Voici une chrétienne mariée et mère de trois fils. Elle est sur le point d’embrasser la grande religion islamique avec la permission d’Allah Très-haut. Son époux est chrétien aussi. L’intéressée craint qu’en cas de conversion du couple son mari ne prenne une seconde épouse. Lui est-il permis d’inclure dans leur contrat de mariage la condition de rester monogame. Ils ne sont pas encore musulmans mais la question se poserait une fois le couple convertis avec la permission d’Allah Très-haut. Serait-il juste de leur part d’ajouter cette condition dans le contrat de mariage?
Louanges
à
Allah
Premièrement,
il est permis à la
femme au moment de se marier de formuler la condition que son mari n’épouse
pas une seconde femme, selon la doctrine de l’imam
Ahmad (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). L’avis
est reçu
d’une
partie des compagnons et de leurs successeurs immédiats.
Il est choisi par un groupe d’ulémas confirmés.
Nous l’avons
déjà
expliqué
dans
les réponses
sonnées
à
la
question n°
(108806, à
la
question n°(223559 et à
la
question n° 228848.
Deuxièmement,
si les deux époux se convertissent au même
moment ou l’un peu après
l’autre
ou que le mari se convertit avant la fin du délai
de viduité fixé
à
l’épouse
convertie
avant son conjoint, leur premier contrait de mariage reste valide. Dans ce cas
de figure, il ne serait pas juste que la femme impose à
son
mari la condition de ne pas prendre une seconde épouse
car les conditions acceptables en matière
matrimoniale est celles formulées
au moment de l’établissement du contrat ou convenues
antérieurement.
Si
l’épouse
se converti avant son époux et que ce dernier tarde à
la
suivre jusqu’à l’expiration
de son délai de viduité,
le mariage se dissout.Si le mari se convertit plus
tard, il faut établir un nouveau contrat pour
reprendre leur mariage selon l’avis
de la majorité des
ulémas. S’ils
optent pour la conclusion d’un
nouveau contrat, elle peut formuler les conditions de son choix dans le cadre
du nouveau contrat y compris la possibilité
de
lui donner une co-épouse.
Ibn
Qudamah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde ) écrit: « Si
l’un
des époux
se converti et que l’autre tarde à
le
faire jusqu’à la
fin du délai de viduité
de
la femme déjà
convertie
, le mariage est dissout selon l’avis
de la majorité des
ulémas. » Extrait d’al-Moughni,
7/154.
Cette
question es déjà
expliquée
et l’on
a précisé
que l’avis
le mieux argumenté est
qu’une
fois le délai de viduité
expiré,
elle peut choisir soit d’attendre que son mari se convertisse,
au quel cas on maintiendrait le premier mariage, soit de se marie avec un
autre. Voir la réponse donnée
à
la
question n°21690.
Troisièmement,
quant aux conditions ajoutées
tardivement au contrat de mariage, elles ne lient pas les deux parties. A ce
propos, le hanbaliste, al-Mourdawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit: « Les
justes conditions en matière
de mariage sont celles précisées
au moment de la conclusion du contrat. » Il l’a
dit dans al-Mouharrar et ailleurs.
Cheikh
Taquiddine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde ) dit: « Il
en serait de même si le couple en convenait avant l’établissement
du contrat selon ce qui se dégage
apparemment de l’enseignement de la doctrine
(hanbalite). Voilà ,
à
mon
avis, ce qui est indiscutablement juste.
La
condition émise après
l’entrée
en vigueur d’un contrat devenu contraignant ne
compte pas selon la précision
donnée
par l’imam
Ahmad (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde. » Extrait d’al-insaaf,8/154.
Cheikh
Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) écrit
: «En
matière
de matrimoniale , aucune condition postérieure
n’est
acceptable, le mariage n’étant
pas l’objet
d’un
choix des époux (par rapport à
son
maintien ou non) selon la doctrine (hanbalite)
En
matière
de vente, une telle condition est acceptable comme c’est
le cas dans le choix donné
aux
parties impliquées dans une transaction aussi long
temps qu’elles restent sur place et comme quand
la transaction est assortie d’une
condition, d’après
ce qui a été
dit
précédemment.» Extrait
d’ach-charh al-moumtii alla zaad al-mousaqnaa,
12/163.
Quatrièmement,
ce que la femme en question doit faire est de s’empresser à
adhérer
à
l’islam
et de ne pas faire de la crainte que son mari puisse prendre une seconde épouse
un obstacle devant l’en empêcher
car ce n’est qu’une
intimidation diabolique visant à
la détourner
de l’islam.
Elle
doit résister
au diable et rester indifférente à
son
intimidation et à toutes
ses inspirations visant à
lui faire apparaître
sa conversion et celle de son mari comme un acte lourd de conséquences.
Qu’elle
nourrisse une belle opinion à
l’endroit
d’Allah
Très-haut
et sache qu’Il ne la livre pas à
sa
perte , une fois convertie. Bien au contraire, plus le fidèle
est bien disposé envers
Allah, mieux Celui-ci s’occupe de lui, l’aime,
l’honore
et lui facilite ses affaires. A ce propos, Allah Très-haut
dit: « Et
quiconque place sa confiance en Allah, Il [Allah] lui suffit.» (Coran,65:3).
Nous demandons à Allah
de la guider et d’en faire de même
pour son mari.
Allah
le sait mieux.
