qu’il est permis de
travailler dans ces sociétés sous réserve du respect des critères
suivants :

1. Quand la base de l’activité de la société
est illicite – ce qui est le cas des banques usurières et des compagnies
d’assurance commerciale et consort- il est absolument interdit d’y travailler,
même si l’on devait y exercer une activité sans rapport avec l’aspect illicite.
C’est parce que le seul fait de travailler pour la société revient à l’aider à
se livrer à la désobéissance (envers Allah).

En revanche, quand l’objectif de l’activité de
la société est licite et qu’en même temps, elle se livre à certaines activités
illicites comme le font bon nombre de sociétés commerciales et industrielles,
restaurants et consort, dans ce cas, il est permis en principe d’y travailler,
en dépit du caractère illicite de certaines de ses prestations. Toutefois, il
faut tenir compte des critères suivants :

2. Que les produits de la société ne soient
pas spécialement ou plus souvent utilisés dans une opération illicite.  Il n’y aucun inconvénient à y travailler
quand ses produits peuvent être utilisés aussi bien dans le licite que dans
l’illicite. Si , par exemple, la société produit des logiciels conçus
exclusivement pour calculer les intérêts à verser à la banque, il est interdit
d’y travailler. S’il s’agit d’un logiciel de gestion du personnel qui peut être
utilisé par la banque et par d’autres, il n’y a aucun inconvénient à en assurer
la conception.

3. Que le fonctionnaire n’exerce pas
personnellement l’activité illicite. La prestation de services aux banques
usurières, notamment dans le domaine de la maintenance constitue une activité
interdite. Peu importe le type de service et la nature de la maintenance
requise car tout cela revient à aider à commettre un péché. Aussi est-il
interdit d’accomplir ces services directement. Toutefois, on peut exercer dans
la société une activité sans rapport direct avec l’illicite. Il n’y a aucun
inconvénient – s’il plait à Allah- à travailler durablement dans une telle
société.

Cela étant, si vous ne croyez pas fortement
que l’exercice d’un emploi dans la société en question ne vous entraîne dans
des pratiques interdites parce que le risque est rare ou que vous seriez en
mesure de l’éviter si on vous en étiez chargé, il n’y a aucun inconvénient,
dans ce cas, à rejoindre la société. Allah le sait mieux. » Extrait des
fatwas du site Islam today.

Allah le sait mieux.