Salut
J’ai 15 ans et je vis en Australie. Je suis entrain de mener des recherches dans les religions sur le thème : le statut de la femme en Islam. Je trouve votre site très utile à cet égard et je me demande si vous ne voyez aucun inconvénient à envoyer davantage d’informations, l’histoire d’une femme déterminée, par exemple.

Je ne sais pas grand chose sur les femmes musulmanes par rapport à ce que je sais sur les non musulmanes. Mais la vie des premières est entourée de beaucoup de restrictions. J’espère que vous me donnerez des conseils sur ce sujet.

Louange à Allah

Nous vous remercions pour l’intérêt que vous manifestez (à l’égard de l’Islam)
et la question que vous avez posée. Nous allons vous raconter l’histoire d’une
grande dame musulmane. Peut-être satisfera-t-elle votre désir de savoir, vous
éclairera et vous guidera dans le chemin de la vérité.

D’après Anas (P.A.a), Malick ibn Anas dit à sa femme, Um Soulaym, la mère d’Anas,
: « Cet homme (le Prophète) interdit le vin ». Et puis il regagna
la Syrie où il périt (c’est-à-dire qu’il quitta Médine suite à l’arrivée du
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dans cette ville parce que l’interdiction
du vin ne lui plaisait pas. C’est pourquoi il partit pour la Syrie et y mourut
mécréant. Par la suite Abou Talha s’adressa à Um Soulaym, histoire de lui demander
sa main. La dame répondit en ces termes : « Abou Talha, un homme comme
toi ne peut pas être éconduit, mais tu es encore mécréant et moi je suis musulmane,
ce qui rend notre mariage impossible ».

– «Dis, quel en est le coût ?»

– «De quel coût s’agit-il ?
»

– «De l’or et de l’argent.
» (Il entend lui faire désirer une importante dot en
or et en argent.

– «Je ne veux ni or ni argent, mais je veux que
tu deviennes musulman. Si tu te convertis, je m’en contenterai à titre de dot
et je ne veux rien d’autre. »

– « Comment m’y prendre (c’est-à-die qui va m’aider à le faire) ? »

– « le Messager d’Allah. »

Abou Talha alla sur le champ
retrouver le Messager d’Allah au milieu d’un groupe de ses compagnons. Quand
le Messager le vit venir, il leur dit : « Voilà Abou Talha qui arrive le
visage éclairé par l’Islam (ceci fait partie des miracles du Messager (bénédiction
et salut soient sur lui) car il connut  le désir de l’homme de se convertir
avant qu’il ne l’exprimât).

Abou Talha lui raconta ce qu’Um Soulaym avait dit et il la lui donna en mariage.

Thait al-Banani (l’un des rapporteurs du hadith d’après Anas) a dit : « Nous
ne sachions pas une dot fût plus importante que la sienne puisqu’il se contenta
de l’adhésion à l’Islam (de son homme). Cete épouse était de petite taille aux
yeux charmantes. Elle resta auprès de son mari qui l’aimait très fort et ils
eurent un enfant. Ensuite celui-ci tomba gravement malade. Ce qui toucha Abou
Talha profondément.

Abou Talha se levait à l’aube,
faisait ses ablutions et se rendait auprès du Prophète  (bénédiction et salut
soient sur lui) pour prier avec lui et restait en sa compagnie jusqu’au milieu
de la journée. Et puis il rentrait chez lui pour manger et se reposer. Après
avoir accompli la prière du zuhr, il repartit pour rejoindre le Prophète 
(bénédiction et salut soient sur lui) et ne revenait qu’après la prière du crépuscule.

Une fois Abou Talha alla retrouver
le Prophète  (bénédiction et salut soient sur lui) dans la soirée (une version
précise : à la mosquée) et l’enfant décèda (pendant son absence). Um Soulaym
se dit : personne n’informera Abou Talha du décès de son fils avant moi. Elle
prépara le corps de l’enfant et le couvrit et le plaça dans un coin de la maison
comme s’il s’endormait. Abou Talha revint de chez le Mesager d’Allah  (bénédiction
et salut soient sur lui) en compagnie d’un groupe de ses compagnons et co-utilisateurs
de la mosquée.

–  « Comment va mon fils ? » Dit-il.

–  «Ô Abou Talha, il est aujourd’hui plus calme qu’il
ne l’a jamais été depuis le début de sa souffrance et j’espèe qu’il s’est reposé. »
Dit-elle. (Ceci est une tournure de style qui n’implique pas le mensonge. Elle
entendait par « calme » et « repos » la mort alors que son
mari avait compris que l’état de santé de l’enfant s’était amélioré). Et puis
elle servit le dîner et ils mangèrent. Puis les gens prirent congé de lui. Et
Il alla se coucher. Sa femme se mit dans sa meilleure toilette. C’est-à-dire
qu’elle se para pour être plus belle. Ce qui est un in indice de la force de
sa patience, de son acceptation du decret divin et du destin et son désir d’être
compensée par Allah, sa capacité de maîtriser ses sentiments et son espoir que
ses rapports avec son mari au cours de cette nuit là donneraient naissance à
un enfant qui remplaçerait le disparu).

Elle vint se coucher à côté de lui. Dès qu’il sentit l’odeur du parfum, il fit
avec elle ce qu’un homme fait à sa femme. (C’est une façon polie et réservée
de la part du rapporteur de parler des rapports (intimes) qu’entretient le couple.

