Je suis un jeune qui s’est marié au mois de Ramadan. Quand ma femme voit ses règles, elle ma demande de la caresser pour l’exciter alors que j’observe le jeûne…M’est il permis de lui toucher le sexe quand je suis sûr de ne pas être en contact avec le sang des règles?

Louanges
à Allah

Premièrement,
quand l’épouse voit ses règles, il ne lui est pas permis de se faire exciter à
l’aide de la main de son mari car cela met le dernier en contact avec la saleté,
à moins que cela  se fasse sur le
vêtement. Voir la réponse donnée à la question n°
152885. Si le mari est sûr de ne pas être en contact avec la saleté, son
acte ne représente aucun inconvénient.

Deuxièmement,
il n’ y a aucun inconvénient à ce que le jeûneur embrasse sa femme, la caresse,
s’amuse avec elle sans aller jusqu’au rapport intime. En effet, le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) le faisait. Si toutefois on craint de
tomber dans ce qu’Allah a interdit parce qu’on s’excite trop vite, on réprouve
le recours aux caresses…

Si le
mari éjacule, il devra s’abstenir de rompre son jeûne et procéder à son
rattrapage. Quant à l’évacuation de la semence dite madhy
, elle n’invalide pas le jeûne.  Aussi est il permis à l’homme de s’amuser avec sa femme même
quand il observe le jeûne, à condition de ne pas passer à l’acte sexuel et  de ne pas éjaculer. Voir la réponse donnée à
la question n°49614 et la réponse donnée à
la question n° 14315.

Si vous
êtes à l’abri de la saleté et si vous ne craignez pas de vous accouplez  avec votre femme ou d’éjaculer sans
accouplement tout en observant le jeûne, il n’ y a aucun inconvénient à ce que
vous vous amusiez.

Troisièmement,
ce qu’il convient de faire, mieux , ce qu’il faut faire, par un jeune comme
vous qui venez de vous marier, c’est de retarder ces actes jusqu’à la nuit. Car
la capacité du jeune à se maîtriser ou à dominer son plaisir est très faible.
Dès lors, vous risquez de tomber dans l’interdit et de gâter votre acte
cultuel.

Quand la
mère des croyants, Aicha (P.A.a), a raconté que le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) l’embrassait et la caressait
tout en observant le jeûne, elle a ajouté qu’on ne craignait pas que le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) perdît le contrôle de soi et se
laisse faire de manière à commettre l’interdit.

Al-Bokhari
(1826) et Mouslim (1106) ont rapporté  d’après Aicha (P.A.a)
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) embrassait et caressait
tout en observant le jeûne puisqu’il se maîtrisait mieux que les autres.»

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Chaffi et ses compagnons disent que le baiser appliqué par
un jeûneur n’est pas interdit à celui qu’il ne s’excite pas trop. Mais il vaut
mieux s’en passer. On ne peut pas dire que cela est réprouvé mais ils (les
ulémas) se contentent de dire que c’est contraire à ce qu’il (le mari) doit
faire. Il est vrai que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui)le
faisait mais, lui, avait la garantie de ne pas dépasser le baiser, ce qu’un
autre risque bien de faire comme le dit Aicha: «Il se maîtrisait mieux que
vous.»

Quant à
celui que le baiser excite, on le lui interdit selon l’avis jugé juste par nos
condisciples. On dit encore que le baiser fait l’objet d’une réprobation de
précaution. Selon al-Qadi, un groupe des Compagnons ,
de leurs successeurs immédiats ainsi qu’Ahmad, Isaac et Dawoud
l’ont autorisé sans réserve. Malick le réprouve sans
réserve. Ibn Abbas,Abou Hanifa,
ath-Thawri, al-Awzaa et Chaffi le réprouvent pour le jeûne mais pas pour le
vieillard. Cet avis est rapporté de Malick. Ibn Wahb a rapporté encore que Malick
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) l’a autorisé à celui qui observe un
jeûne facultatif non à celui qui observe un jeûne obligatoire.

Aucune
divergence quant à savoir que le baiser n’invalide pas le jeûne s’il n’entraîne
pas l’éjaculation.» Extrait de charh Mouslim par an-Nawawi.

Al-Hafez
ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit: «Ce qui indique que l’autorisation est réservé à celui qui se maîtrise à
l’exclusion de celui qui risque de tomber dans l’interdit.» Extrait de Fateh al-Bari.

L’autorisation
de caresser une femme qui voit ses règles est assortie de la condition d’être
sûr de ne pas tomber dans ce qui est appréhendé donc interdit par Allah.

Al-Bokhari
a rapporté dans son Sahih (296) d’après Aicha
(P.A.a) qu’elle a dit:  «Quand l’une d’entre nous voyait ses règles
et que le Messager (Bénédiction et salut soient sur lui) voulait la caresser,
il lui donnait l’ordre au plus fort de ses règles de porter un pagne puis il la
caressait (sur le pagne). Aicha disait:« Lequel d’entre vous se maîtrise au
même degré que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui)?

L’enseignement
du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) qui se dégage du hadith
susmentionné et d’autres hadith allant dans le même sens est que la caresse
doit s’appliquer sur le pagne porté par la femme pour se couvrir la région
allant du nombril aux genoux ou sur une couche placée sur le sexe, quand les
règles sont dans un  état avancé et que l’écoulement
du sang devient faible.

Un
groupe d’ulémas soutient qu’il est interdit de s’amuser avec une femme qui voit
ses règles en lui touchant l’espace séparant son nombril de ses genoux à moins
de le faire sur un pagne. C’est l’avis le plus connu de Malick,
d’Abou Hanifa et de Chaffi.
Voir Fateh al-Bari d’Ibn Radjab (2/27) et pages suivantes.

Allah le
sait mieux.