L’islam m’intéresse mais je suis profondément perplexe car l’islam affirme que tous les messages prophétiques émanent de la même source. Pourtant, d’après mes lectures dans vos réponses publiées dans votre site, l’islam considère le djihad et le combat comme une partie de ses composantes fondamentales. S’il est exact que tous les messages proviennent de la même source, pourquoi Jésus dit-il aux apôtres qu’il avait mis le sabre de côté avant d’ajouter que celui qui l’utilise va faire périr… Comment les messages peuvent-ils avoir une unité de source alors que nous constatons cette différence d’attitude envers le combat?

Louanges à Allah

Premièrement, étant donné que
vous étudiez l’islam, il ne convient pas de perdre de vue que les messages
apportés par les prophètes restent identiques quant à la foi et ses objectifs
fondamentaux.

Quant aux dispositifs
secondaires de la loi, tout prophète possède sa propre  législation ]code détaillé dans des
dispositions par lui apportées depuis son Maître[
Chaque message est assortit de dispositions juridiques qui ont évolué selon le
passage des prophètes et messages.

C’est à ce propos qu’Allah le
Puissant et Majestueux:« A chacun de vous Nous avons assigné une législation et
un plan à suivre.» (Coran,5:48). D’après Abou Hourayra (P.A.a) le Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «Je mérite mieux que tous
les autres de Jésus, fils de Marie, ici-bas comme dans l’au-delà; les prophètes
sont  (comme) des frères consanguins
issus de mères différentes mais partageant la même foi.» (Rapporté par al-Bokhari dans son Sahih, n°
3443).

Al-Hafiedh
ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit:« Ce hadith signifie que leurs religions proviennent de la même source,
même si leurs législations affichent des différences.» Extrait de Fateh al-Bari
(6/489).

Cela étant, il ne peut pas vous
échapper que bien des détails relatifs aux pratiques cultuelles et aux questions
pratiques de l’islam ne se retrouvent pas dans les autres religions. Bien au
contraire, Allah le Puissant et Majestueux les a abrogées et établi pour chaque
Umma sa législation à elle, en dépit toutefois de
l’espace que se partagent les différentes législation. Ce qui n’exclut pas pour
autant l’existence de grands écarts.

Les dispositions pratiques ont
évolué à travers les étapes de la mise en place de la loi islamique elle-même.
Le combat contre l’ennemi n’était pas institué au cours de l’étape mecquoise de
la prédication du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui). Il fut
institué après l’immigration  du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) à Médine d’après cette parole d’Allah le
Puissant et Majestueux:« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de
se défendre) – parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable
de les secourir -ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, – contre toute
justice, simplement parce qu’ils disaient: « Allah est notre
Seigneur ». – Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres,
les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les
mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux
qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant.» (Coran,22:39-40).

Il est normal,  a priori, que les législations apportées par
différents prophètes et messagers connaissent des différences. Rien d’étonnant
ni de condamnable en tout cela. La différence entre
les législations n’implique pas l’existence d’une opposition entre les
prophètes et messagers car ils puisent tous dans la même niche, celle que
constitue la révélation venue d’Allah le Transcendant et Très-haut. Leur foi
est la même qui reste inaltérable. Quant aux codes qui régissent leur vie,
leurs pratiques cultuelles et leurs transactions, ils évoluent en grande
partie.

Le combat à livrer contre
l’ennemi relève des détails des législations et non du champs dogmatique ni de
la conception islamique du mystère de la vie 
dans l’au-delà , de l’examen des comptes et de
l’enfer et du paradis. Le combat est une activité menée par les pays pour des
fins qui peuvent être nobles quand il s’agit de défendre la patrie et
l’honneur. La fin la 
plus noble reste la protection de la religion, l’élévation du mot
du Seigneur des mondes. Les fins peuvent aussi être basses quand on se bat pour
confisquer des biens  et se donner un
pouvoir ou un prestige.

A supposer qu’il existe une
différence de vision entre la loi islamique et celle de Jésus (Ps) et celle de
Moise à propos de la guerre, en quoi cela représenterait-il un mal? En quoi
serait-il étonnant? En quoi devrait-il susciter un questionnement?

Nous, nous acceptons que la loi
de Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) a évolué dans sa vision de la
guerre; elle l’a autorisé dans des circonstances et l’a interdite dans
d’autres. Aucun des ulémas et gens raisonnables 
n’a trouvé dans cette évolution une quelconque contradiction ou
incohérence venues de la source de la Révélation faite au Prophète Muhammad
(Bénédiction et salut soient sur lui). Pourquoi vous parait-il que les
différences dans les législations concernant la guerre révèlent leurs
contradictions et la désunion affectant leurs messages?

Deuxièmement, en dépit de ce
qui précède , nous disons encore: «La Thora affirme
clairement que Moise émit l’ordre de se battre et il fut exécuté en application
de promesses formulées dans la Thora. Celle-ci évoque abondamment le combat
livré aux médiantes pour venger les fils d’Israël. La bataille fut dessinée par
la voie de la révélation  et se solda par
la capture des femmes et enfants de Médiane par les fils d’Israël qui, en plus , pillèrent leur bétail , leurs bêtes domestiques, et
tout le reste de leurs propriétés; brulèrent leurs
habitations, leurs fortifications, emportèrent tout ce qu’ils prirent en fait
de captifs et de bêtes et rentèrent auprès de Moise et Eliezer ,le devin.»
(Livre des nombres, chapitre 31/92:1, chapitre 25/17/13).

Les Juifs prétendent que Dieu
les accompagne dans leurs batailles et leur réalise Sa promesse (Le Deutéronome,6/10,12); Genèses 3/12:9; le Deutéronome 20/401).