Vers la fin de la nuit, elle dit : « Abou Talha, dis-moi ! Si des gens
prêtaient à d’autres un objet et venaient le leur réclamer ensuite, les emprunteurs
pourraient-ils refuser la restitution de l’emprunt ? »

– « Non. »

– « Allah le Puissant, le Majestueux t’avait prêté ton fils et Il l’a repris.
Sois patient et espère en être compensé par Allah. »

Il fut furieux et lui dit : «  Tu me laisses faire ce que j’ai fait (les
rapports intimes) puis tu m’annonces le décès de mon fils ?! » Et puis
il dit : « Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous retournerons »
et loua Allah.

Au matin, il prit un bain, se
rendit auprès du Messager d’Allah  (bénédiction et salut soient sur lui), pria
avec lui et l’informa de ce qui s’était passé. Le Messager d’Allah  (bénédiction
et salut soient sur lui) dit : « Puisse Allah faire de la nuit dernière
une nuit bénie pour vous ». Cette prière prophétique profita à Um Soulaym
et elle conçut un enfant.

 Elle accompagnait
le Messager  (bénédiction et salut soient sur lui) dans ses voyages et ne le
quittait nulle part. Le Messager d’Allah  (bénédiction et salut soient sur lui)
dit : «  Si elle accouche, amenez-moi l’enfant. »

Une fois, elle l’accompgnait
dans un voyage et le Prophète  (bénédiction et salut soient sur lui) avait l’habitude,
à son retour à Médine, de ne pas y entrer en pleine nuit (pour éviter de faire
peur aux habitants et pour permettre aux femmes de se préparer pour accueillir
leurs maris.) Quand ils arrivèrent à proximité de Médine, Um Soulaym commença
le travail d’accouchement. Abou Talha alla s’occuper d’elle tandis que le Messager
d’Allah  (bénédiction et salut soient sur lui) poursuivait son voyage. Abou
Talha dit : « Ô
Maître, tu sais qu’il me plaît de sortir avec ton Prophète et de rentrer avec
lui. Mais voilà que je me trouve retenu par ce que Tu vois.. ». Um Soulaym
lui dit : « Abou Talha, je ne sens plus ce que je sentais (ceci fait partie
de ses prodiges car la douleur du travail d’accouchement avait disparu à cause
de sa prière adressée à Allah pour lui permettre de rejoindre le Messager d’Allah 
(bénédiction et salut soient sur lui) déjà parti. Le couple reprit son voyage
et la femme ne recommença son travail d’accouchement qu’après leur arrivée à
Médine. Elle eut un garçon et dit à son fils Anas : «  Anas, je ne l’allaiterai
que quand tu l’aurais montré au Messager d’Allah  (bénédiction et salut soient
sur lui) et elle lui remit des dattes avec le bébé. (Elle voulait ainsi que
la première nourriture du bébé lui fût offerte par le Prophète  (bénédiction
et salut soient sur lui). Ce qui révèle sa grande foi. En fait, la femme est
naturellement encline à allaiter son bébé dès sa naissance).

Anas dit : «  Le bébé pleura toute la nuit et je m’en occupais jusqu’au
matin. Puis je le portai au Messager d’Allah que je trouvai vêtu d’un manteau
et entrain de marquer des chameaux et des moutons (il s’agissait du marquage
des chameaux issus de la zakat pour éviter leur perte). Quand il regarda
le bébé, il dit :

– « Est-ce que la fille de Malhane a accouché ? »

– « Oui» Lui dit Anas.

– «  Attends que je sois
entièrement à vous. » Et puis il jeta ce qu’il avait en main,  saisit le
bébé et dit : «  Est-ce qu’il est venu avec quelque chose ? »

– « Oui, des dattes »
Lui dirent-ils. Et puis, le Prophète  (bénédiction et salut soient sur lui)
prit quelques dattes, les mit dans sa bouche pour les mouiller avec sa salive
(son salive est béni grâce à Allah). Puis il ouvrit la bouche du bébé, y introduisit
les dattes et les fit passer à la partie supérieure de la bouche  Le bébé se
mit à lécher les dattes et les sucer. Ainsi la première nourriture reçue par
l’estomac de ce bébé fut mélangée avec la salive du Messager d’Allah  (bénédiction
et salut soient sur lui). Celui-ci dit : « Voyez comment les Ansars aiment
les dattes !» Anas dit : je lui
dit : ô Messager d’Allah  (bénédiction et salut soient sur lui) donne-lui un
nom.

Il massa son visage et l’appela 
Abd Allah. Aucun jeune des Ansars n’était meilleur que lui. Il eut beaucoup
de descendants et subit le martyr pendant la conquête de la Perse par les Musulmans.
Ceci fait partie des effets de la prière bénie du Prophète  (bénédiction et
salut soient sur lui).

Cette histoire est rapportée par Boukhari, Mouslim et Ahmad at-Tayalissi (auteur
de la présente version) et d’autres. L’érudit al-Albani a rassemblé les différentes
versions du hadith dans « Ahkam al-Djanaïz, p. 26).

Chère auteur de la question,

Voilà l’histoire de l’une
des grandes femmes des Compagnons. On trouve beaucoup d’autres histoires qui
traduisent l’impact de l’Islams sur les femmes musulmanes et la réaction que
la religion d’Allah déclenche dans les coeurs purs, les bonnes oeuvres qui en
résultent et la bonne conduite que cela donne.

Ceci suffit pour convaincre celui qui cherche la vérité dans la religion vraie
qu’il faut adopter. Poursuivez la lecture et méditez bien. Peut-être ferez-vous
le plus important pas de votre vie. Paix à celui qui suit la bonne voie.