C’est pourquoi les rabbins  consultaient Dieu avant le début de chaque
bataille (Livre des Juges,  chapitre
20/26-28) et Samuel (23/2). Toutes les guerres imputées à Moise visaient en
premier lieu l’élimination de l’adversaire (Deutéronome, chapitres 5/2,
29/14:12; chapitre 4/33:32;chapitre 10/21)

Les Juifs ont connu les
guerres religieuse depuis des temps reculés et ils s’employèrent à tuer
les païens individuellement et collectivement. Une illustration en fut donnée
par la guerre contre les Titans du temps de Moise (Exode 17/14:16). Ce qui se
répéta encore au temps de Saül et David. Samuel 1 14/48,30/17; et au temps de
Samuel 2 8/12 pour atteindre leur apogée au temps d’Ezéchiel (Les Nouvelles des
premiers jours 4/34

Tout ce qui précède est cité par Docteur Baker Zaki dans son livre intitulé: la guerre, légitimité et
règles en Islam et dans le Judaïsme et le Christianisme(p.269-270)

Puis sous l’intitulé: la guerre est -elle autorisée dans le christianisme ou pas? Le docteur
Zaki dit: pour répondre à la question, nous disons
que se défendre par tous les moyens disponibles est une attitude naturelle sauf
aux yeux  des basses gens. Il en est de
même de la défense de la religion, de l’honneur, de la famille, des biens quand
on en a les moyens. Il arrive qu’il soit nécessaire de se mobiliser pour se
défendre  collectivement contre un mal soutenu
par un groupe ou par un individu assimilable à un groupe, pourvu de posséder
les moyens de la tache. Figure parmi les moyens en question:

-le moral
des défenseurs qui constitue l’un des facteurs les plus déterminants dans un
combat;

-la force matérielle considérée comme un moyen
efficace dans un combat;

-le champs
de bataille sur lequel l’armée évolue;

-la tactique qui constitue une force aussi
efficace que les facteurs précités. Si nous cherchons ces facteurs dans les
Evangiles, voici ce que nous trouvons: ]Il donna une explication exhaustive de
l’inexistence d’un quelconque des éléments favorable à la conduite d’un combat
du temps de Jésus (ps)[
Puis il poursuivit:« Bien que les facteurs suscités ne favorisassent pas la
prescription du combat, car cela aurait consisté à imposer ce qui dépasse la
capacité des concernés alors que les législations (religieuses) visent la
facilitation ( de la vie) et l’élimination de tout ce qui gêne, les  autorités 
religieuses du Christianisme ont développé deux opinions au sujet de la
légitimité du combat. Les voici:

Selon la première opinion, le recours aux armes
n’est pas autorisé compte tenu des textes suivants:« Vous avez appris qu’il a été
dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi,
je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur
la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en
justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un
te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À
qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le
dos ! Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et
tu haïras ton ennemi.» Matthieu 5/38:43)

Pour l’explication de ce texte, on peut se
référer à l’ouvrage intitulé : le Christianisme et la société à la lumière  des enseignements du Nouveau Testament ,p. 23-26 et l’ouvrage intitulé al-Kanz al-Djalil fii Tafsir al-Indjil (l’Immense Trésor (contenant ) l’exégèse des
Evangiles «Heureux
les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et
soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car
ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux
qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on
vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à
cause de moi.

 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre
récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les
prophètes qui vous ont précédés. (Matthieu 5/5:12; 1/74-76))

La condamnation par le Christ de l’un de ses
disciples qui dégaina un sabre quand il fut arrêté pour être crucifié et
l’ordre qu’il donna  de le remettre à sa
place:«L’un
de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le
serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille. Alors Jésus lui dit :
« Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée.
Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait
aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors, comment
s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
( Matthieu
26/51:54).

Selon la deuxième opinion, le combat est
légitime; sa légitimité dans le Christianisme s’appuie sur les textes
suivants:«Ne
pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas
venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son
père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour
ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus
que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus
que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me
suit pas n’est pas digne de moi. » Matthieu 10/34:38).Luc
dit:« Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur
eux, et tuez-les en ma présence.» Luc 19/27). Luc dit encore:« Je suis venu jeter un feu sur la
terre, et qu’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé? Il est un baptême dont je
dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli! Pensez-vous que
je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division»
(Luc 12/49:51).

Par feu on entend désigner la guerre et la
résistance armée dans les écritures saintes (Psaumes 26/12; Essaia43/2; Pierre
1 4/12.

On trouve de nombreuses allusions à des guerres
destructives (Matthieu 24/19) Parmi les guerres généralisées celle citée dans
Matthieu 24/6; Mark 13/1 chapitre 19/4 Ephesus 
5/6

Le Christ ne s’étant pas battu lui-même, nous
n’avons pas pu connaître  ni le code de
la guerre ni ses conséquences (chez les chrétiens). Les partisans de la seconde opinions interprètent les textes évoqués par
les partisans de la première opinion en disant que le sabre évoqué dans leurs
textes symbolise la vérité opposée au faux. ]Al-Kanz
al-Djalil fii Tafsir al-Indjil2/265[  Citation tirée de le Christianisme et la
société à la lumière  des enseignements
du Nouveau Testament
,p. 283-292.

En somme, «tous les messages (divins) sont les
mêmes» est une expression exacte quand on l’applique aux dogmes et objectifs
généraux des législations générales. Quant aux dispositions juridiques
détaillées, elles ne sont pas les mêmes puisqu’elles sont plurielles.
C’est  à supposer que la guerre ne fusse pas légitime dans la loi du Christ (ps). Pourtant le Nouveau Testament disponible à nos jours
comporte des textes clairs évoquant le combat et le sabre.

Allah le sait mieux.